Pourquoi la revente d’électricité solaire est-elle devenue un modèle de moins en moins rentable ?

 
Pour certains segments de panneaux photovoltaïques, les primes et les tarifs de rachat d’électricité ont été revus à la baisse. Les particuliers sont plus que jamais incités à se tourner vers l’autoconsommation et le stockage de leur production.
Les 8 panneaux solaires Anker Solix IBC 455 W // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Comme chaque trimestre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie une mise à jour des tarifs de rachat de l’électricité solaire ainsi que des primes associées. Pour la période allant du 1er avril au 1er juillet 2026, une nouvelle baisse est actée. Si celle-ci reste moins marquée que celle observée en mars 2025, elle confirme une nouvelle tendance. En limitant la rentabilité de la revente, l’État oriente progressivement les producteurs vers l’autoconsommation.

Détails sur les nouveaux tarifs fixés par la CRE

Les coûts restent inchangés pour les installations résidentielles. Concrètement, pour les systèmes inférieurs ou égaux à 9 kWc, le tarif de rachat du surplus est maintenu à 4 c€/kWh, tandis que la prime à l’autoconsommation est toujours fixée à 80 €/kWc. À noter que depuis près d’un an, ces installations ne sont plus éligibles à la vente totale de leur production.

Les baisses concernent les installations de plus grande puissance. Les primes enregistrent une baisse de 14 % par rapport au trimestre précédent, tandis que les tarifs de rachat de surplus reculent de 12 %. Les prix de la vente en totalité ont également baissé d’un trimestre à l’autre, allant de 9,11 à 8,05 c€/kWh pour les installations inférieures à 36 kWc et de 9,12 à 7,00 c€/kWh pour les plus grandes puissances.

Puissance de l’installation≤ 9 kWc9 à 36 kWc36 à 100 kWc
Injection en totalité8,05 c€/kWh7,00 c€/kWh
Injection du surplus4 c€/kWh4,73 c€/kWh4,73 c€/kWh
Primes80 €/kWc120 €/kWc60 €/kWc

Il est à noter que ces ajustements s’appliquent uniquement aux nouvelles installations, dont la demande de raccordement est déposée entre le 1er avril et le 1er juillet 2026. Comme le rappelle la CRE, c’est bien la date de dépôt du dossier de raccordement, et non celle de la mise en service des panneaux, qui détermine le tarif applicable.

L’autoconsommation est désormais plus rentable que la revente

Ces évolutions tarifaires montrent clairement que la revente d’électricité solaire devient de moins en moins rentable. L’autoconsommation devient aujourd’hui la solution la plus avantageuse. En consommant directement leur production, les particuliers évitent d’acheter de l’électricité au tarif réglementé qui est actuellement autour de 19 c€/kWh.

Le calcul est simple : chaque kilowattheure autoconsommé permet d’économiser environ 15 c€, un gain bien supérieur à la revente du surplus qui n’est plus que de 4 c€. Le stockage via des batteries devient naturellement le levier clé pour maximiser la rentabilité d’une installation.

Une stratégie assumée pour inciter à l’autoconsommation

Ces ajustements tarifaires sont une stratégie mise en œuvre par l’État pour accélérer le développement de l’autoconsommation. La baisse progressive des tarifs de rachat constitue l’un des outils mobilisés pour orienter les comportements des producteurs. Car en réduisant l’intérêt de la revente, les pouvoirs publics encouragent une consommation locale de l’électricité produite. L’autoconsommation figure d’ailleurs parmi les priorités identifiées dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Dans les années à venir, les volumes d’électricité issus des petites installations baisseront donc progressivement. Le Médiateur de l’énergie anticipe déjà une évolution des comportements à l’issue des contrats d’obligation d’achat. La majorité des producteurs pourraient, selon l’organisme, renoncer à un renouvellement. Cette année, près de 800 contrats arrivent déjà à échéance.


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