Introduction

Dans l’univers des montres connectées, la Mobvoi Ticwatch Pro propose une solution différente capable de résoudre l’un des principaux problèmes des smartwatchs sous Wear OS : l’autonomie. Avec son deuxième écran LCD monochrome, la batterie peut tenir jusqu’à un mois… mais est-ce que cela en fait une excellente montre connectée ? La réponse dans notre test !

Fiche Technique

Modèle Mobvoi Ticwatch Pro
Taille de l'écran 1,39 pouces
Technologie d'affichage OLED
Définition de l'écran 400 x 400 pixels
Format écran Circulaire
Processeur Qualcomm Snapdragon Wear 2100 à 1,2GHz
Mémoire RAM 512 Mo
GPS Oui
Wifi Oui
Dimension 45 x 45 x 14,6 mm
Poids 58,5 grammes
Batterie 415 mAh
Capteur de rythme cardiaque Oui
Podomètre Non
Analyse du sommeil Oui
Accéléromètre Oui
Boussole Non
Capteur de lumière ambiante Non
Capteur de proximité Oui
Rechargement Câble de charge magnétique
Résistance à l'eau 68
Prix 244€
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec une montre prêtée par Mobvoi.

Entre citadine et sportive

Les montres connectées ont toujours un peu de mal à se définir et à attirer à la fois les sportifs (le marché privilégie grâce aux nombreux capteurs et possibles applications) et le public qui souhaite une montre pour leurs sorties de tous les jours. Et pour le coup, la Ticwatch Pro y arrive plutôt bien.

Son boitier (circulaire) est assez classe, mais plutôt imposant. Il est composé de fibres de carbone renforcées par du nylon et agrémentées d’un cadre numéroté en aluminium, tandis que le dessous de la montre est en métal.

Dans l’ensemble, la Ticwatch pro s’avère robuste et respire la solidité, mais les finitions pourraient être meilleures. À la longue, on remarque la présence de griffures plus ou moins visibles sur les parties métalliques et j’ai constaté également un petit accro dans la peinture juste au-dessus du niveau du chargeur, ce qui oblige à être très précautionneux.

Avec son poids de 57,4 grammes sur notre balance, son cadran de 45 mm et son épaisseur de 15 mm environ, la Ticwatch Pro n’est pas ce que l’on peut appeler une montre discrète ; gardez bien cet élément en tête si vous avez de petits poignets et n’aimez pas les tocantes trop massives. Pour autant, d’un point de vue très personnel, je ne trouve pas qu’elle jure particulièrement.

Notons pour finir qu’on retrouve deux boutons sur le côté, ce qui est un peu dommage quand on a pris l’habitude de naviguer avec une couronne (comme la Fossil Q) ou une bague tournante (comme la Samsung Galaxy Watch), et que le boitier est certifié IP68, garantissant son utilisation même dans les milieux humides.

Le bracelet est un standard 22 mm, ce qui signifie que vous pouvez le changer facilement au besoin. Et c’est tant mieux, car celui de base n’est pas exceptionnel. Il s’agit d’un tour de poignet hybride composé de silicone sur la face intérieure pour convenir aux sportifs et de cuir italien à l’extérieur pour un aspect plus chic.

Malheureusement, le cuir affiche rapidement les affres du temps, et notamment de ses multiples pliures, tandis que le silicone strié est parfait pour capturer le sel de votre transpiration et les mauvaises odeurs. À la moindre chaleur, vous aurez rapidement envie d’enlever la montre pour éviter cette sensation désagréable et odorante sur votre bras.

Deux écrans pour doubler les usages

Son design est donc plutôt banal, mais sa particularité réside dans son écran. S’il ne semble y en avoir qu’un à première vue, il y en a en fait 2 superposés. L’un OLED pour afficher les informations de Wear OS, l’autre FSTN (LCD à matrice passive) et monochrome. Transparent, il laisse parfaitement voir l’écran principal lorsqu’il s’éteint, tout en consommant très peu d’énergie et permettant donc de consulter certaines informations sans avoir à allumer le gourmand écran OLED.

L’écran OLED en question est très lumineux et lisible même en plein soleil. Notons par ailleurs qu’il possède un capteur de luminosité ambiante, ce qui n’est pas toujours le cas. Avec sa diagonale de 1,4 pouce et ses 400 x 400 pixels de définition, il est dans la moyenne de ce qui se fait habituellement.

L’écran LCD est totalement invisible lorsqu’il est éteint et ne gêne en rien la lecture de l’écran dédié à Wear OS. Si l’on veut pinailler un peu on peut remarquer que cela éloigne un peu la dalle (OLED) de la vitre, ce qui réduit un peu les angles de vision, mais il faut coller son nez dessus pour s’en rendre compte.

L’écran LCD de son côté est pensé pour afficher l’heure constamment en noir sur fond gris, sans rétroéclairage. Il est donc lisible uniquement dans certaines conditions lumineuses. S’il y a trop de lumière, les reflets rendent l’écran illisible, et s’il n’y en a pas assez, l’écran est illisible puisque pas éclairé. Il reste néanmoins pratique à de nombreuses occasions, d’autant qu’il affiche non seulement l’heure, mais aussi le nombre de pas, la date et le niveau de batterie.

Toujours est-il qu’en levant le poignet, il arrive que l’écran OLED s’allume, réduisant l’intérêt de l’écran LCD. À l’inverse, le réglage est peut-être un peu léger et il arrive qu’en levant le poignet, l’écran OLED ne s’affiche pas. Si l’on souhaite uniquement consulter l’heure, c’est une bonne chose, mais lors de sessions de sport, lorsque l’on veut jeter un œil rapide à ses performances, devoir secouer son poignet n’est pas toujours agréable.

Wear OS 2.0 au rendez-vous

La Ticwatch Pro fait partie des montres sous Wear OS les plus à jour du moment. Elle embarque la version 2.1 du système de Google, avec sa nouvelle interface. Malgré cette version très à jour, on retrouve en revanche à son bord une mise à jour de sécurité datant de juillet 2018.

Je ne reviendrai pas ici sur WearOS, déjà traité en long en large et en travers dans d’autres tests, le système ne changeant pas par rapport à une Fossil Q Explorist HR par exemple. On soulignera cependant que la solution de Google est loin d’être la plus ergonomique à l’usage ou même la plus complète. Les développeurs ne se pressent pas pour adapter leurs applications sur ce format, pas même Google qui ne propose pas encore YouTube Music sur ses montres connectées, obligeant à passer par le bientôt obsolète Google Play Music.

De base, la Ticwatch Pro intègre de nombreux cadrans différents, plus ou moins esthétiques et plus ou moins complets en termes d’informations données (heure, date, nombre de pas, niveau de batterie, événement à venir, pouls, etc.). Un bon point pour ceux qui n’ont pas envie de fouiller pendant des heures sur le Google Play Store pour trouver celui qui conviendra à leurs besoins.

Passer d’une application à l’autre peut également se montrer fastidieux sachant qu’il faut la retrouver dans la liste à chaque fois. Embêtant pendant un entrainement par exemple si vous switchez régulièrement entre une application musicale et une de suivi d’effort.

[quote_lagre]Tous les capteurs sont de la partie[/quote_large]

Notons que tous les capteurs sont de la partie. On retrouve à son bord un GPS, une puce NFC pour le paiement sans contact (le jour où Google Pay arrivera vraiment en France) et bien sûr un cardiofréquencemètre afin de toujours garder un œil sur son rythme cardiaque. Rythme cardiaque par ailleurs cohérent avec ce qu’indiquent d’autres smartwatchs comme l’Apple Watch.

Notons que, comme beaucoup de montres Wear OS de 2018, la Ticwatch Pro embarque un SoC Qualcomm Snapdragon Wear 2100 couplé à 512 Mo de RAM, une configuration vieillissante qui manque parfois de fluidité, c’est bien dommage.

Le bon point : Mobvoi a rajouté ses propres applications nativement sur la smartwatch. On retrouve ainsi « TicExercice », avec 5 types d’exercices intégrés (assez limité), TicPouls pour forcer la prise du rythme cardiaque et TicSanté pour se rappeler régulièrement les objectifs que l’on s’est fixé.

Enfin une montre avec une autonomie correcte

Un problème que l’on rencontre souvent sur les montres connectées est leur autonomie. Avec peu de place pour y loger une batterie, un écran toujours allumé ou presque et des capteurs gourmands en énergie, elles peinent à tenir plusieurs jours.

Or, avec son écran secondaire qui évite d’allumer la dalle OLED, la Ticwatch Pro et sa batterie de 415 mAh (parmi les plus grosses du marché), on peut facilement tenir 2 à 3 jours entre deux recharges en fonction des capteurs utilisés (attention au GPS, plutôt gourmand). Notez que si vous n’utilisez que l’écran en noir et blanc et que vous désactivez les fonctionnalités intelligentes, vous pourrez tenir jusqu’à 30 jours selon le constructeur.

Seule ombre au tableau : l’absence de charge rapide. Comptez 2 heures pour une recharge complète avec le dock fourni.

Prix et disponibilité

La Mobvoi Ticwatch Pro est d’ores et déjà disponible au prix conseillé de 250 euros. Vous pourrez la retrouver à ce prix sur Amazon par exemple.

Et si vous hésitez, n’hésitez pas à consulter notre guide d’achat des montres connectées.

Note finale du test 8/10
Le Mobvoi Ticwatch Pro compte parmi les meilleures montres sous Wear OS. Elle est à jour, efficace, son design est plutôt passe-partout, son bagage de capteurs est complet et elle propose l'une des meilleures autonomies disponibles sur une montre connectée à ce jour grâce à son deuxième écran peu énergivore.

Malgré cela, elle souffre encore d'un certain nombre de défauts, à commencer par son bracelet, les finitions de son cadran métallique ou encore ses composants un peu vieux qui entraînent quelques ralentissements. Mais le plus gros problème vient certainement des limitations de Wear OS, qui peine à s'imposer par rapport à des écosystèmes plus complets tels que Tizen (Galaxy Watch) ou WatchOS (Apple Watch).

Toujours est-il que dans l'univers de Wear OS, c'est une valeur sûre.
  • Points positifs
    • Résistante à l'eau
    • Avec un capteur de luminosité
    • Le deuxième écran est pratique...
    • ... surtout pour économiser de la batterie !
    • Les mises à jour sont rapides
  • Points négatifs
    • Le bracelet
    • Cadran rapidement rayé
    • Architecture vieillissante
    • Wear OS toujours aussi limité