Porter un casque et des gants en trottinette électrique pourrait bientôt devenir obligatoire. C’est du moins ce que souhaite mettre en place Laurianne Rossi, députée LaRem des Hauts-de-Seine, à travers une série d’amendements qu’elle a exposée sur les antennes de BFM TV.

Mise à jour du 06/05/2019 : un décret du ministère cité par BFM TV prévoirait de rendre obligatoire le port du casque et des gants aux enfants de moins de douze ans. Laurianne Rossi, de son côté, cherche bel et bien à faire appliquer cette règle à tous les usagers. 


Article original du 02/05/2019

Les trottinettes électriques sont un vrai casse-tête pour les femmes et hommes politiques français, et ce depuis l’été 2018. Voilà maintenant presque un an que ces incontournables deux-roues introduits par une kyrielle d’opérateurs fourmillent dans les rues parisiennes et autres grandes villes françaises. Face à ce succès et à l’utilisation croissante de ces engins disponibles en free floating, le gouvernement veut intervenir.

La mairie de Paris a de son côté pris les devants en interdisant l’usage d’une trottinette électrifiée sur les trottoirs de la capitale, au risque de payer une amende salée de 135 euros. Intégrés au Projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), ces nouveaux bolides appréciés par les citadins seront bientôt soumis à une nouvelle législation que les agglomérations comptent faire respecter.

« Il y a un enjeu de sécurité pour les conducteurs et les piétons »

Mais des élues comme Laurianne Rossi, députée La République en Marche (LaRem) des Hauts-de-Seine, compte élargir leur cadre légal à d’autres règles, comme elle l’a expliqué sur les antennes de BFM TV le lundi 29 avril 2019. « En matière de sécurité, je crois qu’il faut aller beaucoup plus loin et rendre obligatoire à la fois le port du casque et des gants », affirme l’ancienne militante du Parti socialiste.

Pour justifier ses propos, la députée joue la carte des chiffres. « Quand on voit le nombre d’accidents et de blessés, 300 l’an dernier, 5 morts dont un décédé dans les Hauts-de-Seine il y a deux semaines, à Levallois-Perret. Un homme de 80 ans a été heurté par une trottinette et projeté à trois mètres. Il y a un enjeu de sécurité pour les conducteurs et les piétons », clame-t-elle.

Des chiffres qui alarment, certes, sans pour autant être mis en perspective avec le nombre de courses réalisées au quotidien. Laurianne Rossi n’en demeure pas moins déterminée à sécuriser l’usage des trottinettes, et évoque par exemple l’ajout « d’un avertisseur sonore », combiné à « un dispositif réfléchissant à l’avant et à l’arrière, pour se protéger et se signaler », qu’elle ambitionne d’imposer à tous les fabricants.

Immatriculation obligatoire, débridage sanctionné

« S’assurer, une obligation d’assurance : beaucoup de contrats d’assurance de responsabilité civile prévoient d’assurer l’usage de la trottinette. Je pense qu’il faut le généraliser », poursuit la députée. Et d’enchaîner : « Sanctionner le débridage de ces engins : nous avons aujourd’hui des trottinettes trafiquées qui vont jusqu’à 70, voire 80 km/h », s’insurge la femme politique à propos des produits vendus par des fabricants tels que Xiaomi et Segway-Ninebot.

En janvier 2019, un homme debout sur une trottinette électrique a été aperçu sur l’autoroute 86 à plus de 80 km/h. « Je crois qu’il faut donner un véritable statut à ses engins : les intégrer au code la route, au code de la sécurité routière », non sans oublier d’évoquer une « identification », matérialisée par une immatriculation propre à chaque modèle. Autant de mesures qui pourraient dissuader les « plus peureux » à emprunter ces deux-roues, selon elle.