
Jensen Huang ne souhaite pas juste vendre des pelles et des pioches pendant la ruée vers l’or de l’IA. Le patron de Nvidia, qui ne tarissait pas d’éloges sur OpenClaw il y a encore quelques semaines, vient de décider de lancer son propre outil : NemoClaw.
Nvidia ne veut pas laisser OpenAI et Microsoft dicter les règles du jeu sur le segment ultra-stratégique des agents IA. Ces programmes, capables d’exécuter des tâches complexes en autonomie sur votre ordinateur, sont la prochaine grande étape de la révolution de l’IA.

Si vous avez suivi l’actu tech ces derniers mois, vous savez que OpenClaw est devenu le projet open source le plus rapide de l’histoire. C’est l’outil qui permet à une IA de cliquer, taper et coder à votre place. C’est brillant, mais pour un DSI, c’est un cauchemar de sécurité.

Nvidia l’a bien compris. Lors du GTC 2026, Jensen Huang a été clair : chaque entreprise doit avoir une « stratégie OpenClaw« . Et pour faciliter la pilule, il lance NemoClaw. Ce n’est pas un nouveau modèle, mais un stack complet, une couche logicielle, qui vient se poser par-dessus OpenClaw pour le rendre « production-ready ».

L’idée est de transformer l’IA expérimentale en un outil professionnel. Nvidia a travaillé main dans la main avec Peter Steinberger (le créateur d’OpenClaw) pour intégrer des garde-fous directement dans le moteur. En gros, Nvidia ne combat pas le standard, il se rend indispensable pour le faire fonctionner proprement.
OpenShell et Privacy Router : le blindage de Nvidia
Le vrai morceau de bravoure de ce stack, c’est Nvidia OpenShell. C’est un runtime open source qui fait tourner vos agents (les fameux « claws ») dans un sandbox totalement isolé. L’IA peut manipuler vos fichiers locaux, mais elle ne peut rien envoyer à l’extérieur sans passer par une politique de sécurité stricte.
C’est là qu’intervient le privacy router. C’est une fonction qui gère l’inference de manière intelligente. Si la tâche est simple et sensible, elle est traitée en local sur votre GPU par un modèle Nemotron.
Si la tâche demande une puissance de calcul colossale, le routeur envoie la requête vers un modèle cloud (comme GPT-4 ou Claude), mais seulement après avoir anonymisé les données ou vérifié qu’aucune info confidentielle ne quitte le réseau.
Le système propose aussi un Isolated Sandbox qui utilise des conteneurs sécurisés. Nvidia a travaillé avec CrowdStrike et Microsoft Security pour que ce runtime soit compatible avec les outils de surveillance des entreprises.
La Nemotron Coalition
Mais Nvidia ne s’arrête pas au logiciel. L’entreprise a annoncé la Nemotron Coalition. C’est une alliance assez dingue qui regroupe des noms comme Mistral AI, Perplexity, Cursor ou encore LangChain. Le but ? Co-développer un modèle de base ultra-performant, entraîné sur le DGX Cloud de Nvidia, qui servira de fondation à la famille Nemotron 4.
Pourquoi c’est important ? Parce que pour que les agents soient efficaces, ils ont besoin de modèles optimisés pour le « tool use » (l’utilisation d’outils tiers). En regroupant ces acteurs, Nvidia s’assure que son stack NemoClaw dispose des meilleurs modèles open source du marché, parfaitement calibrés pour son architecture.
Côté hardware, NemoClaw est hardware agnostic. Ça tourne sur des PC GeForce RTX, des stations de travail pro ou des supercalculateurs DGX Spark. Nvidia veut que vous puissiez développer votre agent sur votre PC portable et le déployer à l’échelle mondiale sans changer une ligne de code.
Comment installer NemoClaw (Alpha)
Attention, c’est encore une version alpha. Nvidia prévient qu’il y a des « rough edges », mais si vous avez une machine sous Linux (ou WSL2) avec un GPU Nvidia, voici la marche à suivre.

Première étape : l’installation rapide Ouvrez votre terminal et lancez cette commande unique qui télécharge le script de bootstrap : $ curl -fsSL https://nvidia.com/nemoclaw.sh | bash
Deuxième étape : la configuration Une fois le stack installé, lancez l’onboarding pour configurer vos API keys et votre environnement local : $ nemoclaw onboard
Troisième étape : lancer le sandbox Pour démarrer un agent dans un environnement sécurisé OpenShell : $ nemoclaw setup $ nemoclaw connect
Vous pouvez ensuite monitorer toute l’activité de l’agent (appels réseau, accès fichiers) en temps réel via la OpenShell TUI (Terminal User Interface) avec la commande : $ nemoclaw term
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