
Yvette Cooper, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, n’a pas choisi la métaphore la plus douce. Dans une tribune publiée lundi par le think tank Chatham House, elle affirme que l’IA fait courir un risque de type « Hiroshima » à l’humanité si les gouvernements ne s’accordent pas pour encadrer son développement. Le parallèle avec le nucléaire est assumé, et la formule n’a rien d’anodin.
L’argument de la ministre travailliste tient en une phrase. Pour le nucléaire, elle rappelle que l’accord international n’est venu qu’après que le monde a vu la « puissance terrifiante » de la technologie à Hiroshima. Sa conclusion ? On ne peut pas se permettre d’attendre un équivalent d’Hiroshima pour l’IA avant d’agir.
Un appel aux États-Unis et à la Chine
Au cœur de son message, on trouve le vide juridique actuel. Cooper pointe qu’il existe des accords entre grandes puissances sur le nucléaire, mais rien de comparable sur l’IA. Elle appelle donc les deux poids lourds du secteur, les États-Unis et la Chine, à s’entendre sur des règles internationales. Elle est allée plus loin dans un entretien au quotidien britannique The Guardian, où elle prédit que « l’IA va finir par devenir le principal enjeu de politique étrangère auquel nous serons confrontés au cours des deux prochaines années. »
Groupes criminels soutenus par des États, menaces hybrides, organisations terroristes, voilà les utilisateurs qui attisent les craintes de la ministre britannique.
La sortie de la ministre ne tombe pas au hasard. Début juillet, le panel scientifique de l’ONU sur l’IA a averti que l’écart entre des capacités qui progressent vite et des méthodes de gestion des risques encore faibles pourrait mener à des issues catastrophiques. Le calendrier colle : la diplomatie britannique s’appuie sur ce constat pour pousser son agenda.
Et l’Europe dans tout ça ?
Le Royaume-Unis fait bande à part depuis le Brexit. La Commission européenne potasse le sujet de l’IA avec son AI Act qui est le premier cadre juridique pour encadrer ces avancées. L’Europe n’adopte pas forcément le ton catastrophiste de la ministre britannique, mais elle partage l’idée centrale qu’il ne faut pas attendre un désastre pour agir.
L’AI Act traduit justement cette philosophie : interdire certains usages, encadrer les systèmes à haut risque et mettre en place des mécanismes de gouvernance et de contrôle dans tous les États membres.
Et ça commence dès août 2026 avec des icônes pour étiqueter les contenus générés par IA et ainsi enrayer les deepfakes, notamment.
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