Sept ans après le lancement de son premier iPhone, et alors que la technologie est bel et bien implantée dans le monde d’Android, Apple vient d’ajouter une corde à son arc en intégrant le NFC à son iPhone 6. Mieux vaut tard que jamais… Mais si Apple a tant tardé, ce n’est pas sans raison. Une stratégie payante ?

Google Wallet

Un peu d’histoire

Le NFC n’est pas une technologie nouvelle. On la trouvait même dès 2006 dans le Nokia 6131, qui n’avait certes pas grand chose d’un smartphone. Cette technologie sans contact, le Near Field Communication (communication en champ proche) permet de transférer des données à courte distance entre deux appareils, en s’appuyant sur des ondes courtes : les deux appareils peuvent être éloignés d’un de l’autre d’une dizaine de centimètres au maximum. Comme le RFID, dont il est une technologie cousine, le NFC est une technologie simple dans la mesure où elle ne nécessite pas d’appairage. Elle fonctionne donc sans mot de passe, et autorise divers usages : elle peut servir à faciliter l’appairage Bluetooth de deux appareils, renvoyer vers une page web, autoriser un paiement, valider un passage dans les transports en commun, permettre de transférer une carte de visite virtuelle, déclencher des profils utilisateurs sur le téléphone… Les usages sont aussi variés que les idées humaines.

NFC

Dans le monde d’Android, le NFC n’a rien de nouveau. Avant Windows Phone qui commence à l’adopter, et depuis le Nexus S sous Android 2.3 (l’antique Gingerbread), cette technologie s’est démocratisée chez les smartphones haut de gamme avant de commencer à s’inviter dans des appareils un peu moins onéreux. Tout cela nous ramène en 2010 ! Les smartphones low-cost d’aujourd’hui en sont encore dépourvus, mais dès que l’on dépasse les 200 euros, les téléphones sont généralement pourvus de cette petite puce magique. Des marques telles que Sony ne s’y trompent pas, et misent sur un écosystème d’objets connectés dont l’appairage Bluetooth est facilité par le NFC justement (des casques, des objectifs, des enceintes sont concernés).

Apple, le réfractaire au NFC repenti

Tous les ans depuis l’iPhone 4, le NFC fait son retour sur le devant de la scène. Et pourtant, il reste un mirage aujourd’hui dissipé avec l’iPhone 6. Il aura donc fallu une huitième version d’iOS pour que la Pomme adopte une technologie que ses concurrents Android peinent encore à mettre en place. La faute à des usages nombreux, certes, mais encore mal mis en avant. Le grand public ignore souvent les possibilités offertes par le NFC, et les cas pratiques où la technologie devient nécessaire manquent encore à l’appel. Au lieu d’intégrer le NFC avant d’en trouver les usages, Apple a cherché des applications concrètes où le NFC trouvera tout son sens. Du moins pour ceux sont le portefeuille est suffisamment garni !

Mieux que l’appairage Bluetooth : Apple Pay

Si Apple mise sur le NFC, c’est certainement pour le partage des données, mais pas seulement, d’autant plus qu’Apple n’en a pas fait mention pendant sa conférence. Il combine deux aspects indissociables : le paiement et la sécurité dans un système baptisé Apple Pay. TouchID, depuis l’iPhone 5S, a fait son chemin et permet de sécuriser des actions en utilisant la reconnaissance d’empreintes digitales. Du côté d’Android, Samsung s’est lancé dans une stratégie similaire dans le paiement en ligne, puisque la validation de règlements PayPal passe également par son lecteur d’empreintes.

Apple Pay

Combiné à TouchID, le NFC sera chez Apple le vecteur principal du paiement mobile, avec une puce intelligemment placée au sommet du téléphone. La Pomme a conclu des partenariats avec les géants du secteur – MasterCard, Visa et American Express – pour transformer l’iPhone en porte-monnaie. Le téléphone deviendrait ainsi un moyen de paiement sans contact dans des enseignes physiques, dont les enseignes Whole Foods, Mac Donald’s, Disney, Nike, Macy’s, Subway ou les Apple Stores… Mais aussi en ligne, avec des applications telles qu’Uber, Sephora, Groupon ou Target. Les cartes de fidélité, elles, pourront être stockées dans l’application PassBook. Les cartes sont soit importées depuis les données bancaires ajoutées à iTunes, soit en prenant en photo les cartes bancaires sur le téléphone. Aucune donnée bancaire n’est censée être accessibles en ligne, et les données peuvent être effacées via le système Find my Phone. En forme de pique adressée à Mountain View, Apple précise qu’aucune donnée n’est conservée concernant les montants dépensés ou les enseignes auprès de laquelle les achats ont été effectués. Tout cela n’est pas sans rappeler un certain Google Wallet, seulement présent en Amérique du Nord, et reposant sur le même principe. La différence tient plus à la communication qu’aux moyens déployés pour faire fonctionner tout cela. Une question reste en suspens : alors que Google peine à imposer son modèle hors des USA, Apple parviendra-t-il à percer de l’autre côté de l’Atlantique ? Il compte toutefois commencer son opération paiement sur le territoire américain, mais vise une extension internationale.