C’est la nouvelle du week-end dans le petit monde des opérateurs télécom français. Bouygues Telecom et SFR sont prêts à coupler une partie de leurs réseaux respectifs. Objectif : faire des économies et peser face à leurs concurrents.

Orange SFR Bouygues

Selon Les Échos, le carré rouge et la branche télécom du géant du BTP sont prêts à se marier. Tout commence au mois de juillet dernier. SFR et Bouygues entament des négociations exclusives : l’idée de mutualisation des réseaux est élaborée. Ce ne serait qu’à partir de vendredi prochain que les conseils d’administration des deux entreprises devraient entériner le fruit de leurs négociations. Dans les faits, les deux opérateurs monteraient une co-entreprise, exploitant une partie des deux réseaux. Son rayon d’accès s’étendrait alors à tout le territoire, à l’exception des grandes villes. On pourrait voir alors, si l’accord est confirmé, pousser des antennes communes en France. Ce serait une première.

Ce mariage de raison ressemble de près à une union dictée par la nécessité : le paysage concurrentiel des télécoms impose à chaque opérateur de se lancer dans la course aux économies. La mutualisation du réseau est une illustration de cette réalité. Cette association promet également un meilleur positionnement face à Orange et Free Mobile. Rien ne montre cependant que Bouygues et SFR veuillent fusionner complètement pour donner naissance à un super-opérateur français. Cette hypothèse est peu probable. Premièrement, on peut douter que ce projet reçoive la bénédiction du gouvernement français et de l’Autorité de la concurrence. Deuxièmement, si l’on réfléchit bien, France Telecom (ancienne entreprise d’état détenant le monopole des télécommunications) a été privatisé en 1997 pour faire profiter le consommateur des meilleurs prix sur les forfaits grâce à la concurrence entre les opérateurs. Plus de 15 années après l’ouverture du capital de France Telecom, il est intéressant de se retrouver dans une situation où les opérateurs cherchent plus à se regrouper qu’à se concurrencer.