Cette année se veut l’année du changement pour Sony qui a abandonné sa gamme Xperia Z, sa principale tête d’affiche depuis 2013, pour la remplacer par la gamme Xperia X. Celle-ci se compose cette année de trois appareils, le Xperia X, le Xperia X Performance et le Xperia XA. Ce dernier est le seul à embarquer une puce MediaTek et des caractéristiques techniques légèrement moins élevées afin de proposer un tarif avantageux. Cela suffit-il à le rendre attractif ?

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Fiche Technique

Des trois, le Xperia XA est le smartphone le moins puissant de la gamme. Il n’est toutefois pas dépourvu d’intérêt, notamment grâce à ses compromis qui rendent son prix bien plus abordable que ses deux congénères, dont les qualités sont certes indéniables, mais qui perdent en crédibilité en raison de leur placement tarifaire.

Modèle Sony Xperia XA
Version de l'OS Android 6.0 (Marshmallow)
Interface Xperia UI
Taille d'écran 5 pouces
Définition 1280 x 720 pixels
Densité de pixels 294 ppp
SoC Mediatek MT6755 Helio P10
Mémoire vive (RAM) 2 Go
Mémoire interne (flash) 16 Go
Appareil photo (dorsal) 13 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 8 Mégapixels
Enregistrement vidéo 1080p
Wi-Fi Oui
Bluetooth
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) microUSB
Géolocalisation Oui
Batterie 2300 mAh
Dimensions 143,6 x 66,8 x 7,9 mm
Poids 137,4 grammes
Couleurs Rose, Jaune, Blanc, Noir charbon
Prix 170 euros
Fiche produit

 Le charme de l’écran borderless à la sauce plastique

Depuis quelque temps, Sony aime proposer des écrans aux bords extra fins, et tout particulièrement sur ses appareils de milieu de gamme. Un choix étonnant, mais qui permet au Xperia XA de se démarquer de ses deux compagnons de par son design. Il est vrai qu’au premier coup d’œil, cette dalle vitrée donnant l’impression de n’avoir aucune limite si ce n’est les doigts de l’utilisateur. Cet effet est d’ailleurs renforcé par sa vitre 2,5D qui le rend en outre très agréable à manipuler.

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Tout comme les Xperia X et X Performance, le XA affiche des tranches tout en rondeurs qui caressent la paume de la main lors de l’utilisation. C’est là le plus grand point fort de la gamme Xperia X sur la gamme Z, dont les bords étaient trop acérés. Sur le bord, on retrouve comme toujours les boutons physiques du téléphone, dont le petit cercle d’alimentation des anciens Xperia Z (avant l’apparition du capteur d’empreintes), le volume, ainsi que le déclencheur d’appareil photo. Les deux premiers sont placés légèrement trop bas pour une utilisation à la verticale (la plus courante pour un smartphone), tandis que le dernier, positionné tout en bas de la tranche, est directement pensé pour une utilisation en mode paysage. Ces quelques détails peuvent nuire à l’utilisation quotidienne, même si l’on ne doute pas qu’avec un peu de temps et d’habitude, cela n’est pas un réel problème.

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Enfin, si les finitions globales sont bonnes, le revêtement de la coque arrière en plastique rend l’appareil moins qualitatif que certains des autres appareils de la marque ou de ses concurrents proposés à prix équivalent. Par ailleurs, quelques jours dans une poche avec un trousseau de clés ont laissé une vilaine marque sur ce plastique apparemment peu solide.

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Écran

En dehors de ses bordures très fines, l’affichage du Xperia XA n’est pas exceptionnel sur le papier en raison de sa définition HD 720p pour une diagonale de 5 pouces, ce qui équivaut à une résolution de 294 ppp. Tous ceux qui ont l’habitude d’appareils dépassant les 300 devraient facilement s’en rendre compte à l’œil nu à la vue de certains éléments, notamment du texte. Ses angles de visions pourraient également être meilleurs, les zones sombres perdant rapidement en lisibilité dès lors que le téléphone est légèrement incliné.

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En dehors de ce détail, la dalle choisie par Sony ne souffre d’aucun défaut particulier. Sa luminosité tourne autour de 430 cd/m², ce qui est suffisant pour une utilisation même en plein soleil et son contraste de 1200:1 se trouve également dans la bonne moyenne. Enfin, la colorimétrie est bonne, avec une saturation parfaitement homogène et une température des couleurs à peine plus élevée que l’idéal, mais cela peut être réglé depuis les paramètres du téléphone.

Ceux qui aiment avoir le choix trouveront dans les menus une option intitulée « Amélioration d’image » permettant de permuter entre les modes « très vif », « BRAVIA Engine 2 » et normal. On regrette cependant que Sony n’ait intégré que son moteur Bravia, concentré sur les couleurs, plutôt que le X-Reality que l’on retrouve sur le Xperia X par exemple et qui améliore aussi bien les couleurs que la netteté d’image. Cela reste cependant une appréciation personnelle qui dépendra des goûts de chacun.

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Xperia UX : une interface en nette amélioration

Sans révolutionner la roue, l’interface de Sony est devenue très fréquentable sur ses dernières versions. Ici, le Xperia XA est installé sous Android 6.0 Marshmallow et dispose de Xperia UX, avec ce que cela comprend de petites fonctionnalités supplémentaires bien pensées ajoutées à un logiciel proche de ce que propose naturellement Google.

Parmi les nouveautés appréciables, on peut citer la page de suggestions dans le tiroir d’applications, le bouton permettant de fermer toutes les tâches d’un coup, le choix de l’effet de transition des volets d’accueil, le double-tap sur une zone vide pour mettre en veille le téléphone et d’autres encore. La plupart existent déjà chez d’autres constructeurs, mais on apprécie leur intégration homogène ici.

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Pour ce qui est de la partie purement esthétique, les icônes manquent de modernité et les grosses icônes colorées dans les paramètres font très enfantines. La boutique de thèmes quant à elle est très variée et offre des changements appréciables, modifiant des éléments comme le bouton du tiroir d’applications ou encore la couleur de la barre de réglage de luminosité. Néanmoins, beaucoup sont payants et les deux griefs d’icônes évoqués plus haut n’en sont pas altérés.

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Enfin, on regrette la présence au lancement d’applications superfétatoires comme SwiftKey, AVG Protection ou la boutique Amazon. Fort heureusement, elles peuvent toutes être supprimées.

Performances : attention au coup de chaud

Sony positionne son Xperia XA comme un milieu de gamme avec son SoC MediaTek Helio P10 composé de huit cœurs Cortex-A53 et 2 Go de RAM. Ses plus proches concurrents sont donc les Oppo F1 (S616 + 3 Go) et Oppo F1 Plus (Helio P10 + 4 Go), mais aussi le Honor 5X (S616 + 2 Go). Avec son écran moins dense (720p contre 1080p pour les autres), on peut néanmoins s’attendre à moins de ralentissement sur les affichages les plus gourmands.

 Sony Xperia XAOppo F1 PlusOppo F1Nexus 5X
Ecran720p1080p720p1080p
SoCMediaTek MT6755 (Helio P10)MediaTek MT6755 (Helio P10)Snapdragon 616Snapdragon 808
AnTuTu 6.x47 886 points51 717 points35 575 points52 791 points
PCMark4 789 points4 010 points3 826 points4 316 points
3DMark Ice Storm Unlimited General11 486 points11 184 points9 064 points18 849 points
3DMark Ice Storm Unlimited Graphics11 090 points10 882 points9 148 points21 993 points
3DMark Ice Storm Unlimited Physics13 125 points12 389 points8 780 points12 563 points
GFXBench (Manhattan offscreen / onscreen)7,2 / 15 FPS7 / 7,1 FPS5,9 / 12 FPS11 / 11 FPS
GFXBench (T-Rex offscreen / onscreen)18 / 28 FPS17 / 17 FPS15 / 25 FPS-
Real Racing 3 (Gamebench)31 FPS24 FPS

Sans surprise, à processeur égal, le Xperia XA surpasse donc l’Oppo F1 Plus et le Nexus 5X dans les benchmarks dès lors que le test se base sur l’affichage de graphismes en 3D, mais aussi sur PCMark, qui fait davantage appel à des calculs physiques.

PCMark
  • Xperia XA : 4789
  • Oppo F1 Plus : 4010
  • Nexus 5X : 4316

Le SoC Helio P10 ne se laissant pas approcher aussi simplement avec Gamebench, nous ne pouvons pas analyser son comportement exact. Nous pouvons cependant constater à l’œil nu que le Xperia XA s’en sort très bien, même sur les jeux les plus gourmands, et ce malgré sa tendance à rapidement chauffer. Il refroidit cependant tout aussi vite.

Photos : peut mieux faire

Noter la partie photo du Xperia XA n’est pas chose aisée tant il est capable du meilleur comme du moins bon (non, pas le pire, n’exagérons pas). Quand toutes les conditions sont réunies, le rendu des images est généralement bon, avec un piqué tout à fait correct et une gestion de la luminosité et des couleurs qui ne laisse rien à redire. Enfin, dans la majorité des cas, puisqu’il arrive, sans raison valable, qu’une partie de la photo soit bouchée ou cramée. Ce qui est d’autant plus étonnant que même à contre-jour il ne s’en sort pas si mal…

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Un résultat plus que suffisant

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Toutes les conditions étaient pourtant réunies…

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Un rendu plutôt sympa pour un contre-jour

Le plus gros point fort du Xperia XA est certainement sa gestion du flou d’arrière-plan qui donne à certains clichés un effet bien supérieur à ce que l’on attend d’un smartphone. C’est malheureusement un cadeau empoisonné, puisque dans certaines conditions la profondeur de champ est bien trop limitée.

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En intérieur et en conditions difficiles, le résultat est tout juste passable. On y perd visiblement aussi bien en terme de netteté que de justesse des couleurs. La gestion de la luminosité est beaucoup plus difficile et les contrastes partent parfois à vau-l’eau.

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À son meilleur, le Xperia XA est donc très bon, mais on trouve, malheureusement pour lui, des appareils presque aussi bons pour moins cher et ayant le bon goût d’être plus constants.

L’application photo de Sony est également très limitée sur ce Xperia XA. On remarque par exemple l’absence du mode HDR pourtant présent sur le Xperia X, ou encore son mode manuel famélique qui ne permet que de corriger la balance des blancs et l’exposition. Oubliez les poses longues ou la gestion de la profondeur en réglant l’ouverture. Quant aux effets supplémentaires (réalité augmentée, visage dans l’image, effet créatif…), ils n’amuseront que quelques minutes les plus grands.

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GPS et communications

Le Xperia XA supporte, sur son unique port nanoSIM, la 4G de catégorie 4, avec un maximum de 150/50 Mbps donc. Lors de nos tests, il s’est néanmoins montré moins véloce que certains autres appareils avec un maximum tournant à 40 Mbps là où un autre téléphone équipé de la même puce montait à plus de 90. Il dispose cependant de toutes les bandes de fréquences françaises, ce qui est un avantage sur les smartphones chinois importés.

En région parisienne, nous n’avons noté aucun problème de réception, et les communications ont toujours été parfaites, sans le moindre grésillement du micro ou du haut-parleur et avec une bonne isolation des bruits alentour.

Enfin, pour ce qui est du GPS, il fixe très rapidement (moins de 3 secondes) assez de satellites pour sa première géolocalisation (à 20 mètres près). Il demande néanmoins un petit temps supplémentaire avant de trouver la position exacte de l’utilisateur sur une carte. La boussole, quant à elle, semble n’en faire qu’à sa tête, pointant toujours la même direction, quelle que soit l’orientation du téléphone…

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Autonomie

Bien que sa batterie ne soit pas bien grande (2300 mAh seulement), le Xperia XA avait de quoi promettre une bonne durée de vie grâce à son écran 720p et son SoC composé uniquement de cœurs Cortex-A53 à la consommation énergétique assez faible. Pourtant, il est relativement décevant sur ce point.

Lors de notre test habituel d’autonomie, consistant à visionner une vidéo HD d’une heure sur YouTube en WiFi avec l’écran réglé à 200 cd/m², le Xperia XA a perdu 18 % de batterie, ce qui est mauvais. À titre de comparaison, la moyenne de 2015 tourne autour de 14 % et bon nombre des terminaux sortis en 2016 s’approchent davantage des 10 %.

Batterie restante après test :

Test autonomie
  • Xperia XA : 82
  • Xperia X : 86
  • Oppo F1 Plus : 89
  • Nexus 5X : 82

Ce test se confirme d’ailleurs au quotidien avec une perte très rapide d’autonomie, notamment lors des utilisations les plus poussées qui font fondre les 2300 mAh à vitesse grand V.

Heureusement, 2300 mAh ne prennent pas trop de temps pour se recharger complètement, et les modes Stamina et Ultra Stamina permettront de tenir les journées les plus longues. Sans plus.

 

Prix et disponibilité

Le Xperia XA est d’ores et déjà disponible chez certains revendeurs au prix de vente conseillé de 299 euros. On le trouve néanmoins légèrement moins cher (15 euros de moins environ) sur certaines boutiques.

Test Sony Xperia XA Le verdict

design
8
Si un téléphone n'étais noté que sur son design, le Xperia XA serait très bien placé. Avec son écran 2,5D borderless et ses bordures tout en rondeurs, le Xperia XA est aussi mignon qu'agréable en main. On regrette cependant ses finitions tout en plastique (même si elles restent bonnes) et ses boutons positionnés un peu bas.
écran
7
L'écran du Xperia XA n'est pas mauvais en soi, notamment en raison de sa forte luminosité et de ses couleurs plutôt justes. On regrette néanmoins la présence d'un écran seulement 720p pour son prix et ses angles de vision qui pourraient être meilleurs.
logiciel
7
Avec Marshmallow, Sony a significativement amélioré son interface, qui devient désormais tout à fait fréquentable. Elle pourrait encore être améliorée, notamment au niveau de ses icônes, de ses paramètres au design enfantin et par l'ajout de quelques fonctionnalités supplémentaires, même s'il y en a déjà pas mal.
performances
8
Avec son SoC dépourvu de cœurs haute performance et ses 2 Go de RAM, le Xperia XA semble se satisfaire du minimum pour entrer dans l'ère des smartphones de 2016. Toutefois, son écran 720p aidant, il offre une fluidité très stable que ce soit sur son interface ou sur les jeux les plus gourmands.
caméra
7
Dans l'ensemble l'APN du Xperia XA est de bonne qualité et réalise de très bons clichés lorsque toutes les conditions sont réunies. Il est malheureusement trop inconstant et rate quelques photos qu'il ne devrait pas.
autonomie
6
Comptez une journée d'autonomie, bien chargée si vous utilisez le mode Stamina à bon escient. À moins d'activer l'Ultra Stamina ou de ne jamais allumer votre écran, n'espérez pas tenir deux jours complets.
Note finale du test 6/10
Le Xperia XA est loin d'être un mauvais smartphone. Mignon comme tout, agréable en main, un hardware au niveau, un software perfectible, mais globalement bien pensé... Ses qualités ne manquent pas, c'est certain.

Et pourtant, il peine à satisfaire tant il reste bien trop moyen pour son prix. Entre son écran un peu léger qui ne lui permet même pas d'avoir une autonomie décente, son appareil photo trop inconstant pour être fiable et ses quelques autres petits défauts que l'on peut rencontre de-ci de-là, il peine à justifier ses 300 euros.

Si un tel smartphone aurait pu se révéler intéressant voilà quelques années de cela, le Xperia XA doit aujourd'hui rivaliser avec un marché très compétitif qui propose, dès 200 euros, des appareils de qualité quasi égale. 100 euros l'écran borderless et la marque, c'est un peu cher payé.
  • Points positifs
    • Écran lumineux et à la colorimétrie agréable
    • Une interface en net progrès
    • Des performances suffisantes
    • Design soigné
  • Points négatifs
    • APN erratique
    • Faible autonomie
    • Les boutons de volume un peu bas
    • Trop cher