A l’occasion de l’ouverture de la Game Developer Conference ce mardi à San Francisco, Google a enfin dévoilé les tenants et les aboutissants de son projet de longue date, Stream. Rebaptisé Stadia, le programme vise à « concevoir une plateforme de jeu pour tout le monde ».

Après des mois de teasing sous le nom de projet Stream, Google a finalement dévoilé ce mardi sa nouvelle plateforme de jeux. Baptisée Stadia, cette plateforme vise à relier aussi bien les adeptes de tous types de jeux vidéo que les développeurs ou les amateurs de streaming.

Un large écosystème

Comme sur Project Stream, les jeux sur Stadia ne nécessiteront pas de console de jeu, mais tourneront sur les serveurs de Google. Le principal intérêt pour les utilisateurs est que les joueurs pourront accéder à leur partie de n’importe où, aussi bien de leur ordinateur grâce au navigateur Chrome que sur téléviseur avec Chromecast, un smartphone ou une tablette à partir d’un simple lien. Dans les bandes-annonces YouTube, les éditeurs pourront par exemple intégrer un bouton « jouer sur Stadia ». Une fois celui-ci cliqué, le joueur pourra accéder directement à une partie du jeu en question.

 

Le Stadia Controller

Google supportera la plupart des manettes de jeux disponibles. Néanmoins, la firme a également annoncé sa propre manette, le Stadia Controler. Celui-ci pourra se connecter directement en Wi-Fi pour retrouver automatiquement votre partie sur les serveurs de Google. Par ailleurs, outre des boutons classiques de manette de jeu, le Stadia Controler propose également une touche de partage d’images ou de vidéos, mais également un bouton dédié à Google Assistant. La firme de Moutain View espère ainsi que les développeurs de jeu s’empareront de son assistant pour intégrer certaines fonctionnalités.

Notez que les joysticks sont symétriques, comme sur une DualShock 4, mais que les boutons d’action A, B, X, et Y sont disposés comme sur une manette de Xbox.

Des serveurs plus puissants que la PS4 ou la Xbox One X

En termes de qualité du flux, Google promet au lancement une définition 4K à 60 FPS compatible HDR avec un son surround. La définition 8K devrait également arriver prochainement, affirme Google. Par ailleurs, Stadia permet également de diffuser au même moment ses parties en direct sur YouTube en 4K à 60 FPS directement depuis les serveurs.

Au niveau des caractéristiques techniques des serveurs de Stadia, Google a annoncé qu’un nouveau GPU avait été conçu en partenariat avec AMD fournissant 10,7 téraflops de puissance. Google compare ce chiffre au 6 téraflops de la Xbox One X. Au niveau du processeur, les serveurs sont dotés d’une puce x86 hyperthreadé cadencée à 2,7 GHz. Enfin, les serveurs sont équipés de 16 Go de RAM avec un cache L2+L3 de 9,5 Mo.

Avec une telle puissance, on peut estimer que Google Stadia fait déjà un pas vers les consoles de nouvelle génération, comme la PlayStation 5.

Doom Eternal tourne en 4K HDR à 60 images par seconde

Google est conscient que pour se faire une place sur le marché du jeu vidéo, il doit s’entourer des partenaires qui comptent déjà dans l’industrie. À ce propos, la firme a annoncé avoir signé avec les éditeurs de logiciel et de solutions que les studios de développement utilisent comme Unreal Engine, Unity, Havok, CryEngine et beaucoup d’autres.

Ce sont des annonces importantes pour les développeurs qui assistent à la Game Developer Conference, et que Google souhaite convaincre d’investir dans Stadia.

Pour les joueurs, Google a également fait des annonces. La firme a notamment invité ID Software sur scène pour parler de Doom Eternal, la suite de l’épisode sortie en 2016. Le développeur a annoncé que Doom Eternal tournerait en 4K HDR à 60 images par seconde sur Google Stadia.

Crowd Play et State Share : des fonctions innovantes bien pensées

Avec un calcul déporté entièrement dans le cloud, et donc des jeux tournant entièrement sur les machines de Google, Stadia peut proposer des services innovants, introuvables chez les plateformes concurrentes. Google a notamment mis l’accent sur Crowd Play, une fonction permettant de rejoindre en un seul clic la partie d’un streamer depuis YouTube. On imagine facilement le succès que pourrait avoir ce genre de fonction dans des jeux à succès comme Fornite ou APEX. Encore faut-il que ces titres arrivent sur Stadia.

State Share permet comme son nom l’indique de très facilement partager la sauvegarde, et même l’état actuel d’une partie. Le destinataire peut alors d’un seul clic reprendre la partie où vous l’aviez arrêter.

Lancement prévu en 2019

Google Stadia sera lancé commercialement en 2019 aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans une large partie de l’Europe. Il est probable que la France soit dans les pays concernés. D’ici là, quelques questions restent encore en suspens sur Stadia.

À lire sur FrAndroid : Stadia : les cinq questions auxquelles Google n’a toujours pas répondu