Trois ans après ChatGPT, la moitié de la population française reste méfiante vis-à-vis de l’IA

 
L’intelligence artificielle a bouleversé notre rapport aux outils numériques, mais n’a pas encore complètement gagné ses lettres de noblesse dans l’Hexagone, nous explique le dernier rapport de l’Arcep.
Cette photo a été générée par IA, avec Midjourney V5 par Frandroid

La révolution de l’IA générative est bel et bien là. En un peu plus de trois ans, cette technologie est déjà massivement entrée dans les usages des Françaises et des Français, selon le dernier baromètre du numérique établi par l’Arcep. Suivant le taux d’équipement et les usages année après année, le gendarme des télécoms s’est intéressé de près à ChatGPT et consorts pour son édition 2026.

On y apprend que l’IA générative est désormais utilisée par 48 % de la population, une hausse notable de 15 points en un an. Une rapidité d’adoption inédite (il avait fallu sept ans au smartphone pour en arriver là), mais qui cache quelques contrastes et nuances.

Des différences selon les milieux sociaux

Ce sont d’abord et avant tout les populations les plus jeunes et les plus aisées qui ont massivement recours aux outils d’IA générative. 85 % des 18-24 ans y ont recours, contre 15 % des 70 ans et plus. Les deux tiers des diplômés du supérieur et des cadres y ont recours, contre 38 % chez les ouvriers, par exemple. Pourtant, « l’adoption de l’IA générative relève d’abord d’une pratique personnelle (42 % des Français), avant l’usage professionnel (30 % des actifs) », relève l’Arcep. La distinction se fait plus sur des questions de classe sociale pure que de professions, donc.

Au grand jeu de la course à l’IA, c’est ChatGPT qui remporte la couronne du service le plus populaire en France et de loin. L’agent conversationnel d’OpenAI concentre 63 % des usages, avec Gemini loin derrière à 13 %. Tant pis pour les efforts faits par Google pour développer des modèles plus avancés.

Les cas d’usage les plus fréquents de l’IA en France // Crédit : Arcep

Les usages les plus répandus sont la recherche d’informations (73 %), la « rédaction, traduction et amélioration de texte » (58 %) et la recherche de nouvelles idées (57 %). L’aide aux devoirs arrive juste derrière tout en étant massive chez les plus jeunes (68 % des 12-17 ans et 73 % des 18-24 ans). Mais malgré la multiplicité des usages, l’intelligence artificielle doit encore faire ses preuves pour beaucoup.

Une méfiance et des craintes pour l’avenir

En 2025, 52 % de la population se dit encore « méfiante » vis-à-vis des outils d’IA. Si ce chiffre baisse de 5 % en un an, « le manque de confiance dans les réponses fournies et l’incertitude sur l’usage de leurs données personnelles constituent les principaux obstacles à l’usage de l’IA générative », note l’Arcep.

Même au sein de la classe des utilisateurs et utilisatrices, la grande majorité reste vigilante et préfère toujours vérifier les informations générées par les robots. Précaution indispensable face à la propension de ces machines à « halluciner » des faits.

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Enfin, seule 44 % de la population estime que l’IA « aura un effet positif sur la vie quotidienne dans les vingt prochaines années » en citant les risques de déshumanisation des rapports sociaux, ceux sur l’emploi ou sur l’utilisation de données personnelles. Les préoccupations environnementales pointent aussi le bout de leur nez, même si cela se fait dans un relatif flou, l’Arcep elle-même notant qu’il reste « difficile de quantifier intégralement l’impact environnemental de l’IA générative » en raison du manque de transparence des acteurs du secteur.


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