Un monde où tout serait en USB type C, on serait plutôt d’accord. Mais cela va encore mettre longtemps à arriver, si ça arrive un jour.


Atelier démêlage de câbles

Il y a quelques mois, j’ai cédé à la mode Raspberry Pi + Recalbox, une solution d’émulation intéressante pour son côté plug & play. Par exemple, avec Recalbox, on peut associer facilement une manette PS3 (DualShock 3), reconnue sans configuration. Ayant une DualShock 3 en rab, et mes autres manettes Bluetooth déjà associées à d’autres consoles, ça tombait bien.

Encore faut-il pouvoir la recharger. Parce que la PS3, sortie en 2006, utilise le « vieux » Mini USB comme connectique pour ses manettes. Fort heureusement, j’avais encore un câble Mini USB à portée, sans ça c’était atelier démêlage.  Ce qui m’a rappelé cette époque où le Micro USB était un problème. On n’avait pas de câble sous la main. Vos collègues de travail n’en avaient pas forcément non plus. Parce qu’eux cherchaient des chargeurs pour iPhone. Ils les cherchent toujours d’ailleurs.

La connectique universelle : un doux rêve ?

Alors qu’aujourd’hui, on met la main dans un tiroir et on a une chance sur 10 de piocher un câble Micro USB. Et voilà que ces journalistes high-tech font la promotion d’une autre connectique, l’USB type C, persuadé que c’est l’avenir des smartphones et des PC, pour nous faire revivre le même calvaire. Et je suis le premier à l’avouer : il m’est arrivé, récemment, pour les mêmes raisons, d’être en rade de batterie parce que je n’avais pas de câble USB-C sous la main. Alors, pourquoi s’acharner à vouloir à tout prix passer à ce standard partout ?

Parce qu’une fois la pilule avalée, une connectique standard, c’est bien. Surtout une connectique réversible, qui n’a pas trois sens d’insertion différents comme le Micro USB-A (le bon, le mauvais et le bon), qui peut être utilisé pour recharger son smartphone ou sa Nintendo Switch, connecter un écran en Thunderbolt 3 ou un disque externe… Plus besoin d’emmener trois chargeurs différents, tout marche avec tout, le rêve !

Alors forcément, quand on voit des fabricants de smartphones entretenir la fragmentation en sortant certains modèles en USB-C et d’autres en Micro USB-A, on râle. Parce qu’ils retardent notre rêve d’universalité et de réversibilité.

La réalité : une cohabitation amenée à durer

Sauf que ça, c’est notre idéal. La réalité, il faut bien l’admettre, ressemble davantage au fameux épisode 927 du web comic XKCD : créer un nouveau standard pour remplacer les précédents résulte souvent… Dans l’ajout d’un standard supplémentaire.

Le cycle universel des standards par XKCD : toujours vrai !

L’USB-A, qu’on le veuille ou non, micro ou pas, ne disparaîtra pas de sitôt. Sur l’entrée de gamme, les fabricants de smartphones ne voient pas l’intérêt de passer à l’USB-C. Au moins un des prochains Asus Zenfone 5 restera en Micro USB. Sans doute pour des raisons économiques. Sans doute aussi parce que sur les segments les plus conservateurs du marché, l’USB-C peut être mal accepté.

Regardez ce qui se passe du côté des ordinateurs portables, avec deux extrêmes. D’un côté, Microsoft qui refuse catégoriquement d’intégrer un port USB-C à sa ligne Surface, comme les derniers Surface Book 2 et Surface Laptop. À l’inverse, Apple a fait le pari de MacBook Pro misant intégralement sur l’USB-C et le Thunderbolt 3. Et la communauté des utilisateurs professionnels, notamment les développeurs, a exprimé son désaccord de manière virulente face à la perspective d’emmener un sac d’adaptateurs à chacun de leurs voyages.

Sur de grands formats comme les portables, les constructeurs peuvent intégrer les deux, et c’est d’ailleurs ce que font la plupart pour l’instant. Sur les smartphones, il y a fort à parier que selon la gamme, les constructeurs vont faire le choix de l’un ou l’autre. Sans évoquer « l’autre bord » qui milite pour l’USB-C sur ses ordinateurs, mais continue à sortir ses iPhone avec un connecteur Lightning. Votre meilleur allié dans cette phase de transition qui va encore durer : le triple câble de recharge !