La fièvre Jedi est cachée au plus profond de chaque être sensible à la Force. Elle ne demande qu’une étincelle pour s’enflammer et le Jedi Challenge est plutôt du genre détonateur thermique. Imaginez donc, il vous propose, entre autres, d’affronter au sabre laser Dark Vador (presque) IRL dans votre salon.

Présenté à l’IFA 2017, le Jedi Challenge est à l’image même du joujou Tech qui me fait fantasmer. Immerger l’univers Star Wars dans mon environnement quotidien, me prendre pour un maître du sabre laser ou un stratège digne d’un Grand Amiral. Toutefois, avec un prix de sortie fixé à 299 euros, je suis passé du statut de fanatique à celle d’athée résistant à la Force. Cette nouvelle facette de ma personne a perduré jusqu’à ce que telle une Ève tentatrice, Julie, une amie, commence son travail de sape.

Bien mieux dotée que moi financièrement, elle est surtout comme totalement junkie à l’univers Star Wars. Toutefois, un petit reste de décence l’empêchait de craquer seule. J’ai donc eu droit à toutes les présentations techniques, le contenu des jeux, les bonus. Je résistais encore et encore… Puis ce jour funeste de juin, où elle m’acheva de deux arguments. Le premier : une baisse de prix drastique passant de 299 à 179 euros et surtout une mise à jour permettant le jeu en multijoueur ! Tel un couple illégitime, nous rentrons dans une boutique et achetons tous le stock c’est-à-dire deux unités ! À la fois fiers et un brin honteux, nous emportons les deux grosses boîtes chez elle.

Lumineux ou obscures, les puissants les attraits de la force sont !

Julie avait préparé nos collations d’avance et la bande originale du premier film sur son enceinte Étoile de la Mort. Nous sommes face à face, chacun face à sa boîte. Un intense moment de tension absolument né entre nous ! Premièrement, nous sommes d’accord : le packaging est classe, aussi beau qu’il fait haut de gamme. L’intérieur laisse apparaître en premier le sabre, puis dessous le casque et les accessoires.

Commençons par le meilleur, l’arme ! Elle est une très belle reproduction du sabre de Luke. Certes, ce n’est pas un Master Replica et pourtant, les principaux détails sont là. Nous sommes face à un bel objet de collection. Je suis un peu déçu par le poids, il est vraiment très léger (275 g). Côté casque AR, rien n’indique qu’il a un lien même lointain avec l’univers de Georges Lucas. « Difficile de faire plus neutre, même pas une petite rayure de Blaster, ou un look rappelant Kylo Ren, Dark Vador, même des oreilles vertes à colle j’aurai préféré » dixit Julie.

Apprendre la patiente

Après nous être extasiés et réalisé nos premiers selfies avec le sabre à la main, nous continuons l’unboxing. Amusant comme je me retiens en la présence de Julie, qui pousse exactement les mêmes petits cris excités que moi quand je suis seul face à un nouveau joujou. Première mauvaise surprise, je dois recharger via une connectique microUSB le sabre laser et le casque !

Autre accessoire essentiel, une petite boule lumineuse reposant sur un socle à placer au sol. Il s’agit de la balise de suivi positionnel appelée aussi balise de traçage. Elle nécessite 2 piles, comme souvent non fournies. Bizarre, chez moi j’aurais dû sortir en acheter, mais Julie en a d’avance…

Nous pensons avoir fait le plus dur, que nenni. Le casque de Réalité Augmentée a besoin d’un smartphone pour fonctionner. Mais simplement, l’insérer aurait été trop simple. Un module dédié doit recevoir le téléphone et soyons clair l’adjectif rassurant n’est pas le premier qui me vient à l’esprit. Il faut l’ouvrir, mais cela ne donne accès qu’à la moitié du volume. Je cherche donc à glisser, mon Moto Z en priant pour que la brute que je suis ne casse rien. Deux languettes graduées permettent de caler et centrer le mobile. Au bout que 3/4 minutes j’ai terminé, l’opération alors que toute penaude Julie n’y arrive pas. Elle a deux smartphones, mais le premier est trop large de quelques millimètres alors que pour le second c’est l’épaisseur qui bloque.

Nous n’avions pas fait attention à la liste de smartphone compatible. Naïfs ou stupides, nous aurions noté que les produits sont fins par exemple. En fait, seuls les modèles très fins (moins de 9 mm) pourront s’y glisser. Je lui prête mon OnePlus 6 et deviens à ses yeux le plus charmants des hommes. Pourtant son sourire n’enlève rien à notre calvaire. Il reste à insérer le module dans le casque, face vers le bas et même en le sachant il n’est pas rare de se tromper.

Auparavant, nous avons lancé l’application… Enfin l’installation… Cela commence avec 700 Mo environ et continue avec une mise à jour d’environ 850 Mo ! Bref, nous poireautons une bonne heure… Comme l’impression que la première épreuve proposée par le Jedi Challenge est de nous apprendre la patiente… Nous lançons l’appli l’un après l’autre pour éviter une configuration faussée par deux Jedi Challenge. De mon côté, je dois m’y reprendre à trois fois avec mon iPhone X avant d’appareiller casque, smartphone et sabre laser. Julie, elle, n’aura aucune difficulté avec son Android.

L’écran nous indique enfin d’entrer le smartphone dans le module. Prêt à jouer ? Nous pas encore, il faut relier le smartphone au casque via un mini câble livré avec (USB3 Type-C, microUSB ou Lightnning). Enfin, nous fermons le casque et allons… préparer le terrain.

Longue est la marche vers la sagesse

Étant déjà équipé en casque VR et ayant une longue expérience de la Wii. Je prends très au sérieux les avertissements sur l’espace nécessaire au jeu. Donc déblayage du salon, plus rien ne traîne, gadget, jouet pour enfant ou table basse. Je place au centre de la pièce le module lumineux en forme de boule. Il doit être situé de 1 à 2 mètres du joueur.

Le casque est lourd

Cela fait, je me positionne et commence à faire des moulinets en sautant dans tous les sens, j’avance et recule de plusieurs pas. L’objectif est d’éviter de cogner ou de casser quoi que ce soit. Je repense avec émotion à mon premier studio, donc je vous préviens : les petits studios parisiens ne sont pas compatibles avec le Jedi Challenge ! Je rentre le module smartphone dans le casque puis me harnache en premier du casque. Il est confortable tout en offrant une bonne stabilité. De nombreux renforts en mousse assurent qu’une pression excessive viendra gâcher l’expérience. Par contre, le casque est lourd (477 g) et s’il n’est pas parfaitement fixé, il a tendance à pencher.

Julie a réussi à rentrer son épaisse chevelure, mais c’est surtout le poids qui la gêne. « Je ne joue pas plus de 15 min avec ce truc ! » Les premiers frissons commencent avec la bande sonore qui est de bonne facture, exploitant la riche bibliothèque sonore de Star Wars. Le plaisir sera très variable en fonction du haut-parleur de votre mobile. Trois modes de jeux sont proposés, Combats au Sabre Laser, HoloChess et enfin un jeu de stratégie. Pour nous faire mousser, nous gardons le meilleur pour la fin.

Des jeux, des étoiles et des lasers

Sur les trois jeux proposés, aucun ne nécessite le même espace pour jouer. Ainsi l’HoloChess n’a besoin que d’une table basse ou un sol relativement dégagé. Apparaît alors le célèbre jeu d’échecs holographique. L’usage est assez simple tout comme les concepts du jeu. Toutefois, ils le sont presque trop et l’intérêt s’est émoussé à une vitesse subluminique. Certes, nous nous sommes amusés comme des fous : visualiser le terrain de jeu, s’approcher des pièces et prendre son temps d’admirer le travail est un véritable plaisir. Dans les films, ce jeu apparaît de façon bien trop fugace. Julie et moi savourons donc le moment riche en nostalgie.

Le jeu de stratégie est celui qui nécessite le plus d’espace, il faut afficher au sol toute une carte avec les bâtiments et unités mouvantes. J’ai vraiment l’impression d’être un général sur-le-champ de bataille, immédiatement opérationnel pour lancer mes troupes vers une belle boucherie. Mes ardeurs sont calmées en quelques secondes, les unités se déplacent toutes seules ! Mon seul rôle est de placer des tourelles pour aider leur progression.

Ma déception est grande et pourtant, se déplacer autour, sur-le-champ de bataille, marcher au-dessus des bâtiments et placer les tourelles est au final très amusant. Soyons clairs, si vous perdez une bataille c’est que vous l’avez décidé. Dommage, car, les jeux de Tower Defense sont accessibles à tous et peuvent être très tactiques. Ici, nous avons plus une immersion ludique qu’un véritable défi stratégique.

J’ai l’impression de me retrouver dans un jeu vidéo avec QTE

Enfin, à tout seigneur tout honneur, nous terminons avec les combats de sabre laser. Sabre à la main, apparaissent en premier des droïdes de la fédération du Commerce. Quelques coups du sabre laser et c’est joué. La progression se fait tout en douceur, la difficulté n’étant pas du tout excessive, loin de là… Après chaque niveau, un personnage emblématique de la série vient m’affronter. Darth Maul, Dark Vador et bien d’autres sont au menu.

Apprendre à parer un coup est assez simple surtout que le jeu ne cesse de m’assister. J’ai l’impression de me retrouver dans un jeu vidéo avec QTE, où je dois plus suivre des instructions dans le bon timing que déployer mes compétences au sabre… Bref, c’est un peu ennuyeux, mais bizarrement je m’en fiche complètement je suis un Chevalier Jedi avec ce casque sur la tête.

Quand l’AR rencontre l’IRL

Vous l’aurez compris, l’embout lumineux du sabre laser va servir au casque à localiser l’objet et lui ajouter le divin laser virtuel. Premier point, cela marche bien, mais de temps en temps, le laser a tendance à être un peu tordu. Cela ne gêne pas vraiment, les joueurs ont tendance à s’adapter, mais c’est dommage, cela gâche un peu le plaisir. À noter que Julie qui a les bras plus courts que moi connaît beaucoup plus régulièrement ce phénomène.

La balise de traçage permet au casque de déterminer un espace de jeu à respecter. Visuellement, le casque utilise un jeu de miroir pour afficher sous nos yeux notre environnement dopé par des « hologrammes ». Ne vous fiez pas aux visuels promotionnels, si c’est esthétiquement très réussi, avec de beaux détails dans la modélisation 3D. Il y’a un effet de transparence beaucoup plus marqué.

L’aspect « tangible » est donc beaucoup bien moindre qu’espéré, tout en étant appréciable. L’affichage est de bonne qualité si vous avez un bel écran, plus le nombre de pixels par pouce est élevé, plus le rendu sera saisissant. Les conflits d’affichages entre réalité et virtuels sont un peu gênants, donc encore une fois il faut vraiment déblayer un large espace pour jouer dans de bonnes conditions. Quand ces dernières sont toutes réunies, je dois admettre que c’est bluffant. Le fait d’être deux fans de l’univers a peut-être tendance à nous influencer, mais à 179 euros qui d’autre irait craquer ?

Une expérience plus qu’un jeu

Nous avons très rapidement adopté le Jedi Challenge et il est amusant de voir les différences entre Julie et moi. Ainsi, au sabre laser j’ai tendance à sauter dans tous les sens, à en rajouter en m’inspirant des figures de combats vues dans les films. Bref, tant que personne ne me filme je suis aux anges. Julie est bien plus fixe, allant à l’essentiel, comme ceux qui jouaient aux jeux de sport Wii assis sur leur canapé en agitant simplement les mains. Le poids du sabre va parfaitement à Julie alors que personnellement je le regrette. Dommage de ne pas avoir prévu un système de poids.

Par contre, dans le jeu de Tower Defense, je reste à l’extérieur, je cherche à avoir une vision plus globale. Julie, elle, enjambe les bâtiments, plonge dans le décor, autant pour les admirer qu’avoir une vision différente avant de placer ses tourelles.

Nous sommes plus face à des expériences qu’à de véritables challenges

L’Holo Chess est très sympa en soi, mais nul pour les potentiels spectateurs. Idem pour le jeu de stratégie, en fait seuls les combats de sabre laser permettent au public de vraiment s’amuser avec le joueur. Les duels de sabre laser sont vraiment le jeu star et si j’enchaîne durant une bonne heure, Julie, elle, fait des pauses toutes les 15 minutes. Reste qu’au bout d’une après-midi, même si nous avons pris beaucoup de plaisir ensemble à jouer l’un après l’autre, nous sentons bien que nous sommes plus face à des expériences qu’à de véritables challenges.

Du plaisir solitaire au jeu partagé

La mise à jour a apporté des nouveautés en contenus, comme des adversaires au sabre, de nouveaux champs de bataille et surtout un mode multijoueur ! Excité comme des puces nous nous préparons à jouer l’un contre l’autre. En premier lieu, nous devons nous connecter au même réseau WiFi. Coup de bol, tout fonctionne parfaitement quand il s’agit de synchroniser les deux smartphones. Cela ne sera pas toujours le cas plus tard…

Nous devons chacun placer nos balises à une distance de 1 mètre l’une de l’autre. Chacune propose un switch pour afficher deux couleurs différentes, ce qui permet à chaque casque de se caler sur celui qui lui est destiné. « OK il faut un loft pour jouer à deux ou quoi ! » s’exclame Julie. L’espace nécessaire n’est pas anodin, au point que je dois encore pousser des meubles. Nos prochaines parties auront lieu à l’extérieur, enfin quand la luminosité le permet.

Première déception, seuls les duels au sabre laser sont disponibles. Pas de HoloChess ou de jeu de stratégie, frustration totale donc. Mais qu’importe, l’idée de duel au sabre laser contre un adversaire humain balaye rapidement cet état de fait. Face à face, nous nous lançons. OK, les erreurs d’impact entre lasers sont nombreuses, OK parfois on se demande pourquoi un coup ne porte pas. Pourtant, la magie opère et nous jouons ainsi 45 bonnes minutes et même Julie n’a pas voulu faire de pauses.

Aucun regret

Clairement, le jeu n’est pas Plug And Play… En fait, il l’est, mais la première mise en marche est très longue, presque trop. Le lendemain, la mise en place a été très rapide, une petite dizaine de minutes. Au bout de deux jours, aucun regret : l’objet est superbe. Si le casque restera sûrement rangé dans un tiroir, le sabre laser, lui, je vais fièrement l’exhiber. Dommage que Lenovo n’ait pas pensé à un beau support… Julie a joué avec de son côté tout le dimanche, tout comme moi. Le système de récompenses (nouvelles couleurs de sabre, Porgs…) est assez motivant.

Au bout de trois mois, je n’ai toujours aucun regret. Bon, la très belle boîte est encombrante, mais une fois une place trouvée elle m’a servi à ranger proprement le casque. Le sabre trône quant à lui à côté d’un casque de Dark Vador. Ce sabre est vraiment sympa, seul l’embout en caoutchouc vient gâcher mon plaisir.

Côté jeu, je le sors régulièrement quand des amis passent. Les jeux offrent beaucoup de contenus, mais depuis mai, aucune nouveauté. À priori, Lenovo attend le prochain film pour balancer de nouveaux adversaires pour nos sabres.

À 179 euros, cela reste un investissement réservé à des fans. Le mode deux joueurs donne plus de piment, mais avez-vous des amis ayant les mêmes désirs et moyens financiers ? Si oui, foncez, dans le cas contraire prenez le temps de la réflexion. Même si le casque peut en théorie avoir d’autres usages, pour l’instant seule l’appli Jedi Challenge est proposée. À réserver donc aux fans, mais ils prendront un pied monumental.

Prix et disponibilité

Le Lenovo Jedi Challenge est disponible chez la plupart des revendeurs tech. Vous le trouverez par exemple à 200 euros sur Amazon et à la Fnac.