Bouygues Telecom n’a pas confirmé le plan social évoqué par les syndicats cette semaine. Mais aujourd’hui, c’est un rachat de l’opérateur par Orange qui est à l’affiche.

Bouygues Telecom

Si l’on parle cette semaine de Bouygues Telecom, c’est bien peu pour l’actualité de ses offres télécoms, mais bien pour l’avenir économique de la société. Les syndicats évoquaient chez la firme, filiale du géant hexagonal du BTP, un risque de plan social massif pouvant aboutir au licenciement de près de 2000 employés. Tout cela devant être confirmé lors du Comité Central d’Entreprise tenu cet après-midi par Bouygues Telecom. Son équipe dirigeante n’y a toutefois pas confirmé les licenciements ainsi évoqués, mais ont posé les jalons d’une restructuration visant à réaliser 300 millions d’euros d’économies d’ici 2016. Avec des « conséquence sociales » inévitables, mais toutefois ne devant pas nécessairement toucher 20 % des effectifs de Bouygues Telecom (9000 employés au total). Il est également question de simplifier les offres de l’opérateur en une « petite dizaine » de formules.

Pour pallier les difficultés de Bouygues Telecom, enferré dans une situation délicate, entre perte du marché SFR, résultats en baisse du côté du mobile et parc d’abonnés fixes insuffisant, l’opérateur serait en cours de négociations avec son concurrent Orange, dont l’État détient toujours un cinquième des actions. « Le Pdg de l’opérateur historique Stéphane Richard et Martin Bouygues en ont parlé en direct à plusieurs reprises. Le gouvernement a été tenu au courant« , peut-on lire dans les colonnes des Echos, bien qu’aucune information officielle de la part des deux parties n’ait encore filtré. Selon nos confrères, Bouygues serait valorisé plus de 6 milliards d’euros auprès d’Orange, tandis que Free ne monterait pas les enchères au-dessus des 4 à 5 milliards d’euros. Les actionnaires pourraient être rétribués en titres d’Orange, jusqu’à atteindre 10 % des actions de l’opérateur.

 

La question de la concurrence

Sans surprise, les Echos rapportent que le gouvernement serait favorable au rapprochement. De fait, les derniers jours ont été émaillés par les sorties d’Arnaud Montebourg, favorable au retour à trois opérateurs en France, lui qui a quelques semaines plus tôt soutenu le rachat de SFR par Bouygues Telecom. Le ministre n’est d’ailleurs pas seul sur ce point, les syndicats voyant l’opération d’un œil favorable. Du moins les représentants du syndicat CFE-CGC d’Orange et Bouygues, qui voient là le moyen d’épargner les emplois menacés par un plan social, et de favoriser l’accroissement d’un réseau de qualité Orange. Toutefois, la difficulté intervient du côté de la concurrence : en cas de fusion Orange-Bouygues Telecom, l’opérateur historique détiendrait une écrasante majorité des clients mobiles français, mettant SFR et Free Mobile dans une posture difficile. À moins que, comme en cas de rachat de SFR par Bouygues, le troisième opérateur hexagonal choisisse de céder une partie de ses antennes mobiles à Free, ou qu’Orange préfère la voie de la mutualisation d’une partie de leurs deux réseaux.