Introduction

Dévoilée en août 2018, la Fossil Q (Explorist HR) de 4e génération est passée entre nos mains (et sur nos poignets) pour un test complet. Cette montre connectée sous Wear OS reprend dans les grandes lignes les caractéristiques de la génération précédente, mais avec un GPS, du NFC pour le paiement sans contact et un suivi du rythme cardiaque. Est-ce le changement que l’on attendait ?

La Fossil Q (4e gen) se décline en deux modèles : la Fossil Q Venture HR et la Fossil Q Explorist HR. Nous avons testé ici la version Explorist, mais la version Venture est quasi identique. Les principales différences sont d’ordre esthétique. Ce modèle est néanmoins un peu plus grand (45 mm contre 40 mm pour la Venture), ce qui peut avoir un impact sur l’autonomie.

Fiche technique

Modèle Fossil Q Explorist HR Fossil Q Venture HR
Taille de l'écran 1,4 pouces 1,4 pouces
Technologie d'affichage sAMOLED sAMOLED
Protection de l'écran Gorilla Glass 3 Gorilla Glass 3
Définition de l'écran 400 x 400 pixels 400 x 400 pixels
Format écran Circulaire Circulaire
Processeur Snapdragon Wear 2100 à 1,2GHz Snapdragon Wear 2100 à 1,2GHz
Mémoire RAM 512 Mo 512 Mo
GPS Oui Oui
Wifi Oui Oui
Dimension 45 x 45 x 13 mm 40 x 40 x mm
Batterie 360 mAh 360 mAh
Capteur de rythme cardiaque Non Non
Podomètre Oui Oui
Analyse du sommeil Non Non
Accéléromètre Oui Oui
Boussole Oui Oui
Capteur de lumière ambiante Oui Oui
Capteur de proximité Oui Oui
Rechargement Sans Fil Sans Fil
Résistance à l'eau 67 67
Prix 299 euros 299 euros
Fiche produit Fiche produit

Ce test a été réalisé avec une montre prêtée par Fossil.

Une véritable montre

Beaucoup de montres connectées, à commencer par l’Apple Watch, sont très connotées « geek ». Les modèles arrondis comme la Huawei Watch, la Moto 360 ou cette Fossil Q ressemblent bien plus aux tocantes que vous pourrez retrouver en bijouterie. Et la Fossil Q de 4e génération s’en rapproche vraiment beaucoup, ce qui la rend très agréable à l’œil.

Par ailleurs, la mode du borderless n’est pas valable uniquement pour les smartphones. Le pourtour de l’écran est ici beaucoup plus fin que sur la génération précédente, ce qui renforce son aspect « bijou ». Il est dommage néanmoins que la marge noire entre l’écran et la bordure même du cadran reste encore épaisse. On aimerait que cette belle surface de 45 mm soit entièrement remplie.

Le boitier en lui-même est en acier inoxydable et n’est pas trop gros (13 mm d’épaisseur). Sur son flanc droit se trouvent trois protubérances plutôt marquées : la couronne et deux boutons. Je reviendrai plus tard sur leur utilité, mais je les trouve personnellement un peu gros. C’est un style que l’on retrouve dans l’horlogerie traditionnelle et chacun se forgera donc son opinion à ce sujet.

La version que nous avons eu l’occasion de tester possède un bracelet en cuir, mais plusieurs choix sont possibles à l’achat, avec un bracelet en silicone par exemple pour les sportifs ou en acier pour ceux qui préfèrent. Précisons tout de même que le cuir n’est qu’un revêtement esthétique et que la peau est en contact direct avec du silicone, ce qui est plutôt judicieux pour éviter d’abîmer le bracelet lors des sessions d’entrainement. Enfin, il s’agit d’un bracelet standard qui peut être remplacé par n’importe quel bracelet avec un entre-cornes de 22 mm.

Bonne nouvelle par ailleurs, la Q Explorist HR est étanche jusqu’à 3 ATM. Le site indique qu’il est possible de se laver les mains, de prendre sa douche ou de sauter dans une piscine sans problème. Évitez tout de même les baignades trop longues.

L’écran est un AMOLED de 1,4″ (1,19″ pour la version Venture) d’une définition de 454 x 454 px. Sa luminosité est très bonne et il suffit de laisser le réglage en automatique pour trouver son bonheur, même en plein soleil en extérieur. Aucun problème à ce niveau donc.

Tous les capteurs sont là

La Fossil Q tourne sous Wear OS 1.5 (anciennement Android Wear). Il s’agit d’une version reposant sur la plateforme Android 8.0 et disposant du patch de sécurité du 5 août 2018. Elle est donc plutôt à jour.

Wear OS n’a malheureusement jamais trouvé son équilibre parfait et tâtonne encore sur de nombreux points, ce qui rend le système assez peu ergonomique. Fossil a eu la bonne idée de proposer une couronne rotative, comme sur l’Apple Watch, ce qui permet de naviguer dans le système même avec les mains mouillées. Malheureusement, aucun des deux boutons ne permet cependant de valider un choix ou de revenir en arrière. Il faudra donc forcément passer par l’interface tactile pour ces actions pourtant basiques. C’est d’autant plus dommage qu’il est possible de personnaliser l’action de ces deux boutons en leur attribuant un raccourci vers une application donnée. Lors de mon expérience, ils se sont finalement montrés plus gênants qu’autre chose.

NFC

L’une des nouveautés de cette 4e génération de Fossil Q est la présence de NFC. Aux États-Unis, c’est une fonction essentiellement pensée pour le paiement sans contact. Malheureusement, malgré la présence de Google Pay sur mon téléphone, l’application est impossible à installer sur la montre. Pour payer d’un coup de poignet, il faudra donc repasser.

Suivi du rythme cardiaque et GPS

La Fossil Q (4e gen) gagne également un capteur de rythme cardiaque et un GPS, ce qui devrait ravir les sportifs qui souhaitent partir s’entraîner sans forcément prendre leur téléphone avec eux. Dans les faits, le capteur cardiaque est cohérent et affiche des résultats sensiblement similaires à ceux donnés par le cardiofréquencemètre d’une Apple Watch 4 (pas l’électrocardiogramme, qui n’est pas encore disponible en France).

Pour le GPS, il est également très précis, ce qui est pratique pour vos sessions de running. Il retrouvera votre trajet sans grand problème.

Wear OS, un système encore incomplet et peu ergonomique

Non, le problème ne vient pas spécialement de la partie hardware, ou en tout cas pas des différents capteurs qui équipent la Fossil Q (4th gen). Le problème vient de Wear OS, encore mal pensé et peu suivi par les développeurs.

La Fossil Q ayant tout ce qu’il faut pour être entièrement autonome, j’ai souhaité par exemple aller courir sans mon téléphone. Je télécharge donc sur la montre mes applications (Runtastic, Google Fit et Pocket Casts). Tout allait bien jusqu’à ce que je me rende compte que Google Casts ne propose pas de télécharger ses podcasts sur la mémoire de la montre.

Je décide donc d’écouter de la musique et cherche YouTube Musique. Dommage que cette application, pourtant développée par Google, ne soit pas disponible sur Wear OS. Obligé donc de passer par Play Musique, sur lequel je ne retrouve pas mes dernières playlists. Et c’est toujours comme ça, quand ce n’est pas directement l’ergonomie du système qui est handicapante.

Notons également que la Fossil Q embarque un SoC Snapdragon 2100. La même puce que celle de l’année dernière, reposant sur une architecture vieille de 2014. Clairement, elle n’est pas à la hauteur et il arrive souvent que la fluidité de navigation en souffre. Bugs, ralentissements… Les problèmes s’enchaînent et il m’est même arrivé de subir un freeze complet. Un peu dommage pour une simple montre connectée.

On retrouve sinon les fonctionnalités habituelles, comme ses notifications, les alertes, la possibilité de répondre facilement aux messages, le contrôle de la musique et bien sûr… l’heure. C’est une montre après tout !

Une batterie faiblarde

Ma première journée avec la Fossil Q 4 a été courte. Très courte. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais la batterie fondait à vue d’œil et la montre n’a pas tenu 6 heures complètes. Il s’agissait possiblement d’une mise à jour d’application qui a bugué et qui tournait en boucle en tâche de fond.

Les jours suivants, le problème a disparu, mais ma meilleure journée s’est terminée avec 20 % de batterie en ayant débranché la montre vers 11 h 30. Autant dire qu’il est obligatoire de recharger la Fossil Q tous les jours, et le week-end où j’ai par malheur oublié le chargeur à la rédaction s’est déroulé sans montre au poignet pour moi.

Il est obligatoire de recharger la Fossil Q tous les jours

Heureusement, la charge n’est pas trop longue. Fossil annonce 1 heure pour une charge complète. Dans les faits, c’est à peine plus (comptez 1 h 10 environ). Notez tout de même que si le chargeur USB propriétaire est bien fourni (un socle aimanté à coller au dos de la montre), le bloc secteur ne l’est pas. Il faudra donc s’en procurer par ailleurs, ou charger en USB.

Notons également que le câble mesure 90 cm. Avec une multiprise au pied de mon bureau, la montre devait donc charger sur le bord de celui-ci, prête à tomber au moindre choc.

Prix et disponibilité

La Fossil Q (4e gen) est d’ores et déjà disponible à partir de 299 euros. Il est cependant possible de la trouver un peu moins chère chez certains revendeurs. Sur Amazon par exemple, on la trouve à environ 265 euros.

Où acheter le Fossil Q Venture au meilleur prix ?

Ses principales concurrentes sont la Huawei Watch 2, la Samsung Gear S3 et bien sûr l’Apple Watch 4 pour les détenteurs d’iPhone.

Note finale du test 6/10
Sur le papier, la Fossil Q Explorist HR (4th gen) pourrait être une excellente montre. Non seulement elle est belle, mais elle dispose de tous les capteurs dont on aurait besoin. Malheureusement, elle embarque un SoC vieillissant qui la dessert non seulement au niveau de ses performances, mais aussi de son autonomie. Elle peine à réaliser certaines actions et encore plus à tenir plus d'une journée en charge. Difficile dans ces cas-là de réellement la voir comme un objet "connecté" si vous êtes obligés de retrouver une prise électrique deux fois par jour.

Par ailleurs, ses boutons prêtent rapidement à confusion et la navigation même de Wear OS n'aide clairement pas. Il peut paraître difficile de lui reprocher ce qui est commun à une grande majorité des montres du marché, mais avec la gamme Gear S de Samsung sous Tizen et l'Apple Watch parmi ses concurrentes, il est clair que Wear OS fait pâle figure.
  • Points positifs
    • Très beau design
    • Tous les capteurs nécessaires
    • Écran lumineux
  • Points négatifs
    • Wear OS
    • Autonomie médiocre
    • Performances à revoir