Nvidia lance NemoClaw et OpenShell pour doper et sécuriser OpenClaw

 
Vous connaissez OpenClaw ? C’est l’outil qui rend l’IA vraiment utile en la laissant agir à votre place. Le problème, c’est que c’est une passoire en termes de sécurité. Nvidia arrive avec NemoClaw pour mettre tout ça sous clé.

Lors de sa conférence GTC 2026, Jensen Huang, le co-fondateur et patron de Nvidia, n’est pas seulement venu parler de teraflops ou de Vera Rubin. Il a posé une question qui risque de résonner dans toutes les entreprises : « Quelle est votre stratégie OpenClaw ? ». Pour lui, c’est aussi important que d’avoir eu une stratégie internet en 1995.

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La réponse de Nvidia s’appelle NemoClaw. On l’attendait, l’annonce avait leaké. Pour bien comprendre, il faut regarder ce qu’est OpenClaw : un framework open source qui permet de créer des agents IA capables d’agir concrètement sur votre ordinateur. Ce framework a été très diffusé, Jensen Huang évoque le plus grand lancement de tous les projets open-source ever.

NemoClaw est pour Nvidia la solution « clé en main » pour les entreprises. C’est un stack complet qui s’installe en une seule ligne de commande et qui vient entourer OpenClaw d’une épaisse couche de sécurité.

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OpenShell ou l’art de mettre l’IA en cage

Le cœur de cette annonce, c’est Nvidia OpenShell. Il s’agit d’un runtime open source conçu pour faire tourner les agents dans un bac à sable (sandbox) isolé. Concrètement, cela signifie que votre agent IA peut travailler sur vos fichiers sans que ces données ne fuitent vers le cloud ou ne compromettent l’intégrité de votre système.

Nvidia a travaillé avec des pointures de la cybersécurité comme CrowdStrike et Microsoft pour s’assurer que l’outil soit compatible avec les standards industriels. Le but est de fournir cette couche d’infrastructure qui manquait cruellement aux « claws » (les agents) pour être productifs sans être dangereux.

Autre point intéressant : le système est agnostique en termes de matériel. Certes, Nvidia pousse ses PC RTX et ses supercalculateurs DGX, mais NemoClaw peut techniquement tourner sur n’importe quelle plateforme dédiée. On sent que la priorité est d’imposer le standard logiciel avant de vendre les puces qui vont avec.

Le fonctionnement repose sur un routeur de confidentialité (privacy router). L’idée est ingénieuse : l’agent utilise des modèles légers comme Nemotron en local pour les tâches sensibles, et ne fait appel aux modèles « frontiers » du cloud (comme ceux d’OpenAI ou Anthropic) que lorsque c’est strictement nécessaire, tout en filtrant les données sortantes.

Enfin, Nvidia ne fait pas cavalier seul. L’entreprise a annoncé la Nemotron Coalition, un regroupement avec Mistral AI, Perplexity ou encore Cursor. L’objectif est de mutualiser les ressources pour accélérer le développement de modèles open source. C’est une réponse directe aux écosystèmes fermés qui dominent actuellement le marché.

La fin du logiciel, le début des services d’agents

En clair, Nvidia parie sur un basculement complet de l’industrie. Jensen Huang ne croit plus au « Software-as-a-Service » classique. Pour lui, nous entrons dans l’ère des agents-as-a-service. Au lieu de manipuler un logiciel, vous déléguez la tâche à un agent spécialisé qui sait utiliser les outils à votre place.

Le problème, c’est que personne ne veut laisser un script autonome fouiller dans ses e-mails ou ses bases de données sans garde-fou. En proposant NemoClaw, Nvidia tente de devenir le garant de cette confiance. Si vous installez leur stack, vous êtes censés avoir le contrôle total sur ce que l’agent voit et fait.

C’est une stratégie de plateforme classique. En se rendant indispensable sur la partie sécurité d’OpenClaw, Nvidia s’assure une place centrale dans les entreprises qui adoptent massivement OpenClaw. Ici, Nvidia ne combat pas le standard, il se rend indispensable pour le faire fonctionner proprement.

Un simple curl -fsSL https://nvidia.com/nemoclaw.sh | bash suivi de nemoclaw onboard permet de l’installer.


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