Orange et Google mèneraient des discussions pour la création d’un Internet à plusieurs vitesses.

Il y a quelques mois, France Telecom avait émis l’idée de faire payer les fournisseurs de contenu comme Google, pour le trafic qu’ils génèrent. Cela permettrait donc à l’opérateur de financer ses coûts à la fois par les abonnements, mais aussi par les géants du web. Bien évidemment, Google s’était opposé à cette idée, car il investit déjà plusieurs centaines de millions d’euros chaque trimestre dans ses propres infrastructures.

Mais l’arrivée des smartphones sur le marché a augmenté de manière exponentielle le trafic de données sur le réseau. Des investissements importants ont été nécessaires sur les infrastructures, afin de pouvoir répondre à ce flux de requêtes. Même si les forfaits avec une connexion à Internet « illimité » sont plus chers (et rapidement bridé, après une consommation d’un certain volume), les revenus des opérateurs ne sont pas proportionnels aux données.

C’est dans ce cadre que le PDG d’Orange, Stéphane Richard a indiqué aux investisseurs, que l’opérateur allait s’associer avec Google pour améliorer la qualité de son réseau. L’objectif serait « une connexion plus stable, plus rapide ou prioritaire« . D’autres acteurs d’Internet seraient également de la partie, mais ne se sont pas encore affichés officiellement. Très vraisemblablement, il devrait s’agir des géants de la Silicon Valley. En contrepartie, ce service coûtera plus cher à l’abonné. Un service plus basique (et bridé ?) sera quant à lui toujours proposé. On assisterait donc à un Internet mobile à deux vitesses.
En parallèle, Google serait en train de réfléchir pour inclure dans ses applications Android, des outils permettant de mesurer sa consommation de données. Le géant de la recherche optimiserait également les algorithmes de ses sites, afin qu’ils soient moins consommateurs. Mais ce n’est pas une nouveauté, car l’objectif de Google a toujours été d’accélérer Internet.

« Larry Page m’a dit qu’ils étaient ouverts d’esprit sur ce sujet et prêts à ouvrir des discussions. »

Orange a compris que faire payer les fournisseurs n’était pas possible pour l’instant. Mais cette nouvelle décision de rééquilibrage des rôles semblent convenir :

« Est-ce qu’ils vont payer pour investir à nos côtés dans les capacités de réseau ? Non. Mais si la question est de savoir s’ils sont prêts à collaborer avec nous pour développer des usages plus intelligents du réseau ainsi que pour éduquer les consommateurs, alors oui. »

On pourrait donc voir une option YouTube, pour s’assurer d’avoir toujours une connexion stable. De même pour Facebook, Twitter… On assisterait alors à l’Internet du pauvre contre l’Internet du riche et la remise en cause de la neutralité du net. Une solution pourrait être de voir chez le concurrent. Mais l’entente sur les prix, d’il y a quelques années, montre que les opérateurs sont tous liés entre eux.

Cette information n’est pas pour l’instant confirmée par Orange, car provenant d’une journée accordée aux investisseurs du groupe France Telecom. En revanche, Reuters qui rapporte cette information, indique que l’annonce officielle pourrait arriver dans quelques semaines.

Il ne faut pas oublier qu’il y a quelques jours, Orange mettait en garde sur l’effondrement du réseau :

« Aujourd’hui, 10% de nos clients consomment 70% de la bande passante, on ne peut plus s’en tenir aux structures tarifaires actuelles. Nous nous dirigeons vers des offres segmentées pour accéder aux services en fonction des besoins du client. Certains, comme les professionnels, paieront des forfaits Premium pour un débit garanti, d’autres auront accès des forfaits qui prendront en compte tel ou tel usage. »

« Personne ne le dit assez fort, mais la réelle menace est un effondrement général ou localisé du réseau. »

S’agissait-il d’une déclaration avec de réelles menaces ou bien un discours venant introduire le futur Internet à plusieurs vitesses ?

Sources : Numérama et PCInpact