Comme Google, Microsoft est présent à la Game Developer Conference et y parle de son futur service de streaming de jeu vidéo. La firme a notamment fait des annonces concernant le débit nécessaire.

En marge de la Game Developer Conference, le responsable du cloud gaming chez Microsoft, Kareem Choudhry, a accordé une interview au site Eurogamer. Selon lui, si le streaming de musique a profité de la 3G, et la vidéo en streaming était le fer de lance de la 4G LTE, le jeu vidéo sera celui de la 5G. Cette nouvelle génération s’intégrerait parfaitement avec l’objectif de Microsoft : « notre but est d’atteindre n’importe qui sur la planète, et permettre à cette personne de jouer aux jeux qu’elle souhaite, sur l’appareil qu’elle souhaite ».

« Atteindre n’importe qui sur la planète »

Quand on parle de jeu en streaming, le facteur le plus important pour garantir une bonne expérience sera la latence. Il faut que le délai entre l’appui sur un bouton de la manette et la réaction du personnage soit le plus court possible. Microsoft promet d’ajouter moins de 10 ms grâce à son système, supposément comparé à une console de jeu classique : « franchement, on relève une latence inférieure à la couche Bluetooth avec une connexion sur un smartphone Android ».

Comme Google l’a fait lors de la présentation de Stadia, Kareem Choudhry met en avant l’ubiquité du réseau de serveurs Azure qui permet d’être au plus proche de l’utilisateur.

Une latence inférieure à celle du Bluetooth sur Android

Une connexion ADSL serait suffisante

Microsoft ne s’avance pas encore à donner de chiffres précis sur la définition d’affichage du service en fonction de la connexion internet. Cependant, lors de l’interview, Kareem Choudhry a indiqué que durant les démos, le débit est descendu à 9 ou 10 Mbit/s, soit un débit compatible avec une connexion ADSL en France. Grâce aux travaux de Microsoft Research, il souhaite encore abaisser ce débit minimum, et atteindre 5 à 6 Mbit/s, soit le débit demandé par Netflix pour la diffusion d’une vidéo en HD.

Un service rétrocompatible

À l’heure actuelle, le déploiement de xCloud se fait en se basant sur l’architecture d’une Xbox One S, c’est-à-dire l’une des consoles les moins puissantes de la génération actuelle, alors que Google Stadia promet des performances dignes d’une console de nouvelle génération. Microsoft explique ce choix par un besoin d’assurer une rétrocompatibilité parfaite avec la Xbox One S en utilisant exactement la même architecture.

Google Stadia est annoncé comme plus performant qu’une Xbox One X.

Ainsi, un développeur qui propose un jeu sur Xbox One pourra très facilement proposer son titre sur xCloud. Kareem Choudhry explique également qu’une console comme la Xbox One S est suffisante pour faire tourner un jeu en Full HD, avec une qualité d’affichage suffisante pour un service qui vise avant tout les smartphones sous Android.

xCloud ne marque pas la fin des consoles

Lorsque des services de cloud gaming sont annoncés, la question de la fin des consoles de jeu se pose. Selon Microsoft, les deux marchés coexisteront pour le moment, et la firme veut être présente sur les deux à la fois. Il ne fait donc aucun doute qu’une nouvelle console succèdera à la Xbox One, même si Microsoft propose à côté un service accessible depuis un smartphone, un PC ou un téléviseur connecté.

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