Spotify a dévoilé les montants qu’il reverse aux titulaires de droits d’auteur qu’il s’agisse des artistes directement, des labels, des éditeurs ou autres sociétés de gestion de droits d’auteur. Le service suédois indique ainsi payer entre 0,006 et 0,0084 dollar par chanson écoutée sur la plateforme, ce qui représente au total 1 milliard de dollars depuis le lancement de Spotify en 2008.

spotify

Spotify joue la carte de la transparence. La société de streaming musical a en effet décidé de communiquer sur la rémunération des artistes en y consacrant un site web, spotifyartists.com. L’objectif est de faire taire les détracteurs des services d’écoute musical qui critiquent leur mode de rémunération des artistes.

Au total, Spotify indique avoir reversé 1 milliard de dollars de royalties aux labels, aux sociétés de gestion des droits d’auteur, et aux artistes directement, dont la moitié rien que sur l’année 2013, preuve de la croissance du nombre d’écoutes et d’utilisateurs sur les dernières années. Cela équivaut à un montant de 0,005 à 0,006 euro versé par le service pour chaque chanson écoutée via le service.

La société fait donc passer un message fort avec ce nouvel espace de communication dédié à la rémunération des artistes. Elle veut prouver qu’elle ne contribue pas à l’appauvrissement des interprètes et des compositeurs, et qu’au contraire sa plateforme est une manière de détourner les mobinautes du téléchargement illégal. Spotify entend ainsi devenir « un contributeur de plus en plus important dans la vie financière des artistes« .

Cela pose en revanche un problème quant au modèle économique de la marque qui, rappelons-le, n’est toujours pas rentable. Sur l’exercice fiscal 2012, Spotify enregistrait plus de 59 millions d’euros de perte nette malgré un chiffre d’affaires en forte croissance. Les abonnements représentent la principale source de revenus pour l’entreprise puisque les souscriptions ont rapporté près de 85 % du chiffre d’affaires sur la période. Or pour le moment, seul un quart des utilisateurs choisissent de payer pour un compte Premium. La publicité quant à elle n’est à l’origine que de 13,7 % des revenus. Une situation d’autant plus problématique qu’à mesure que le nombre d’écoutes augmente, le montant des royalties à reverser se multiplie également.