Les journalistes américains ont eu la chance de tester pendant plusieurs jours les nouveaux produits de LG, conçus en coopérations avec Google et tout juste officiellement dévoilés. Il en ressort des tests plutôt mitigés, même si l’amélioration est notable comparé aux produits d’anciennes générations.

L’écran est une réussite

Les testeurs semblent unanimes sur ce qui est la plus grande qualité des LG Watch Sport et LG Watch Style, l’écran. Les deux montres intègrent un écran P-OLED que l’on connaissait déjà sur les autres montres de LG, mais avec ici une meilleure résolution.

L’ajout de pixels et la présence d’un capteur de luminosité, semble-t-il très fiable, permettent une lecture très confortable à la fois en extérieur et en intérieur.  La LG Watch Style est équipée d’un écran circulaire de 1,2 pouce de diamètre, alors que l’écran de la LG Watch Sport est un peu plus grand avec 1,38 pouce.

Cet affichage supplémentaire est bienvenu pour améliorer le confort de lecture, mais les testeurs ont tous pointé du doigt que l’écran devenait trop gros pour leur utilisation. La taille un peu plus compacte choisie pour la LG Watch Style semble faire l’unanimité.

 

Android Wear 2.0 : le clavier est une bonne surprise

Les deux montres sont les premières à intégrer officiellement Android Wear 2.0 et en sont le porte-étendard, de la même manière que les Google Pixel et Pixel XL représentent Android 7.0 Nougat. Les journalistes se sont donc intéressés aux nouveautés du système et à leur intégration sur les montres de LG.

The Verge a été bluffé par le clavier

La nouveauté la plus populaire est étonnamment l’ajout du clavier virtuel complet. Une fois la phase d’adaptation passée et un moment d’apprentissage pour le moteur de suggestion, le clavier devient une manière très efficace d’envoyer des messages rapides. On glisse de lettre en lettre pour écrire rapidement un mot et on peut s’aider des suggestions pour compléter le message.

Pour le reste, les journalistes notent l’arrivée bienvenue de Google Assistant et du paiement sans contact avec Android Pay, mais aucun des deux services n’est pour le moment disponible en France.

D’une manière générale, Android Wear 2.0 semble être une étape très importante vers la maturité du système et apporte des nouveautés très attendues qui auraient déjà dû être présentes depuis longtemps. Les montres équipées du nouveau système peuvent réellement devenir autonomes, notamment grâce à l’arrivée du Play Store et des applications natives.

 

Des performances décevantes et une mauvaise autonomie

Malheureusement, le logiciel (Android Wear 2.0) semble en avance sur le matériel, même pour la mieux équipée des deux montres, la LG Watch Sport.

ArsTechnica est le site le plus dur avec le produit, mais tous sont d’accord, le processeur Qualcomm utilisé est d’ores et déjà à bout de souffle et consomme beaucoup trop d’énergie. Résultat, il sera parfois plus long de lancer une application sur la montre que de sortir son smartphone et lancer la même application. Google Assistant en particulier est très très lent et n’a pas convaincu grand monde.

L’autonomie en pâtit également et les testeurs n’ont été totalement satisfaits d’aucune des deux montres. La LG Watch Style permet de tenir la journée complète, il faudra donc la recharger la nuit, alors que la LG Watch Sport ne tenait pas jusqu’au diner, d’après Android Central.

L’utilisation du procédé de gravure en 28 nm, qui était déjà utilisé sur smartphone du temps du Samsung Galaxy S3, ne convient pas à des puces qui doivent consommer le moins possible.

 

LG Watch Style : discret et insuffisant

Le design est un point essentiel pour un produit que l’on portera toute la journée au poignet. Avec ses montres, LG proposent deux philosophies différentes. D’un côté, la LG Watch Style est plus compacte, propose des bracelets interchangeables, mais cela se fait au prix de certaines fonctionnalités.

Malgré l’effort bienvenu sur sa taille, le design de la LG Watch Style ne semble pas convaincre nos confrères outre-Atlantique. Le bracelet fourni– heureusement interchangeable —  est de mauvaise qualité et le design simpliste de la montre est qualifié de « cheap », « sans saveur », comme un produit bas de gamme qui aimerait ressembler à du haut de gamme. La facture est pourtant assez salée puisque ce produit est annoncé à 250 dollars aux États-Unis.

 

LG Watch Sport : encombrante, mais complète

De l’autre, on a la LG Watch Sport, beaucoup plus volumineuse, avec un bracelet semi-rigide contenant les antennes 4G et intégrant toutes les technologies permettant d’avoir une montre complètement indépendante. En plus d’un modem 4G et d’un port nano SIM, on retrouve également le NFC, le GPS, un capteur cardiaque et deux boutons physiques supplémentaires et personnalisables.

Les antennes empêchent de changer le bracelet

La LG Watch Sport a un design beaucoup plus travaillé, mais aussi beaucoup plus encombrant. Le bracelet que l’on ne peut pas changer est un mauvais point récurrent. Son apparence est toutefois considérée comme un point fort (pour qui aura le poignet assez large) grâce à l’utilisation de métal pour le boitier.

Il faudra donc choisir entre un produit au design « fade » et vendu trop cher pour ses fonctionnalités et son apparence, ou un produit complet, mais beaucoup plus encombrant, peut-être même trop, et moins autonome.

 

Dur de convaincre face à la concurrence

Vous l’aurez compris, si les nouveaux produits de LG et la nouvelle version d’Android Wear apportent de nouveautés attendues, il s’agit surtout de rattraper la concurrence. Or, Google est loin d’avoir une position aussi favorable sur le marché des montres que sur celui du smartphone.

Face à la Samsung Gear S3, la force d’Android Wear résidera dans l’arrivée du Google Play Store qui permet d’ores et déjà d’avoir une bibliothèque d’applications plus étendue. Aujourd’hui, le marché de la montre est dominé par Apple et la marque à la pomme n’aura qu’à rendre son produit compatible avec Android pour démultiplier la demande.

Google doit donc agir vite s’il souhaite sécuriser ce nouveau marché. Malheureusement, rien de ce qui est proposé dans les produits ne semble à même de dynamiser les ventes. La killer-app n’est toujours pas là.