Alors que les négociations entre Virgin Mobile et Numericable se poursuivent, Geoffroy Roux de Bézieux, le PDG du Full MVNO est revenu sur les raisons de la revente du MVNO. Selon lui, Virgin Mobile n’était pas capable d’atteindre une taille suffisamment critique pour pouvoir survivre sur le marché.

Virgin Mobile

Dans une interview accordée à BFM TV la semaine dernière, Geoffroy Roux de Bézieux est revenu sur le rachat de Virgin Mobile par Numericable. Le PDG du MVNO français explique notamment pourquoi il n’était pas possible de rester seul sur le marché actuel des opérateurs : « On est sur une industrie de coûts fixes, avec des technologies qui sont essentiellement la 3G aujourd’hui, la 4G demain, qui sont amorties. Les prix baissent donc très vite. Les prix ont baissé plus vite en France qu’en Europe, mais c’est vrai partout ailleurs. Donc, la taille compte. Or la taille qu’on avait ne nous permettait pas de nous développer sans réinvestir massivement. Les actionnaires, dont je fais partie, ont donc choisi de mettre la société en vente. »

Numericable a également donné suffisamment de garanties afin qu’il n’y ait pas (encore ?) de suppression d’emplois.

« C’était le bon moment et le prix était correct. C’était aussi la meilleure façon de pérenniser l’entreprise. Il y a des salariés. Et le fait de s’appuyer sur Numericable, qui a choisi de garder la marque et de garder les équipes, parce qu’ils considèrent qu’il y a un savoir-faire à la fois marketing et commercial, tout cela nous amené à prendre la décision de signer cette exclusivité [de négociation]. »

Monsieur Roux de Bézieux explique également quelles eussent été les seules options possibles si Virgin Mobile n’avait pas été mise en vente :

« Il aurait fallu que l’on rachète d’autres MVNO, peut-être que l’on postule à une licence et que la politique pro-concurrentielle est dans l’air du temps et ce n’est plus le cas. »

Sur le sujet de la concurrence, Geoffroy Roux de Bézieux a d’ailleurs un discours très différent de ce que l’on peut entendre chez les autres opérateurs (et notamment Bouygues Telecom). Pour lui, Free n’est pas responsable de l’effet de concentration que l’on observe actuellement, mais cela provient plutôt d’une tendance globale et surtout d’un effet de marché :

« C’est un retour de balancier. C’est la vieille loi du capitalisme quand il y a trop de concurrence, les prix baissent, les marges se contractent, il y a concentration. »

Et d’ajouter :

« Ce n’est pas seulement l’effet Free. Cela se passe partout en Europe. Il y a un autre effet important qu’il faut prendre en compte : les consommateurs n’achètent plus comme avant. Le système des réseaux de boutique, construit dans les années 2000, n’a plus la même pertinence aujourd’hui quand on achète facilement sur Internet. Les consommateurs ont compris comment cela fonctionne : ils savent comment porter leurs numéros ou changer de carte SIM et savent comment jouer avec les opérateurs. On a un smart consommateur pour des smartphones. »

« Je ne pense pas que les prix remontent. Quand vous avez habitué les gens à payer deux euros pour un forfait de deux heures, les prix ne remonteront pas. C’est seulement à l’occasion de nouveaux services et de nouvelles technologies que les prix remonteront. »

Si Geoffroy Roux de Bézieux a tendance à laisser penser que le rachat de Virgin Mobile par Numericable est bouclé, il n’y a pas encore eu d’annonce officielle de la part des deux sociétés. Rappelons que Virgin Mobile, qui compte aujourd’hui 1,7 million de clients, est en cours de négociation exclusive avec Numericable pour un montant de 325 millions d’euros. Geoffroy Roux de Bézieux devrait quant à lui toucher une vingtaine de millions d’euros qu’il compte réinvestir dans une nouvelle entreprise française qui ne sera pas dans le domaine des télécoms. Une clause d’exclusivité de son contrat de travail lui interdit en effet de travailler dans le milieu des télécoms durant deux ans.