
C’est un nom que vous avez peut-être croisé au hasard de vos pérégrinations sur le web. Let’s Encrypt, une entreprise spécialisée dans le déploiement de certificats de sécurité pour les sites web, vient de changer ses conditions d’utilisation pour se plier aux lois de Donald Trump sur l’interdiction d’exportation de technologies américaines vers des pays sous la menace de sanctions.
Si le sujet paraît technique, il est pourtant très important, puisque c’est précisément cette entreprise qui permet à des millions de sites web d’afficher une petite icône HTTPS dans la barre d’adresse de votre navigateur, signe que votre connexion avec cette plateforme est sécurisée.
Le plus gros fournisseur de HTTPS au monde
Dans la version 1.7 de son contrat d’abonnement (mis à jour le 4 juin 2026), Let’s Encrypt explique désormais que les « personnes physiques ou morales établies dans […] un territoire faisant l’objet de sanctions américaines étendues » n’ont techniquement plus le droit d’utiliser les services de l’entreprise. Des pays comme la Russie, la Corée du Nord, l’Iran ou même l’Ukraine viennent donc techniquement de perdre l’accès à une des briques les plus essentielles du web moderne.
Let’s Encrypt est en effet le plus gros fournisseur de certificats de sécurité au monde avec pas loin d’un milliard de sites se reposant sur ses outils. L’entreprise propose notamment un service gratuit très prisé des développeurs et développeuses web en raison de la simplicité de sa mise en place et de son utilisation.
L’urgence d’une solution européenne
En réaction à la bronca prévisible qu’a générée cette annonce, l’entreprise a assuré que « la plupart de nos restrictions liées aux sanctions ne s’appliquent qu’aux gouvernements de certains pays visés par ces sanctions, et non à l’ensemble de leur population » malgré un texte qui dit précisément l’inverse.
Josh Aas, responsable de la structure ISRG qui chapeaute Let’s Encrypt, explique que « Let’s Encrypt reste accessible à la quasi-totalité des populations vulnérables à travers le monde. » Preuve en est, il est encore possible d’utiliser le service en Iran et en Russie, à part si vous faites partie des instances gouvernementales.
Pour aller plus loin
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L’entreprise assure que toute cette polémique ne résulte que d’une erreur de communication de leur part. Quoi qu’il en soit, la polémique a fait ressurgir la nécessité de développer des alternatives européennes résilientes aux technologies étasuniennes. Si Donald Trump venait à prendre en grippe le Vieux Continent, c’est potentiellement des millions de sites web ultra-populaires qui deviendraient soudainement dangereux à utiliser.

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