Verrouillage, fin des ROMs, copie d’iOS : le sombre constat sur l’évolution d’Android

Le robot vert se met au vert... pomme

 
Alors, comme ça, Android serait devenu ennuyeux ? C’est le constat de nombreux observateurs, dont Damien Wilde de 9to5Google. Et il a raison, selon moi, la liberté totale laisse place à une normalisation qui rappelle étrangement le voisin d’en face : Apple.
Source : Photo de Luis Andrés Villalón Vega sur Unsplash

Regardons la réalité en face. Pendant des années, choisir entre Android et iOS, c’était choisir entre un jardin fermé et la liberté. Un espace de liberté presque totale, parfois un peu chaotique, mais furieusement vivant. Aujourd’hui, les barbelés sont posés, les routes sont goudronnées et cette « liberté » est devenue un centre commercial aseptisé.

Le constat nous vient de Damien Wilde, de 9to5Google, et il faut bien avouer qu’il tape là où ça fait mal.

Android traverse une crise d’identité. Ce n’est pas une question de parts de marché, le système est encore solide, mais une question de philosophie. Le système qui se targuait d’être « différent » fait tout pour ne plus l’être.

Prenez le design. Regardez les dernières mises à jour d’OxygenOS, HyperOS ou de One UI. Les flous de transparence, les centres de contrôle, les coins ultra-arrondis… les constructeurs chinois et coréens recopient les devoirs d’Apple. Même Google, avec ses Pixels, cherche à rassurer les utilisateurs d’iPhone en leur offrant un terrain connu.

La liberté disparaît

Mais le vrai problème est plus profond que quelques icônes arrondies. C’est technique, c’est politique, et c’est inquiétant. Le projet open-source d’Android, le fameux AOSP, se vide de sa substance. Google déplace de plus en plus de fonctionnalités essentielles vers les Google Play Services, sa couche propriétaire.

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Si vous voulez un Android récent, vous devez passer par Google. Déjà, pour la communauté des ROMs custom, c’est un coup de poignard. On nous vend de la sécurité pour justifier le verrouillage du sideloading (l’installation manuelle d’applications), mais la réalité est ailleurs. En ajoutant des alertes « effrayantes » à chaque installation d’APK, Google fait d’un acte de liberté, un acte de piratage suspect aux yeux du grand public.

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AOSP se vide, Google publie le code biannuel seulement depuis 2026, omet les Pixel pour les ROMs (LineageOS, GrapheneOS), et bascule tout dans Play Services propriétaire. ​

Et avec la disparition de challengers comme Huawei dans le monde, Samsung s’est endormi sur ses lauriers. Sans personne pour les bousculer vraiment sur le haut de gamme, l’innovation matérielle est devenue une affaire de détails insignifiants.

L’IA : un cache-misère ?

Et puis, il y a l’intelligence artificielle. C’est le nouveau mot magique. On nous vend du Gemini à toutes les sauces.

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Sauf si vous possédez un pliable, votre usage quotidien n’a pas bougé d’un iota. Vous ouvrez Instagram, Chrome et WhatsApp. L’IA, pour l’instant, c’est surtout de la retouche photo et des résumés de textes. On nous promet une révolution, mais pour le moment, c’est surtout frustrant.

Alors, oui, le futur se nomme sans doute OS Agent ou quelque chose comme ça.

Vous recevez un e-mail pour un concert ? L’OS Agent comprend l’intention, vérifie vos comptes bancaires, demande l’avis à votre conjoint(e) sur WhatsApp et achète les billets. Tout ça sans que vous n’ayez ouvert une seule application. L’orchestration multi-apps est un vrai sujet, et on ne peut pas dire que Google n’est pas sur le sujet. Ce potentiel d’automatisation contextuelle est excitant.

Mais pendant ce temps, Android est devenu une commodité. C’est efficace, c’est stable, ce n’est pas franchement excitant. On a gagné en maturité ce qu’on a perdu en caractère.

Le risque, c’est que la bulle verte finisse par devenir une simple nuance de bleu, sans aucune distinction réelle. Android ne meurt pas, mais il se normalise. Il devient ce qu’il a toujours combattu : un système prévisible, verrouillé et uniformisé.


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