Google Stadia ou Nvidia GeForce Now : quel est le meilleur service cloud gaming ?

L'ancien contre le nouveau

 

Google Stadia est le dernier service cloud gaming à la mode. GeForce Now est la mutation d'un des plus vieux services existants. Au final, qui s'en tire le mieux ? Notre comparatif vous éclaire.

Google Stadia est le dernier arrivé sur les services de cloud gaming et profite du support d’un grand nom de la tech. Toutefois s’oppose à lui GeForce Now, un service né des cendres de Grid et propulsé par Nvidia, grand nom du gaming PC et du stream.

Nous avons eu l’occasion de tester les deux et de réaliser un comparatif simple : entre le nouveau service à la mode et l’un des plus vieux en pleine mutation, qui remporte la palme du cloud gaming naissant ? Voici nos conclusions.

Bibliothèque de jeux : GeForce Now, c’est votre Steam

Le principe de Google Stadia est assez simple : c’est à Google d’intégrer des jeux et à vous de les acheter sur sa plateforme. Il n’y a pas d’alternatives. Le fonctionnement est donc assez proche du magasin dématérialisé de n’importe quelle console, à ceci près que la « console » dans l’exemple est ici tout simplement le service Google Stadia. Certains jeux sont tout de même fournis « gratuitement » aux abonnés payants du service, les Stadia Pro. La sélection de jeu grandit mois après mois et a commencé par Destiny 2 Collection, Samurai Shodown pour ajouter Tomb Raider et Farming Simulator 19 au mois de décembre.

Les jeux sont accessibles immédiatement en un clic et prennent automatiquement votre sauvegarde. Pour reprendre votre partie sur un autre système, il suffit de vous connecter à votre compte Google.

Sur GeForce Now, le principe est un peu plus complexe. Le service se base sur votre compte Steam ou Epic Games et une sélection de jeux optimisés pour le service. Aussi, si le jeu que vous possédez déjà sur Steam ou Epic est présent sur GeForce Now, vous pouvez y jouer… sans autre forme de procès. Il n’y a pas besoin de payer un supplément en prime de l’abonnement (dont le prix reste à définir) au service GeForce Now.

Il y a tout de même une petite subtilité. Certains jeux sont listés directement sur l’interface GeForce Now et sont « préoptimisés » par Nvidia directement pour usage sur toutes les plateformes qu’il supporte. Pour ceux qui ne sont pas présents dans cette première liste, il suffit d’ouvrir son propre compte Steam dans le cloud pour le lancer, mais la configuration vous revient automatiquement.

Ainsi, si les jeux préoptimisés sont immédiatement accessibles, ce n’est pas le cas de ceux ne l’étant pas. Il faudra alors vous connecter à votre compte Steam virtuel et les télécharger en direct du serveur avant de jouer (rien n’atteint votre disque dur, tout est toujours dans le cloud). Notez qu’à la déconnexion, les jeux installés seront automatiquement désinstallés, faisant qu’il vous faudra les retélécharger à chaque lancement.

Sur la bibliothèque, difficile de faire mieux que simplement retrouver tous les jeux que vous avez déjà sur votre compte Steam avec GeForce Now. C’est d’autant plus important que ces derniers peuvent ainsi être utilisés aussi bien en streaming qu’en local sans le moindre problème. Ce n’est pas le système le plus simple à prendre en main pour le moment, mais définitivement l’un des plus efficaces. Notez également qu’étant une plateforme PC par essence, GeForce Now sera naturellement plus amené à être compatible avec les expériences en réalité virtuelle, qui sont l’une des cibles de Nvidia pour son avenir.

Qualité du streaming : 4K 60 FPS… sur le papier

Google Stadia, dans sa version Stadia Pro, promet un flux de streaming jusqu’en 4K à 60 FPS. Dans les faits cependant, le flux s’adapte naturellement à la connexion et peut varier, ce qui a été notre cas au cours du test. Surtout, avoir un flux en 4K ne garantit pas que le jeu lui-même tourne en 4K. Et pour cause : les serveurs Stadia tournent sous Linux et non sous Windows, faisant que les développeurs doivent adapter leurs jeux pour tourner sur ces machines. La plupart du temps, ce sera donc la version console qui sera adaptée puisque n’étant pas dépendante de la librairie DirectX de Windows, et celle-ci n’a pas nécessairement les capacités d’envoyer de la 4K à 60 FPS.

En matière de qualité de stream par contre, il faut bien reconnaître que le flux envoyé par Stadia est très fluide et ne souffre que dans des conditions très particulières. Pour les jeux d’aventure au rythme lent, Stadia arrive à envoyer une expérience consistante la majeure partie du temps, avec quelques freezes que l’on peut rapidement ignorer, mais qui sont tout de même visibles et ont un impact sur l’expérience de jeu.

Nvidia GeForce Now se veut être votre « carte graphique GeForce dans le cloud », faisant que l’expérience est dans son ADN une expérience PC. C’est simple : les serveurs tournant sous Windows, ils peuvent tout bonnement profiter aussi bien de l’API Vulkan que de DirectX, faisant que les versions que vous trouvez sur les serveurs sont… les versions PC. Si un jeu est capable de vous offrir la 4K à 120 FPS, il n’y a pas de limite naturelle pour la plateforme en termes de puissance.

Par contre… Il y a une limite sur le stream. Le service propose au maximum un flux 1080p à 60 FPS pour le moment. Nvidia a toutefois déjà fait des démonstrations du service tournant en 4K à 60 FPS et il y a fort à parier que cette possibilité sera débloquée à l’avenir. En l’état, le stream est excellent et s’adapte très bien à tous types de connexion. On notera une grande différence sur les flux, liée à l’utilisation du codec propriétaire NVENC côté Nvidia : l’image ne va pas forcément totalement bloquer en cas de chute de connexion, mais seulement certaines parties seront rafraîchies. D’un côté, à l’œil, cela donne l’impression que des artefacts se glissent dans l’image… mais de l’autre, le ressenti manette en main et beaucoup plus fluide et ne vient ainsi pas gêner l’expérience de jeu. Pour les jeux plus exigeants en réactivité, GeForce Now est clairement au-dessus.

Sur le papier, Google Stadia est pour le moment supérieur. Dans les faits, on recommandera peut-être un peu plus GeForce Now pour les joueurs de FPS compétitifs ou de jeux de combat. Notez toutefois que ces deux services sont amenés à évoluer et promettent tous deux l’apparition de la 4K, de la 8K, et du 120 FPS dans les années à venir.

Multijoueur en ligne : c’est comme jouer sur PC

Les jeux de la plateforme Google Stadia fonctionnent… sur la plateforme Stadia. Ainsi, la plupart des expériences multijoueurs en ligne se font tout simplement entre joueurs de Stadia, et c’est tout. Certains titres sont jouables avec les utilisateurs PC, notamment Farming Simulator 19, mais cela est dépendant des développeurs en eux-mêmes et non de la plateforme. Il en va de même pour la possibilité de cross-play entre plusieurs plateformes différentes.

Mortal Kombat 11 sur Google Stadia (PC)

Le cloud gaming n’empêche pas le multi local

GeForce Now lance les versions PC des jeux. Aussi… vous jouez tout simplement avec la communauté PC. C’est au moins la garantie de trouver vos amis et des adversaires en ligne facilement, même si les serveurs vous reconnaissent souvent en Amérique quand bien même vous utilisez une base européenne. Cela n’empêche en rien de jouer ceci étant, mais notons que tous les jeux ne sont pas forcément compatibles.

Sur ces débuts, il faut reconnaître que GeForce Now offre une expérience multijoueur bien plus complète… par la simple force d’avoir plus de joueurs. La situation pourrait évoluer à l’avenir, mais c’est un grand point positif pour le moment.

Applications : Stadia partout… ou presque

Google Stadia est encore en bêta (bien qu’inavouée), faisant qu’il n’est pas disponible sur autant de plateformes qu’on l’aimerait. Sur PC, il faudra passer par le navigateur Chrome, qui reste quelque part la plateforme avec la plus grande expansion. Sur mobile, l’application officielle est limitée aux familles Pixel 4 et Pixel 3 (et quelques autres modèles). Sur TV, il vous faudra forcément passer par un Chromecast Ultra pour le moment. C’est quelque part décevant, mais aussi… très large dans l’absolu. La possibilité de pouvoir y jouer avec simplement le navigateur Chrome installé est un grand plus, qui rend le service compatible avec Windows, macOS, mais aussi Chrome OS.

La grande aberration du service dans sa forme actuelle est par contre de devoir absolument passer par l’application mobile pour acheter ses jeux ou régler la qualité du stream. Sur les autres plateformes, vous ne pouvez que sélectionner et lancer un jeu.

GeForce Now est actuellement disponible sous la forme d’une application sur Windows, macOS, Android TV et Android. Pour le moment, le service n’est pas encore disponible sur iOS, mais Nvidia affirme être en discussion avec Apple pour faire valider son application sur la boutique d’applications du géant californien.

Manettes : venez comme vous jouez

Google Stadia comme Nvidia GeForce Now est compatible avec la plupart des manettes populaires du moment, comme les Dualshock 4 et Xbox Controller. Si ça se connecte en Bluetooth ou en filaire, il y a de fortes chances que vous puissiez tout simplement profiter de votre manette sans complication.

Google Stadia a par contre un avantage : sa propre manette. Le Stadia Controller a en effet une spécificité : il se connecte lui-même aux serveurs de Google, sans passer par le flux du jeu. Aussi, vos touches sont enregistrées en parallèle de votre flux, faisant que les chutes de connexion les impactent beaucoup moins. Du moins, en théorie : pour le moment, cette fonctionnalité n’est débloquée vraiment que lorsque l’on joue avec le Chromecast Ultra. Sur les autres plateformes, elle se comporte comme une manette classique.

Débit recommandé : la même chose

Google Stadia réclame une connexion d’a minima 10 Mbit/s pour pouvoir jouer en 720 p à 60 FPS, de 20 Mbit/s pour jouer en 1080p HDR à 60 FPS, et de 36 Mbit/s pour jouer en « conditions optimales » en 4K HDR à 60 FPS.

Les débits recommandés pour Stadia

Nvidia GeForce Now réclame lui 15 Mbit/s pour jouer en 720 p à 60 FPS et 25 Mbit/s pour jouer en 1080p à 60 FPS. Le HDR n’est pour le moment pas supporté, mais pourrait arriver au cours de l’année 2020.

Les connexions réclamées sont sensiblement les mêmes entre tous les services de cloud gaming disponibles actuellement, et l’un n’a pas d’avantage sur l’autre.

Prix : la guerre du gratuit

Dans sa forme finale, Google Stadia sera disponible en deux choix. La version de base, qui offre au maximum le 1080p à 60 FPS, sera tout simplement gratuite. Pour la 4K HDR à 60 FPS, il faudra prendre l’abonnement Stadia Pro facturé à 9,99 euros par mois. Les jeux, eux, sont payants quoiqu’il arrive, mais l’abonnement Pro vous donne accès à la location gratuite d’un catalogue de jeux accessibles uniquement lorsque votre abonnement est actif. La forme de cette dernière offre n’est pas sans rappeler le PlayStation Plus ou le Xbox Live Gold.

Steam dans l’interface GeForce Now

De son côté, GeForce Now propose également une offre gratuite proposant du 1080p à 60 fps sur des sessions d’une heure. Une fois ce temps écoulé, le joueur est renvoyé en file d’attente pour une nouvelle session d’une heure. Cela permet à Nvidia de contrôler la concentration d’utilisations sur ses serveurs et éviter des saturations.

Une offre payante, proposée actuellement à 5,49 euros par mois, permet quant à elle d’éviter la file d’attente et de jouer pendant 6 heures d’affilées. On rajoute à cela la présence de ray tracing, option indisponible sur l’offre gratuite. Il s’agit pour le moment d’un prix pour le lancement de GeForce, mais Nvidia a promis que ce prix « ne serait pas doublé ».

Conclusion : quel est le meilleur service cloud gaming ?

Notez bien que nous comparons ici deux services en évolution. Aussi, ces conclusions seront amenées à évoluer avec le temps et la comparaison est avant tout liée à la philosophie de chaque plateforme.

En l’état… Force est de constater que si vous êtes déjà un joueur PC, GeForce Now devrait bien plus vous convenir. La plateforme de Nvidia vous permet tout simplement d’emporter votre expérience gaming PC avec vous où que vous le souhaitiez, sur la machine que vous souhaitez. Si la limitation des plateformes mobiles et TV est actuellement plutôt frustrante, elle est forcément amenée à évoluer sur les prochaines années et à la sortie officielle du service.

Google Stadia a cependant pour lui une grande force : sa simplicité. Face à un GeForce Now qui reste quelque part « un truc de geek », particulièrement par le fait de devoir passer par un Steam dans le cloud et gérer sa bibliothèque comme on le ferait sur PC, Stadia oppose un simple clic pour lancer ses jeux sans se soucier des configurations. Le service est également plus établi sur diverses plateformes grâce à sa compatibilité avec le navigateur web Chrome et est amené à être intégré à YouTube pour une expansion plus large vers le grand public.

Technologiquement, les deux services se valent pour le plus grand nombre actuellement. Mais du côté des joueurs exigeants, on recommandera plus naturellement GeForce Now pour le moment. C’est d’autant plus vrai que sa version gratuite est disponible, ce qui n’est pas encore le cas pour Google Stadia.

Cela fait maintenant de nombreux mois que le terme Cloud Gaming revient régulièrement dans l’actualité. Cette nouvelle approche de la façon dont on joue aux jeux vidéo risque bien de révolutionner le marché dans un avenir très proche. Mais en…
Lire la suite

Où acheter le
Google Stadia au meilleur prix ?

 

Les derniers articles