On connaît certainement plus Netatmo pour sa station météo connectée, et pourtant, plus qu’aux météorologues en herbe, la firme française s’adresse aux femmes. C’est du moins le discours qu’elle tient avec son bracelet June destiné à mesurer l’exposition au soleil de ses porteuses.

June

Je suis la première à regretter que les bracelets connectés ne s’adaptent encore que peu aux petits poignets féminins. Mais June est-elle la solution ? On est en droit de s’interroger. Faisons le topo sur la bête avant de rentrer dans le débat : June, de son petit nom féminin rappelant le premier mois de l’été, ou l’inverse d’ailleurs, se présente comme un bracelet en cuir surmonté d’un élément à facettes argentées au centre duquel se cache un capteur. Encore un élément destiné à mesurer tout et n’importe quoi dans votre vie ? Pas tout à fait, car ce module permet de mesurer l’exposition au soleil de son porteur. Pardon, de sa porteuse. Le bracelet est connecté à une application ad hoc – pour l’instant uniquement disponible sur iOS mais appelée à être déployée sur Android lorsque le Bluetooth Low Energy, la technologie permettant de connecter le bracelet au smartphone, sera suffisamment déployée sur Android, c’est-à-dire quand les versions 4.3 et 4.4 seront majoritaires sur le marché. L’appli en question se charge d’indiquer le nombre d’heures passées au soleil, la quantité d’UV reçue par la peau, et conseille celle qui porte June en fonction de son type de peau. Elle pourra ainsi recevoir une notification lorsqu’elle aura atteint son temps d’exposition maximal, et ainsi éviter le fameux coup de soleil.

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Le bracelet connecté au féminin, est-ce June ?

Première impression à la vue de June : certes, c’est un bijou, comme le veut Netatmo, mais un bijou tout de même relativement encombrant, même si on apprécie l’effort de la marque, qui est parvenue à dissimuler son capteur au milieu des facettes de son élément central. Mais pourquoi ne pas l’avoir designé pour un ciblage mixte ? De fait, Netatmo s’appuie sur un discours marketing à mon sens paradoxal : il s’agirait de faire de cet appareil un outil de santé publique : « L’exposition aux UV peut provoquer des coups de soleil et entraîner le vieillissement prématuré de la peau, même lorsque la sensation de soleil est réduite.« , lit-on chez Netatmo. Ce qui, sauf erreur de ma part, est loin de ne concerner que les femmes. Pourquoi ne pas en avoir créé une mouture enfants, pour que les femmes, puisque l’on parle d’elles, puissent protéger leur progéniture ? Ou mieux : en proposer une version unisexe, que ces messieurs, certainement eux aussi convaincus que jouer les écrevisses sur les plages ensoleillées ne présage rien de bon pour l’avenir de leur peau, auraient pu porter aux beaux jours de l’année ?

En filigrane, on lit dans la démarche de Netatmo la difficulté à adapter le bracelet connecté aux femmes. Encombrants et disgracieux sur les frêles poignets féminins, ils représentent un véritable challenge pour les constructeurs qui ne souhaitent pas se cantonner aux bracelets sportifs – dans leur cas, rares sont ceux et celles qui se préoccupent véritablement de leur look. Pour trouver le design approprié, il a fallu trouver l’usage : et c’est certainement là que Netatmo se fourvoie le plus précisément, laissant tout de même entendre sans vergogne que la donzelle, pas bien futée dans son genre, passe beaucoup plus temps que ses homologues testostéronés à dorer au soleil. À l’homme la montre qui sait tout faire et à sa compagne le bracelet pour accros à la bronzette… à tout de même 95 euros l’unité (en argent, doré ou « canon de fusil »). Dommage, car en soi, l’idée était méritoire et son intégration physique, réussie.

Le June de Netatmo en photos

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