Stéphane Richard, PDG d’Orange, s’est exprimé ce lundi sur BFM Business. Plusieurs sujets ont été évoqués, dont la neutralité du Net. Pour l’homme d’affaires, un Internet à deux vitesses est une « obligation ».

En pleine période électorale afin d’assurer sa propre succession à la tête d’Orange pour un troisième mandat, Stéphane Richard est passé sur BFM Business, pour évoquer son bilan, mais aussi ses projets pour les années à venir. Mais au-delà des questions propres à l’entreprise, comme le déploiement de la 5G ou encore Orange Bank, Stéphane Soumier, journaliste de la chaîne, a également interrogé le numéro un des télécoms français au sujet de la neutralité du Net, un sujet créant une forte polémique ces derniers temps.

Rappel des faits

La neutralité du Net est une règle obligeant les fournisseurs d’accès à Internet à traiter tous les services et tous les éléments du réseau de la même manière. Ils ne peuvent ainsi pas privilégier certaines sources de trafic plutôt que d’autres. Ce principe, longtemps resté tacite et entériné aux États-Unis par le gouvernement d’Obama en 2015 va être revu ce 14 décembre par la FCC, organisme officiel, mais aussi ardent détracteur de cette égalité.

On peut donc s’attendre à ce que la neutralité du Net disparaisse sous peu aux États-Unis, et si cela ne devrait pas avoir d’impact direct pour l’Europe, il existe toujours le risque que le modèle mondial se calque sur celui des États-Unis.

Le débat commence

C’est donc dans ce cadre que la question est posée à Stéphane Richard, à la tête du plus important opérateur fixe et mobile de France, et sa réponse est directe. « C’est une obligation », affirme-t-il, évoquant l’Internet à deux vitesses.

Il pondère cependant rapidement ses propos en expliquant que les opérateurs ne veulent pas « fouiller les contenus et faire un tri », mais donner davantage de possibilités aux technologies à distance nécessitant une latence faible et une vitesse élevée, comme l’IoT et notamment les voitures autonomes.

Difficile pourtant de croire que ce serait là le seul affinage du réseau que se permettraient les opérateurs s’ils avaient les pleins pouvoirs sur nos débits. L’histoire nous l’a d’ailleurs déjà montré avec les débits de YouTube pour les abonnés Free à une époque ou encore le bridage de certains fournisseurs de services d’Orange (Cogent ou Opentransit en l’occurrence) qui a provoqué des ralentissements de certaines plateformes comme Twitch.

Reste à savoir si le gouvernement français suivra celui de Donald Trump ou au contraire protégera la neutralité du Net…

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