Introduction

En ce début d’année 2015, Sony nous a livré trois nouveaux appareils : le Xperia M4 Aqua, de milieu de gamme, la Xperia Z4 Tablet, ainsi qu’un « petit » Xperia E4g, mobile d’entrée de gamme destiné au marché européen. Reçu dans notre rédaction, il a eu droit à une batterie de tests afin de voir ce qu’il a dans le ventre. Il semble pourtant être bien peu armé pour s’imposer sur ce segment de marché pris d’assaut par les constructeurs.

Sony Xperia E4g 12

Fiche technique

Le Sony Xperia E4g est un mobile d’entrée de gamme à la fiche technique assez maigre. On y trouve un écran de 4,7 pouces à la définition faiblarde de 540 × 960 pixels (234 ppp), un processeur MediaTek MT6732 à quatre cœurs cadencés à 1,5 GHz, 1 Go de mémoire RAM, 8 Go de capacité de stockage interne, un appareil photo dorsal de 5 mégapixels, un capteur de 2 millions de points à l’avant, et une batterie de 2300 mAh. Des caractéristiques brutes qui lui permettent difficilement de rivaliser avec des concurrents actuels qui affichent régulièrement des définitions d’écrans plus impressionnantes ou des SoC de plus grande fiabilité supposée pour un tarif à peu près équivalent.

ModèleSony Xperia E4g
VersionAndroid 4.4.4 KitKat
Taille d'écran4,7 pouces
Technologie d'écranIPS LCD
Définition540 x 960 pixels
Résolution~ 234 ppp
Traitement anti-rayures
SoCMediaTek MT6732
Nombre de coeurs4 x Cortex-A53 à 1,5 GHz
Puce graphique (GPU)Mali-T760MP2
Mémoire vive (RAM)1 Go
Mémoire interne (ROM)8 Go
Micro-SDOui, jusqu'à 32 Go
Appareil photo (dorsal)5 mégapixels
Appareil photo (frontal)2 mégapixels
Wi-Fi802.11 a/b/g/n
RéseauxLTE 800 / 1800 / 2600 MHz
Bluetoothv4.1, A2DP
SIM1 x micro SIM
NFCOui
CapteursAccéléromètre, proximité
Ports
(entrées/sorties)
microUSB v2.0
GéolocalisationA-GPS, GLONASS
Résistance à l'eau
Résistance à la poussière
Non
Non
Batterie2300 mAh
Dimensions133 x 71 x 10,8 mm
Poids135 grammes
CouleursNoir, blanc
Prix150 euros

 

Design

Changement radical. On avait abandonné l’entrée de gamme de chez Sony avec un Xperia E1 robuste, compact et aux allures de monobloc, puis avec un E3 très rectangulaire mais aux bordures d’écran larges, et la gamme revient avec un Xperia E4 qui a subi une cure de jouvence. D’abord, côté taille d’écran et dimensions, les deux ne jouent plus dans la même cour. Le Xperia E4 possède des dimensions de 133 × 71 × 10,8 mm quand son aîné était moins imposant mais plus épais (118 × 62,4 × 12 mm). Côté balance, le Xperia E4 affiche 15 grammes de plus que son prédécesseur avec ses 135 grammes, mais c’est franchement indétectable à la prise en main.

Sony Xperia E4g 9

L’allure générale du mobile change aussi radicalement, avec dorénavant une coque en caoutchouc qui s’enlève facilement. Débordant sur les tranches du mobile, elle laisse une sensation vraiment étrange puisqu’on a plus l’impression qu’il s’agit d’une coque de protection qu’autre chose. Et sans exagérer, notre premier réflexe a été d’essayer de la retirer, avant de nous apercevoir qu’il n’y a que la batterie en dessous.

Sony Xperia E4g 8

Avec ça, l’Xperia E4g a une drôle d’allure, mais il a au moins le mérite d’être original. La conception globale est satisfaisante, et le mobile nous semble robuste. On trouve le bouton d’allumage sur la tranche droite, et les touches de volume juste en dessous. Pour le reste, Sony se contente juste de placer un port microUSB sur la tranche gauche du mobile, tandis que le port Jack 3,5 mm se trouve sur la tranche supérieure.

Sony Xperia E4g 6

À l’arrière, c’est un alignement central avec, de bas en haut, une fente de haut-parleur, dont on voit d’ailleurs qu’il ne couvre pas l’intégralité de la zone de sortie, un logo Sony, le tag NFC, et l’appareil photo dorsal. On retrouve un flash LED simple à sa gauche, ainsi qu’un microphone.

Sony Xperia E4g 11

Dans l’ensemble, on n’est ni emballé ni déçu par l’aspect de ce mobile. Il se prend facilement en main, avec des boutons qui tombent bien au niveau des doigts. L’essentiel est au moins là.

 

Ecran

Les mobiles d’entrée de gamme récents bénéficient tous, ou presque, d’un écran 720p. Ici, Sony a opté pour un écran à l’affichage peu ambitieux de 540 × 960 pixels, donnant une densité de 234 pixels par pouce. Si ce n’est pas franchement gênant à l’utilisation, c’est au moins décevant. À titre de comparaison, un Honor Holly vendu sous les 100 euros affiche presque 300 pixels par pouce. L’Xperia E4g se trouve un ami avec le Motorola Moto E (2015) qui est aussi faiblard dans le domaine avec 245 ppp.

Sony Xperia E4g 5

Cet écran est réactif. Il bénéficie d’une bonne luminosité avec 416 cd/m2 selon nos mesures, ainsi que d’un contraste d’environ 750:1. Ce n’est pas énorme, mais suffisant pour un appareil de ce calibre dira-t-on. La température des couleurs est bonne, mais on observe que l’écran tire un peu sur le gris. Une chose dont on s’était aussi rendu compte en utilisation.

 

Logiciel

Quand Lollipop commence à se démocratiser chez les nouveaux smartphones, l’appareil que nous avons reçu tourne sous Android 4.4.4 KitKat. On est évidemment un peu déçu de devoir encore observer cette version du logiciel, qu’on connait maintenant par cœur.

logiciel-xperia-E4g

L’interface Sony n’a, pour le moment, pas changé et l’on retrouve les petites fonctionnalités propres au constructeur japonais. Le téléphone est fluide, et pratique à utiliser pour peu que l’on soit attaché à l’interface de Sony, appréciée à différents stades selon les utilisateurs.

logiciel-2-xperia-E4G

Autrement, l’interface est fluide et réactive. On est beaucoup moins gêné avec ce smartphone qu’on a pu l’être avec un Honor Holly ou un Archos 50 Oxygen +. On sent que le travail d’optimisation est plus important et soigné, et on a hâte d’y voir Lollipop. C’est une déception de l’avoir testé sans.

 

Performances

On ne va pas avoir grand-chose à dire sur la partie performance de ce test tant le mobile est récalcitrant aux benchmarks. Si l’on arrive à faire tourner AnTuTu et PC Mark, les applications GFX Bench et 3D Mark plantent à chaque fois, nous laissant simplement obtenir une donnée Onscreen sur Manhattan. Difficile de se faire un premier avis sur ce processeur MediaTek MT6732, entrée de gamme 64 bits du concepteur, qu’on retrouve notamment sur l’Acer Liquid Jade Z.

Modèle / BenchmarksSony Xperia E4g
AnTuTu32 641 points
PC Mark3 034 points
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)13 / - FPS
3D Mark-

En utilisation, le smartphone se comporte de belle manière grâce – en partie – à un écran peu gourmand. Du coup, les jeux comme Smash Hit sont fluides et on n’observe pas de baisse de fréquence du processeur. En utilisation quotidienne, on évitera tout de même de faire tourner quinze applications en fond sous risque de saturer la mémoire RAM et d’avoir une interface lente.

 

Communication

Appels

Aucun problème de réception de la 4G sur ce mobile, et encore heureux puisque c’est son atout principal dans cette gamme. La qualité des appels est bonne, et un réducteur de bruit vient éclairer vos appels. Vos interlocuteurs n’auront aucun mal à vous comprendre.

GPS

Étonnamment, la puce MediaTek de ce smartphone s’est très bien débrouillée sur notre test GPS. Il n’a suffit que d’une vingtaine de secondes pour que le mobile trouve une dizaine de satellites et en fixe sept. C’est une agréable surprise.

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Photographie

Avec un appareil photo dorsal de seulement 5 mégapixels, on ne s’attend pas forcément à s’emballer sur ce smartphone. Et c’est à juste titre puisque dans les mêmes conditions que pour nos précédents tests, le mobile capture des clichés bien moins nets. Là où on s’amuse à zoomer et lire les panneaux sur d’autres mobiles de la même gamme, ce sera ici chose difficile. Ce qui est le plus frappant, c’est que les clichés sont franchement ternes et manquent cruellement de vie. Les couleurs sont fades, comme si l’appareil photo était équipé nativement d’un filtre « vie déprimante ».

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Il sauve les meubles avec des photographies qui sont nettes, et un mode macro qui fonctionne bien. Deux des clichés paysages ci-dessus ont été pris en mode HDR, mais on est bien incapable de repérer lesquels tant le traitement est infime. C’est dommage. On n’a par contre pas de problèmes de trop forte ou trop faible luminosité, mais on remarque que le déclenchement de la prise de vue est assez long. Ce n’est pas un appareil catastrophique, mais c’est certainement insuffisant.

 

Autonomie

Côté autonomie, et avec nos nouveaux outils de mesure permettant de mettre tous les smartphones sur le même niveau de luminosité, le Sony Xperia E4g s’en sort plutôt bien. Sur le test d’endurance classique d’une heure de vidéo sur Youtube, notre mobile n’a perdu que 12% de charge. C’est plutôt correct.

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13% de perte en 1h12, dont 1h de vidéo

En utilisation quotidienne, le mobile se situe dans la moyenne. On tiendra la journée d’utilisation aisément grâce à un écran qui ne consomme pas grand-chose.

 

design
6
Difficile de s'emballer sur ce smartphone qui était bien plus élégant sur les visuels presse qu'une fois entre nos mains. Il est toutefois bien construit, semble robuste, et se prend facilement en main. Sa coque gonflée lui confère tout de même un drôle de look.
écran
5
Sony sait faire de beaux écrans. Sony a une jolie réputation. Mais Sony utilise toujours du qHD pour son entrée de gamme, quand la plupart des constructeurs sont passés à la HD. Ce n'est pas handicapant, mais c'est juste dommage. D'autant que sans cela, cet écran est assez correct.
logiciel
6
On a beau vérifier sur le site de Sony, il est toujours indiqué que ce mobile a pour dernière version du logiciel Android 4.4.4 KitKat. On se faisait pourtant une joie de toucher Lollipop sur un entrée de gamme de Sony, mais ce sera pour une autre fois. Sinon l'interface est fluide, mais on en est lassé.
performances
7
Il ne fait pas le malin sur la fiche technique, encore que ce SoC n'est pas misérable, mais il s'en sort très bien. Honnêtement, on sent moins de ralentissements ou de chauffe que sur un Moto G 4G (2015) et son Snapdragon 400, par exemple.
caméra
5
Difficile d'apprécier un appareil de 5 mégapixels quand la concurrence propose plus de détails. D'autant que - bien que le nombre de pixels ne fasse pas tout - l'Xperia E4g ne se distingue en rien. Les photographies sont bien nettes, mais ternes au possible.
autonomie
7
Côté autonomie, on est par contre plutôt bien servit. Le test d'endurance se révèle correct, et l'utilisation quotidienne ne laisse transparaître aucun gros manquement. D'autant qu'avec le mode stamina de Sony, on peut gérer habilement sa consommation.
Note finale du test 5/10
Sur le segment de l'entrée de gamme, qu'est-ce que ce Xperia E4g apporte de plus que la concurrence ? Après quelques secondes de réflexion, la réponse est assez évidente : rien, ou presque. On lui accorde tout de même une partie performances convenable pour ce prix. En fait, on trouve des smartphones mieux équipés et plus jolis, pour des tarifs équivalents voire moins élevés, ce qui nous laisse assez dubitatifs.

En fait, ce Xperia E4g s'est battu contre ses prédécesseurs en palliant à certains aspects manquants. Sony doit penser que l'apport de la 4G suffit à rendre ce téléphone appréciable en 2015, mais il est franchement trop léger pour espérer être recommandable. On regrette notamment sa faible définition d'écran, et son appareil photo banal. En espérant que Lollipop, censé équiper le mobile à sa sortie, vienne lui redonner un petit coup de jeune.
  • Points positifs
    • Autonomie honnête
    • Performances très correctes
  • Points négatifs
    • Ecran qHD
    • Appareil photo banal
    • Android 4.4.4 KitKat (on veut du Lollipop !)