Play Store : le projet secret de Google pour améliorer Gemini

 
Via le Play Store, Google propose en douce à des développeurs de racheter le code de leurs applications Android pour entraîner son IA.
La page de l’application Gemini dans le Play Store // Source : Frandroid

Partagez votre code et gagnez de l’argent. Voici peu ou prou l’essence du message reçu par certains développeurs publiant leurs applications sur le Play Store. Qui a envoyé ce mail ? Google, qui resserre depuis des mois son emprise sur l’écosystème Android.

404 Media a pu avoir accès au contenu du message par le biais d’un développeur qui a préféré garder l’anonymat, mais dont l’application a été téléchargée plusieurs millions de fois sur le Play Store.

« Projet pilote confidentiel »

Ainsi, Google propose aux personnes concernées de « participer à un projet pilote confidentiel ». Celui-ci doit leur permettre de « générer des revenus supplémentaires grâce à leurs applications ».

« Gagnez de l’argent en partageant le code qui fait fonctionner vos applications, ainsi que vos projets archivés », écrit la firme de Mountain View dans son mail. Le géant du web précise par ailleurs que le développeur, s’il accepte, conservera ses droits de propriété intellectuelle sur le code en question et qu’il ne s’agit pas d’une licence exclusive.

Gemini // Source : Frandroid

Google en profite aussi pour essayer de vendre du rêve : « qu’il s’agisse du code de production actif qui alimente votre application actuelle ou d’archives de prototypes et de projets parallèles qui ne sont plus utilisés, ce code pourrait receler une valeur inexploitée ». « C’est une occasion unique de contribuer à la transformation des outils et des produits, de soutenir l’écosystème des développeurs et de générer de nouveaux revenus », affirme par ailleurs la multinationale.

Aucune mention n’est directement faite à l’intelligence artificielle ni à Gemini. En revanche, comme le précise 404 Media, un lien dans le mail renvoie vers une page consacrée aux « partenariats pour améliorer nos produits d’IA ». Ça laisse peu de place au doute quant à la finalité de la manœuvre.

La stratégie de Google

Sur cette page, justement, Google explique qu’il ne veut pas se contenter des données disponibles librement sur le web et que toutes les intelligences artificielles ont déjà farfouillé de fond en comble.

La firme veut enrichir son IA en payant pour le partage « de contenus non accessibles au grand public dans divers formats multimédias ». Comprenez donc que Google veut du code fonctionnel, robuste et testé en conditions réelles sur lequel entraîner son IA (Gemini vraisemblablement).

Rattraper Claude et Copilot

Pourquoi Google se lance-t-il dans un tel projet confidentiel ? Tout simplement parce que, même si Gemini est très puissant à bien des égards, sur la génération de code, Google estime devoir combler son retard. En 2026, les benchmarks sont au coude-à-coude : sur SWE-bench Verified, Gemini 3.1 Pro (environ 80,6 %) talonne Claude Opus 4.6 (environ 80,8 %).

Mais Claude Code reste la référence pour le travail multi-fichiers complexe, et c’est là que Google veut progresser (et a déjà fait des progrès avec la génération 3.5 de Gemini).

Pour rattraper ce retard, Google ne veut donc plus se contenter de la matière première librement accessible sur Internet. « Nous avons constaté que le code issu de la pratique s’avérait utile pour le développement de nos produits et services dans un large éventail de cas d’utilisation, qu’il s’agisse de comprendre des logiques complexes ou d’élaborer des évaluations de code et des tests de performance. Votre code testé en production peut nous être directement utile », écrit la firme.


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