
Quand on s’intéresse à l’astronomie, ça peut vite devenir hors de prix. L’achat d’un télescope classique (de type Newton, Cassegrain ou même une lunette astronomique) est souvent très coûteux, surtout si on veut du matériel durable et évolutif. Les télescopes connectés comme ceux d’Unistellar ou de Vaonis, aussi excellents soient-ils, n’ont pas forcément fait baisser drastiquement le coût de l’équipement en arrivant sur le marché, puisque les différents modèles se situent à plus ou moins 2 000 euros, mais ils ont tout de même permis de rendre l’astronomie plus simple et plus ludique pour le grand public.
Avec le Dwarf Mini, l’entreprise chinoise DwarfLab rend la découverte du ciel étoilé tout simplement beaucoup plus abordable. À moins de 500 euros, il faut avouer que c’est une porte d’entrée bien plus acceptable dans l’infiniment grand qu’auparavant, surtout que le format ultra-compact du produit est vraiment pratique, ne serait-ce que pour le transport. À ce prix, il y a évidemment des compromis à faire, mais ce Dwarf Mini m’a réellement surpris. Voici mon verdict !
Un télescope qui rentre dans la poche ?
Quand j’ai reçu le colis du Dwarf Mini à la maison, je ne me suis pas vraiment dit que je recevais un télescope tant le paquet était petit : seulement 17 x 24 x 11,5 cm (oui, j’ai mesuré). Et, pourtant, dans ce petit carton qui pourrait se faire passer pour un petit colis perdu Amazon, il y a bel et bien un télescope intelligent, qui plus est.
Pour le prix, l’emballage est plutôt qualitatif, avec une boîte robuste et des rangements bien incorporés pour les accessoires. À l’intérieur de la boîte, on retrouve le Dwarf Mini, un câble USB-C vers USB-C pour la recharge, un chiffon doux et le manuel d’instructions. Le filtre solaire est même fourni avec, alors qu’il est en supplément chez certains concurrents.

Je dois admettre que j’apprécie particulièrement le design du Dwarf Mini. Il est petit, tout arrondi et sa robe gris foncé, que je trouve assez jolie, a en plus le mérite de le différencier complètement de ses rivaux, qui adoptent généralement plus une couleur blanche ou noire.
Mais ce que j’adore par-dessus tout, c’est évidemment son format ultra-compact. C’est simple : je n’ai jamais vu un télescope aussi petit de ma vie. Avec des dimensions de seulement 100,38 x 183,61 x 60,70 mm, le Dwarf Mini est si compact qu’il fait la taille d’une main, et il rentre même dans la poche. Bon, j’avoue il faut une grosse poche, mais ça rentre quand même ! Bref, elle est loin l’époque où déplacer son matos de plusieurs kilos était un véritable calvaire. Là, vous pouvez l’amener littéralement partout sans que ça remplisse un coffre de voiture, et ça, c’est beau.
Le Dwarf Mini peut s’utiliser directement en le posant par terre ou sur une table, mais aussi avec n’importe quel trépied à votre disposition grâce à son pas de vis de 1/4 de pouce comme le montre l’image tout en haut de cet article. Il tourne à 360 degrés sur son support. Enfin, le port USB-C est sur la tranche gauche, en dessous du bouton d’allumage.
Une application complète qui m’a sorti de ma zone de confort, mais pas sans défauts
Qui dit télescope connecté, dit application mobile. Vous ne pourrez évidemment rien faire avec le Dwarf Mini tant que vous n’aurez pas téléchargé DWARFLAB, que ce soit avec votre smartphone/tablette Apple ou Android.
À première vue, l’application a l’air assez sobre, avec une première page uniquement dédiée à la connexion de l’appareil, qui se fait d’ailleurs très facilement sans besoin de passer par les réglages Wi-Fi du téléphone. Une fois que c’est fait, vous pouvez directement prendre les commandes du télescope avec le bouton Photographier, mais aussi planifier des programmes ou encore simplement allumer et éteindre les éclairages LED du Dwarf Mini.
Je pense que mes expériences avec d’autres télescopes connectés plus premium comme l’Odyssey Pro et le Vespera II m’ont biaisé, car c’était super intuitif et facile d’utilisation : on choisit une cible recommandée ou non et ça pointe automatiquement après un premier petit repérage et une mise au point dans le ciel. Bref, pas de prises de tête. Ici, avec le Dwarf Mini, c’est aussi un peu le cas, mais le chemin était un peu plus compliqué lors de ma première sortie nocturne avec lui.
En fait, on a directement accès à un joystick sur un écran rempli d’options en tout genre et ça m’a complètement déstabilisé, en tout cas dans un premier temps. Je me suis d’abord dirigé vers la Lune, manuellement car l’application ne permet pas de le faire automatiquement. Ce n’était pas si facile car il y a une bonne petite latence entre le mouvement de l’appareil et le retour écran, mais j’ai finalement réussi à activer le suivi de l’astre pour prendre ma première photo. J’ai ensuite voulu cibler une nébuleuse bien précise, mais c’était un peu plus fastidieux que ce dont j’avais l’habitude.

Déjà, il faut trouver la petite icône en haut à droite pour faire apparaître plusieurs options : Général, Ciel profond, Système Solaire, Voie lactée et Traînées d’étoiles. Je choisis donc la deuxième option, et deux autres choix s’offrent à moi. Le premier, c’est le « Chercheur de Ciel » et la fonctionnalité est plutôt cool en soi, car cela affiche une carte interactive avec les objets disponibles dans le champ de vision de la caméra, que vous pouvez déplacer pour faire apparaître d’autres objets célestes. C’est parfait pour la découverte, vraiment, mais ce n’était pas ce dont j’avais besoin dans l’immédiat.
Je voulais faire au plus vite et j’avais une idée très précise de l’astre que je voulais observer, j’ai donc opté pour le deuxième choix, qui est la carte de l’Atlas. On peut s’y déplacer par glissements de doigt et sélectionner des astres pour orienter automatiquement le télescope vers eux, mais ce n’est pas le plus pratique. Et, là, je tombe enfin sur ce que je voulais : l’icône en forme de loupe qui permet de rechercher une cible précise. On y est ! J’ai donc pu plus facilement rechercher le corps céleste désiré, mais il a quand même fallu un peu fouiner.
Une fois la première nuit passée et le temps de m’y faire un peu lors d’autres sorties, je me rends compte que l’application est vraiment faite pour donner toutes les cartes en main à un explorateur du cosmos non expérimenté qui veut découvrir des astres même s’il n’y connait rien, surtout que tout est traduit en français. J’y ai pris goût et je me rends compte que j’étais juste têtu à vouloir absolument observer mon astre préféré la première fois, car c’est un plaisir de se perdre pour en découvrir de nouveaux. Le chercheur de ciel est très bien fait pour ça !

L’application est aussi plus permissive que certains concurrents, ce qui est idéal pour des profils un peu plus experts. Par exemple, lors de la prise d’une photo, on peut laisser les réglages prédéfinis par défaut pour tel ou tel astre, mais aussi choisir de bidouiller le focus, le gain ou encore l’obturateur, et même récupérer les fichiers RAW pour les modifier soi-même sur ordinateur. Mais la principale force selon moi, c’est le deuxième capteur grand-angle intégré au bout du bras du télescope. Il permet d’ajouter des fonctionnalités que je n’avais encore jamais pu tester sur un appareil de ce genre, comme prendre des photos de la nature, mais aussi, et surtout, des traînées d’étoiles et même de la Voie lactée.

Pour prendre en photo la Voie lactée avec le Dwarf Mini, il faut normalement s’équiper d’une monture équatoriale inclinée vers le nord céleste pour limiter la rotation de champ sur les bords de l’image, mais il existe une petite astuce facile, même si elle limite les temps de pose et provoque du flou dans le décor terrestre :
- Choisissez de suivre la Nébuleuse de la Lagune, ou tout autre objet présent sur la large bande de notre galaxie ;
- Passez en mode grand-angle à la place du téléobjectif ;
- Assurez-vous que le filtre Astro est bien appliqué ;
- Puis réglez l’exposition entre 10 et 15 secondes et le gain entre 40 et 60 pour un ciel bien noir.

Toutes les photos (en définition 1 920 x 1 080 pixels) sont directement stockées sur la mémoire de 64 Go du télescope et sont visibles dans la section album de l’application. Jusque-là, pas de problème, enfin jusqu’à ce que j’éteigne le Dwarf Mini et que je veuille regarder mes photos dans mon canapé. Il est tout simplement impossible d’accéder aux photos depuis l’application s’il n’est pas allumé et connecté à votre smartphone. Il est évidemment possible de sauvegarder une copie directement dans la galerie de votre téléphone en amont, mais vous ne pourrez toujours pas y accéder depuis l’application. C’est assez embêtant, surtout que l’application offre quelques outils de personnalisation photo que je détaillerai un peu après.
Depuis la dernière mise à jour en date, il y a un nouvel onglet « Explorer », qui permet de voir les photos partagées par la communauté, mais aussi de publier les siennes si on le souhaite. Autre ajout : le fait de pouvoir inviter un ami équipé d’un télescope DwarfLab pour pointer la même cible et améliorer plus rapidement le résultat de la photo finale, mais je n’ai pas pu essayer cette fonction avec un seul exemplaire de test. D’ailleurs, je vous conseille vivement de désactiver l’assistant Dwarf dans les réglages de l’app, car vous déplacerez tout le temps son icône de droite à gauche pour faire ce que vous voulez dans l’application, et c’est pénible à la longue.
Des outils de personnalisation un peu trop pratiques
Comme je l’ai dit précédemment, le Dwarf Mini est équipé de deux capteurs, ce qui offre une belle polyvalence pour un si petit appareil. Il y a tout d’abord le grand angle, le bien nommé OmniVision OS02K10 1/2,8″, avec une ouverture de 3,4 mm et une distance focale de 6,7 mm, surtout utile pour les traînées d’étoiles et la Voie lactée. Ensuite, le téléobjectif Sony IMX662 1/2,8″ profite d’une ouverture de 30 mm et d’une distance focale de 150 mm, et sert pour tout ce qui est système solaire et ciel profond.
Pour un télescope classique, ces chiffres sont peu élevés, car plus on a une grosse ouverture et une longue focale, plus on voit bien et loin dans le cosmos. Mais le Dwarf Mini compte surtout sur de la retouche pour améliorer les clichés.


Ce que vous voyez juste au-dessus, c’est la nébuleuse d’Orion, celle que je voulais à tout prix shooter la première fois avec le Dwarf Mini, car elle n’est plus visible après le mois d’avril dans l’hémisphère nord. Je n’ai vraiment pas posé longtemps, puisqu’il n’y a eu que 120 images empilées, et ça se voit que le premier résultat n’est clairement pas optimal, à en juger par ces couleurs ternes et ce bruit numérique bien trop présent, même si les principaux détails de l’astre sont là. Puis, en quelques clics, le résultat change radicalement, avec un ciel bien noir, des étoiles plus nettes et des détails plus fins dans les couches de gaz, mais aussi des couleurs peut-être un peu trop pétantes.
Ce tour de magie, je le dois à Stellar Studio, un système de retouche photo intégré à l’application. Ce dernier apparaît dans l’onglet Album, mais uniquement quand le Dwarf Mini est allumé. De là, je peux choisir la photo que je veux et lancer la retouche automatique pour obtenir très rapidement un bien meilleur résultat, comme vous avez pu le constater. Mais ce n’est pas tout, je peux aussi choisir de rajouter des aigrettes sur les étoiles, ou même totalement les supprimer pour n’avoir que l’astre sur un fond noir. Cela m’a perturbé dans un premier temps, mais je trouve finalement le résultat assez artistique.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que DwarfLab offre la possibilité de prendre plusieurs photos à la volée de différents astres en une seule séance nocturne, et d’avoir tout de même un résultat qui est suffisamment satisfaisant grâce à la retouche pour partager sur les réseaux sociaux, par exemple. C’est simple : sans la retouche, le résultat est très bruité et terne. Pour pallier cela, il faut une exposition longue, très, très longue avec le Dwarf Mini. Et justement, cette option est aussi de la partie, pour poser plusieurs heures sur le même objet céleste afin d’obtenir le plus de luminosité et de détails possible. Encore mieux, vous pouvez enchaîner plusieurs nuits sur la même cible et empiler le tout avec Mega Stack, une autre option bien pratique de l’application.
Je l’ai fait sur Andromède (M31) après 4 nuits et il y avait un peu plus de 1 000 photos à empiler, mais j’ai pris tout de même soin de supprimer certains clichés où un câble électrique passait devant la galaxie. Une fois que vous avez sélectionné toutes vos photos du même objet céleste, il ne reste plus qu’à attendre, un peu plus de 3 heures dans mon cas.
L’attente est assez longue, mais c’est toujours mieux que de le faire soi-même sur ordinateur. Je trouve le résultat plutôt satisfaisant compte tenu du prix et des limitations techniques du Dwarf Mini. On voit quelques bras de la galaxie se dessiner même s’ils s’effacent un peu plus sur les extrémités, et la qualité finale est bien meilleure qu’en une seule prise. De plus, vous pouvez toujours améliorer le tout avec un petit coup de Stellar Studio.


Une autre fonction que j’ai déjà pu tester sur les télescopes premium de Vaonis est aussi disponible sur le Dwarf Mini : la mosaïque Astro. Cela consiste tout simplement à élargir la zone en long comme en large pour avoir, par exemple, plusieurs astres sur le même cliché. Et, pour réussir cette tâche, le télescope va balayer la zone définie dans l’application, et prendre plusieurs photos pour finir par les assembler et n’en faire qu’une. Cependant, il faut impérativement une monture équatoriale et pas d’astuce miracle cette fois.
Enfin, ne pensez pas pouvoir découvrir les planètes de notre système solaire avec une si petite focale, vous verrez au mieux un point pixelisé. Par contre, la Lune étant l’astre le plus proche de nous, le Dwarf Mini peut en immortaliser de beaux clichés. La qualité est suffisamment correcte pour admirer les nombreux cratères lunaires et c’est toujours un plaisir de l’observer lors de ses différentes phases.
Notez que le filtre solaire est livré avec le télescope de DwarfLab, vous pourrez donc aussi voir les taches solaires et même regarder les transits de Mercure, ou beaucoup plus rarement Vénus. Après avoir installé le filtre, il suffit de viser manuellement le Soleil avec l’application sur votre smartphone ou tablette pour que le Dwarf Mini se calibre et commence à suivre sa cible.

Une autonomie trop basse pour shooter toute la nuit
Le Dwarf Mini a beau être le plus compact des télescopes connectés qu’il m’ait été donné de voir, il embarque tout de même une batterie de 7 000 mAh. À titre de comparaison, c’est 400 mAh de plus que l’Odyssey Pro.
Pourtant, la marque annonce une autonomie en dessous de son concurrent premium, 4 heures contre 5 heures. Cependant, je n’ai jamais pu l’atteindre. Comptez plutôt 3 bonnes heures si vous ne changez pas tout le temps de cible. Pour être honnête, c’est bien trop peu pour une sortie nocturne, surtout si l’on prend en compte que le télescope doit rester allumé pour consulter ses photos et les modifier.
Pour pallier cela, vous avez deux solutions : soit raccorder le télescope à une prise électrique, soit connecter une batterie externe via le port USB-C. Pour la recharge, il lui faut un peu plus de 2 heures pour passer de 0 à 100 %.
Prix et disponibilité
Le Dwarf Mini est disponible à moins de 430 euros sur Amazon et AstroShop.
Et pour comparer le Dwarf Mini avec la concurrence, nous vous invitons dès maintenant à consulter notre guide des meilleurs télescopes connectés du moment.
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