
Les dirigeants de la Silicon Valley préparent déjà la fin du monde. En quelque sorte.
L’information vient d’Axios, dans une enquête de Maria Curi publiée le 9 octobre. Des cadres dirigeants d’Anthropic, d’OpenAI et d’autres entreprises du secteur font tourner des scénarios de « day after », le lendemain d’un premier incident grave attribué à une IA.
L’hypothèse jugée la plus probable est une cyberattaque de grande ampleur, capable de couper l’accès aux services bancaires, à Internet, voire à l’électricité et à l’eau.
Deux déclencheurs sont envisagés : un essaim d’agents autonomes qui s’échappe d’un environnement de test, ou un attaquant qui détourne des modèles déjà disponibles. Beaucoup d’experts interrogés par le média américain situent un tel événement dans les six à douze mois.
Un plan de crise tourné vers le Congrès
Simuler le pire n’a rien de surprenant, les armées et les banques le font depuis des décennies. Axios relève toutefois que beaucoup de chercheurs et de dirigeants du secteur tiennent l’incident pour inévitable.


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OpenAI confirme mener des exercices de préparation, tout en assurant que ces scénarios « ne sont pas traités comme inévitables ». Ce qu’Anthropic a refusé de commenter.
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Et on a le contenu du pland. Cela comprend du red teaming, ces tests où l’on attaque son propre système, mais l’effort porte surtout sur la formation accélérée des élus du Congrès.
Les entreprises savent qu’aucune régulation ne passera à court terme et veulent peser sur les textes que Washington sortira après le choc.
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Leurs stratèges tablent sur des démocrates renforcés par les élections de mi-mandat du 3 novembre et pressés de sévir. Certaines propositions du parti vont jusqu’à interdire la superintelligence ou suspendre le développement des modèles avancés, quand un « kill switch » obligatoire trouve des soutiens dans les deux camps.
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Les deux laboratoires cités ont eux-mêmes documenté le risque qu’ils redoutent. Le 1er septembre, OpenAI a classé Astra comme son premier modèle au seuil « critique » en cybersécurité : avec les bons outils, il trouve des failles inconnues et les exploite sur des systèmes bien protégés sans qu’un humain guide chaque étape.
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Anthropic a lancé sa Cyber Mission le 8 octobre, la veille du scoop, avec onze partenaires dont CrowdStrike, Dragos et Palo Alto Networks pour sécuriser réseaux électriques et distribution d’eau. L’entreprise prévoit que l’IA avantagera les défenseurs d’ici deux ans et admet que ce n’est pas forcément le cas d’ici là.
Ce que le scoop ne dit pas
On ne connaît ni le détail de ces plans, ni l’identité des sources, ni la façon dont l’échéance a été estimée. Et cela concerne avant tout les Américains.
Pour nous, il reste à savoir ce que vaudrait une loi votée à Washington face à une attaque montée ailleurs.
Les modèles à poids ouverts, téléchargeables librement, échappent déjà à tout bouton d’arrêt. En Europe, l’AI Act oblige depuis août 2025 les fournisseurs de modèles à risque systémique à signaler les incidents graves, ce qui règle la paperasse et pas grand-chose d’autre.
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Il faut aussi regarder à qui profite la fuite. Un secteur qui annonce lui-même sa catastrophe, calendrier à l’appui, se pose en interlocuteur obligé des élus le jour venu. Sam Altman, patron d’OpenAI, aurait d’ailleurs déclaré début octobre à Politico que le monde devrait accepter que de mauvaises choses arrivent en échange des bénéfices de l’IA.
Prévoir le lendemain d’un accident, personne ne peut reprocher ça à des industriels ni à des États. Ce qui me gêne tient au rôle que ces entreprises se réservent : elles développent les modèles qui rendent l’attaque possible et veulent influencer fortement les ois.
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