Alors que Facebook confirme son statut d’application la plus téléchargée au monde, Google continue à croire en Google+ pour le bonheur de celles et ceux qui l’utilisent encore.


Pendant ce temps, sur Google+…

Google a annoncé une nouvelle version de l’app Google+. Et forcément, c’est drôle, parce que ça amène plein de blagues. « Google quoi ? », « j’espère qu’ils l’annonceront sur Facebook », « ils ont puni un dev, ou quoi ? »… Bref. Google+. Le réseau social qu’on a arrêté d’utiliser depuis tellement longtemps qu’on ne se souvient même plus quand exactement ils l’avaient lancé. Le service idéal pour te rappeler l’anniversaire de gens que tu ne connais absolument pas, mais que tu as dû ajouter à tes cercles à un moment donné.

C’est dire, au moment exact où j’écris ces lignes, je viens de lancer l’application. Il y a une seule personne qui poste encore dessus, parmi la centaine que je devais tout de même avoir dans mes contacts. Et je ne suis pas sûr qu’elle n’ait pas juste oublié de le désactiver dans ses partages de liens.

Pourtant, il y avait un moment où Google+ allait être l’avenir. Google+ allait forcément être le réseau social qui balayerait Facebook, comme Facebook a totalement anéanti MySpace. D’ailleurs il y a quelque temps j’ai reçu une notification MySpace. J’ai cru que la date de mon ordinateur avait rebasculé en 2005, mais non ! Enfin bon, c’était la loi immuable des réseaux sociaux. Leurs utilisateurs sont des girouettes, Facebook c’est une mode, ça finira par retomber.


Facebook plus Instagram plus WhatsApp

Sauf que ça n’est évidemment pas du tout ce qui s’est passé. Facebook a continué à grossir, en avalant au passage WhatsApp et Instagram, et Google+, malgré toutes ses bonnes idées, comme les cercles, n’a jamais décollé. Et franchement, ça n’est pas faute d’avoir essayé, avec des concepts intéressants. Les cercles étaient plus faciles à gérer que les listes d’amis, et après des premiers pas balbutiants, l’interface avait su évoluer vers quelque chose de simple et agréable. Peine perdue.

On se demande d’ailleurs bien qui pourrait arriver à la cheville de Facebook aujourd’hui. Dans son bilan annuel, le cabinet App Annie annonce sans surprise la firme de Mark Zuckerberg comme l’entreprise ayant généré le plus de téléchargements en 2017, pour la quatrième année consécutive. Face à Facebook, Messenger, Instagram et Whatsapp, difficile de s’y mesurer.

Sur le terrain des applications sociales, il n’y a guère qu’en Corée du Sud et en Chine que Facebook est totalement absent. Au Japon, l’app principale rattrape l’absence de WhatsApp et Messenger face à un Line indéboulonnable, tandis que Twitter ferme le podium, une performance unique parmi les pays évoqués par App Annie. En Russie, c’est au contraire WhatsApp qui lui permet d’investir le top 3.

Facebook est énorme et omniprésent. Le rachat de Whatsapp lui a permis de phagocyter son principal concurrent sur la messagerie instantanée, tout en le préservant. Et Instagram lui permet de barrer la route aux nouveaux venus. Quel meilleur moyen de faire reculer Snapchat que de lui voler ses idées ?

Un géant difficilement contrôlable

Mais un géant, c’est difficile à contrôler et ça fait des dégâts. À force d’ubiquité, Facebook est devenu un vecteur d’informations tellement performant qu’il influe sur la perception de ses utilisateurs. Et ce avec des informations vérifiées… comme complètement fausses. La propagation des « fake news » est au centre de ses préoccupations. C’est sans doute une des raisons — la volonté de booster sa plateforme publicitaire étant une autre — qui explique les changements en cours dans la visibilité du flux d’actualités et le recentrage sur les relations sociales. Un tissu qu’un ex-cadre de Facebook confessait récemment avoir contribué à déchirer.

On pourrait dire que c’est un problème que Google aurait aimé avoir. Le revers de la médaille, c’est aussi la preuve que l’on en a une. Et trêve de plaisanterie, c’est sans doute un des échecs principaux de Google+ qui, on le rappelle, se voulait être le futur des fils d’actualités. Certains ont même émis l’hypothèse, à l’époque, que privilégier Google+ était la vraie raison derrière l’arrêt de Google Reader. De là à dire qu’on préférerait que la firme de Mountain View utilise plutôt ses ressources pour réactiver ce dernier…