Gmail : Pangram teste un filtre qui classe les mails écrits par IA en spam

 
Pangram, un système de détection de contenus générés par IA, envisage de se connecter à votre boîte Gmail pour filtrer les messages écrits par l’intelligence artificielle.
Gmail
Gmail sur ordinateur // Source : Unsplash Solen Feyissa

Des mails indésirables, vous en recevez probablement plusieurs par jour. Heureusement, les filtres de nos messageries se sont perfectionnés avec le temps et, sauf rares exceptions, ils atterrissent directement dans le dossier « Spam » de votre boîte.

C’est particulièrement utile pour les mails étant en réalité des tentatives d’escroquerie. Mais aujourd’hui, il existe un autre type de correspondance numérique dont on se passerait bien : les messages écrits en totalité ou en partie par l’intelligence artificielle, généralement peu intéressants.

Pangram, une entreprise proposant des outils pour détecter les contenus générés par IA, est justement en train de tester un filtre qui s’occuperait d’analyser votre boîte Gmail. Voyons comment cela fonctionne.

Un filtre Gmail pour distinguer les messages rédigés par l’IA

Découvert par la chercheuse en sécurité Jane Manchun Wong, le système n’est pas encore finalisé. L’idée est de connecter Gmail à Pangram à travers le protocole Google OAuth. Pour rappel, il permet d’associer une application tierce à son compte Google sans qu’elle puisse voir ou stocker votre mot de passe.

Ensuite, Gmail envoie une notification à Pangram chaque fois qu’un mail est reçu. Les outils d’analyse se lancent alors. À la fin du processus s’affiche un score, en pourcentage, déterminant la probabilité que le mail ait été écrit entièrement par une IA, avec l’aide d’une IA, ou entièrement par un humain. C’est ce que fait déjà Pangram avec les images, les documents, les pages Web et les posts sur les réseaux sociaux notamment.

L'interface de Pangram une fois connectée à un compte Gmail
Le filtrage des mails par l’outil de Pangram // Source : Jane Manchun Wong via X (Twitter)

La différence, c’est qu’au lieu d’être purement informatif, le score détermine ici ce qui sera fait du mail. Il pourra rester dans la boîte de réception, être placé dans le dossier Spam ou dans la Corbeille. À ce stade, on ne sait pas s’il sera possible de déterminer manuellement un pourcentage minimum pour déclencher le filtrage.

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En revanche, on sait que l’utilisateur aura plusieurs fonctions de contrôle à sa disposition, comme pour un filtre Gmail classique. Par exemple exclure des expéditeurs, des noms de domaines ou encore des listes de diffusion de l’analyse. Un écran résume le nombre de mails traités, avec les classifications associées et les actions entreprises le cas échéant. Une liste de ceux qui envoient le plus de mails écrits par l’IA est également présente.

Un outil utile, mais qui pose des questions sur le respect de la vie privée

Si la perspective d’automatiser le filtrage de ces spams d’un nouveau genre est alléchante, il faut bien comprendre qu’ici, tout se passe sur les serveurs de Pangram. D’après sa politique de confidentialité actuelle, l’entreprise collecte les textes qu’on lui soumet pour analyse, ainsi que des métadonnées sur les clients enregistrés. Le contenu transmis reste stocké tant que l’utilisateur ne l’efface pas manuellement. Il n’est pas utilisé à des fins publicitaires ou pour entraîner des modèles d’IA.

Techniquement, vous laissez Pangram accéder à vos mails et lui faites donc confiance pour les garder en sécurité. S’ajoute à cela la question des faux positifs. C’est-à-dire un mail écrit par un humain, sans l’aide de l’IA, mais identifié comme rédigé par une machine.

Dans une auto-évaluation soumise le 29 juillet 2026, le modèle utilisé ici, Pangram 4, s’en sort bien. Sur le texte, il affiche un taux de faux positifs de 0,0041 % et un taux de faux négatifs de 0,3396 %. Gardons tout de même en tête qu’il s’agit des chiffres communiqués par Pangram, pas d’une analyse indépendante.

Il est peu probable que Google, qui laisse sa propre IA rédiger des messages à votre place, implémente un tel outil dans Gmail. Le recours à un service externe est donc, pour l’instant, inévitable. Le filtre de Pangram n’a pas de date de sortie à ce jour. On ignore également s’il fera partie de la formule gratuite proposée par la société. Pour un particulier, l’abonnement le moins cher de Pangram est à 20 dollars par mois (17 euros environ). Il donne droit, entre autres, à l’analyse de 300 000 mots mensuels, ainsi qu’à 100 détections d’images sur la même période.


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