Pour le moment, Google reste assez secret sur ses expérimentations. Pourtant, l’entreprise américaine travaille sur Fuchsia OS, un système d’exploitation qui n’est ni Android, ni Chrome OS. Un membre d’Ars Technica a pu l’installer sur son Pixelbook, voici quelques informations au sujet de son test.

Google propose aujourd’hui deux systèmes d’exploitation sur le marché : Android et Chrome OS. Cependant, le géant américain développe également un troisième système d’exploitation nommé « Fuchsia ». Jusqu’à maintenant, Fuchsia était davantage une interface qu’un OS, mais un membre de la rédaction d’Ars Technica vient de nous montrer les derniers développements de l’OS, et c’est un bond en avant intéressant.

L’OS est apparu pour la première fois en août 2016, mais à l’époque ce n’était juste qu’une ligne de commande. En août 2017, le projet mystérieux a été présenté avec une nouvelle interface utilisateur. Début 2018, cela ressemble de plus en plus à un OS. En effet, Fuchsia n’est plus une simple interface d’Android, c’est carrément un système que l’on peut installer sur le Pixelbook.

Nous sommes clairement face à des versions très préliminaires de l’OS. Le Pixelbook démarre en mode sans échec, un adaptateur Ethernet est nécessaire et la machine était particulièrement lente pendant toute l’expérience. Plus grave encore, la chauffe est très importante. Cela montre que les équipes en charge de cet OS sont loin d’avoir atteint la phase d’optimisation du système.

Comme vous pouvez le voir, l’interface de Fuchsia OS est très sommaire, relativement incomplète. On voit bien le système de vignettes ainsi que la gestion des dimensions des fenêtres et de leurs emplacements. Les applications sont peu nombreuses, le navigateur Web fonctionne à peine. La seule application qui est utile aujourd’hui est un gestionnaire de fichiers de base. Il s’agit simplement d’un texte blanc sur fond noir, et il ressemble à une interface de ligne de commande, mais il répertorie tous les fichiers qui composent Fuchsia, y compris une liste complète de toutes les applications.

Fuchsia OS, l’après-Android est loin d’être prêt

Il faut se rappeler du contexte : Android a été développé dans l’urgence en 2004, avec le rachat de l’entreprise d’Andy Rubin. Google souhaitait une alternative à iOS, une solution fonctionnelle rapidement. Aujourd’hui, Google a plus de 80 % du marché des smartphones, l’entreprise n’a aucune raison de précipiter le développement de Fuchsia. Google prend donc son temps, il va falloir patienter longtemps avant de voir une version 1.0 de cet OS. Google peut donc se permettre de bien faire les choses.

Android a l’avantage d’être construit à partir du noyau Linux, un vrai gain de temps. Un noyau qui a tout de même 30 ans aujourd’hui. Fuchsia repart de zéro avec son propre noyau, Zircon, il y a donc beaucoup de travail à effectuer. À l’heure actuelle, l’interface « Armadillo » de Fuchsia semble évoluée à première vue, mais c’est loin d’être le cas en réalité. Il n’y a pas de fonctions pour les notifications, aucun moyen de voir une liste d’applications, et aucun paramètre du système. Ce ne sont que des exemples de fonctions essentielles manquantes pour un OS.

Android 0.3 puis 0.5 et Fuchsia OS actuellement

D’ailleurs, le journaliste d’Ars Technica s’est amusé à comparer les premières versions Android, qui ressemblaient à un clone de BlackBerry, avec Fuchsia. C’est amusant de voir que l’interface actuelle d’Android n’a plus rien à voir avec les versions préliminaires d’Android.