DJI propose son super stabilisateur, le Ronin-S. Que vaut-il ? À qui s’adresse-t-il ? Quelles sont ses limites ? Voici notre avis complet !

Que vous soyez un professionnel de la vidéo, un amateur qui aime le travail bien fait, ou un YouTubeur en devenir qui aimerait avoir le bon matériel pour s’équiper, posez tout, approchez-vous, il faut que je vous parle.  Dernièrement, le célèbre fabricant de drone et de matériel vidéo DJI a sorti son nouveau stabilisateur, le Ronin-S.

Tout d’abord, un gimbal, qu’est-ce que c’est ? En gros c’est une sorte de nacelle stabilisée que l’on tient avec une poignée et sur laquelle se trouve une caméra. On rencontre plusieurs sortes de gimbal, certaines sont faites pour tenir un smartphone, comme l’Osmo Mobile de DJI, d’autres un peu plus abouties ont leur propre caméra dédiée comme l’Osmo+.

Je reste volontairement dans des exemples de gimbal provenant de DJI pour bien vous montrer l’évolution, le cheminement, la réflexion qui les a amenés à créer le Ronin-S.

Comme vous avez pu le constater, les appareils photo reflex ou hybrides sont de nos jours de plus en plus utilisés pour faire des vidéos, que ce soit chez les pros et les amateurs. Sans entrer dans un budget démentiel, on peut désormais trouver des bons boîtiers qui offrent une qualité d’image bien plus que suffisante.

Mais la qualité d’une séquence ne dépend pas que de la qualité du boîtier, c’est comme résumer que pour faire de la bonne cuisine, il suffit d’avoir un bon four, malheureusement cela ne marche pas comme cela. Pour faire une bonne séquence, il faut d’abord de la créativité, de l’imagination, une caméra, mais surtout ce coup de main qui vous donne un rendu de mouvement naturel, coulé, et c’est là que les gimbals entrent en jeu.

Le Ronin-S a été clairement réfléchi, dessiné, et conçu pour vous aider à tirer le meilleur de votre boîtier dans des situations de mouvements, d’action, de traveling.

Ce coup-ci, pour le test, je vais confier la mission à mon binôme Jean-Marc Favre, aka favros. 40 ans dans le milieu de la photo & vidéo, ancien photographe de la nuit de la glisse, mainte fois primé. Je voulais avoir un avis pointu, quelqu’un qui pousse le Ronin-S au bout de ses capacités.

Le Ronin-S impose le respect

Cela fait quelques années que nous sommes habitués aux produits DJI, et à chaque fois que l’on découvre un nouveau produit, c’est toujours un peu plus beau à chaque fois. Ce Ronin-S est simplement superbe, quand on le sort de sa boite il impose le respect, tout simplement.

La qualité du produit est à la hauteur de tout ce que vous avez pu voir chez DJI, l’essentiel est là, avec le souci du détail. Dans le coffret, il n’y a pas d’extra, juste l’essentiel sans que rien ne manque. On notera qu’un trépied est inclus dans le kit qui vous permet de poser le Ronin-S et ainsi de pouvoir le piloter via l’application dédiée.

Dans le coffret on retrouve :

  • La gimbal
  • La poignée avec la batterie incluse
  • Une platine de montage pour l’appareil photo
  • Un bouton de focus
  • Un câble de contrôle infra rouge
  • Un câble de contrôle multi camera type C + un câble pour camera type B
  • Un câble USB-C
  • Un chargeur USB de 24 W
  • Boîte d’accessoire
  • Une clé Allen
  • Un strap pour ranger les câbles
  • Un support d’optique
  • Un rehausseur de caméra
  • Un trépied
  • Boite de rangement
  • La valise de transport est de très bonne facture et vous permettra de voyager avec votre Ronin-S sans soucis de risquer de l’abîmer.

La mise en route est plutôt simple et intuitive.

Tout d’abord le montage de la mécanique se fait très facilement, opération accessible à tout le monde. En moins de 5 minutes, le système est monté et équilibré. Comme tous ces appareils, pour avoir le meilleur des rendus, il vous faudra monter votre appareil photo de manière qu’il soit « centré » au repos. Cela a pour but d’éviter aux moteurs de fonctionner pour corriger la position au neutre, puisque celle-ci sera maintenue naturellement, merci la gravité ! Je vous recommande de ne pas hésiter à prendre le temps pour cette étape.

Détail utile, sur la platine de montage, vous avez des graduations, hésitez pas, une fois l’équilibrage obtenu, de marquer le support pour vous rappeler les positions du bras, et de la platine pour vos prochains usages.

DJI Ronin une application dédiée

Le Ronin-S dispose de sa propre application. Principalement, l’application va vous fournir les outils pour bien régler votre nacelle vis-à-vis du poids de l’appareil embarqué, mais aussi elle vous offre tout un tas de possibilités de mouvements de caméra. Ainsi vous pourrez vous même éditer des rotations, des durées de positions, etc.

Pourquoi ne pas utiliser les applications déjà existantes ? C’est vrai que nos mobiles deviennent de plus en plus encombrés d’apps et que personnellement, je préfère une application centrale qui fonctionne pour plusieurs modèles.

Mais dans toutes les autres appli de gimbals DJI, on a un retour caméra que le Ronin-S n’offre pas. Qu’il provienne de l’écran du smartphone pour la version Osmo mobile ou du retour de la zenmuse pour l’Osmo+, à chaque fois on a un liveview. Ici, comme la caméra utilisée est un appareil photo, aucun liveview n’est disponible, mais rien ne vous empêche d’ajouter un écran déporté sur votre boîtier si celui-ci vous le permet.

L’autotune l’assistant idéal

L’un des plus gros challenges avec ce type de matériel, c’est de bien le régler, que ce soit pour la partie mécanique comme on l’a vu plus haut, ou pour la partie électronique. La partie mécanique, c’est tout simple, on déplace des bras, on rapproche ou on éloigne des masses, rien de bien sorcier. Pour la partie électronique, si l’application ne vous offre pas les possibilités d’ajustement, vous ne pouvez rien faire.

Vu la différence qu’il existe dans les boîtiers caméras utilisées aujourd’hui pour faire des vidéos, il était impératif de pouvoir ajuster le comportement du Ronin-S pour être le plus adapté à la caméra qu’il embarque. Sans cela le Ronin-S aurait été plus approprié pour certaines caméras que d’autres, et ce n’était pas le but de DJI qui dans ce produit mets un point d’honneur à offrir la même expérience utilisateur pour tout le monde, qu’importe le type de caméra utilisée.

Pour ce faire, sans rentrer dans la technique, on va jouer sur ce que l’on appelle les algorithmes d’asservissement et la méthode de réglage est la même que l’on utilise aussi dans les drones pour régler leur stabilité. Pour vous faciliter la vie, DJI a implémenté « l’autotune » qui va vous éviter des heures à trouver le réglage parfait.

Vous installez votre caméra, lancez l’autotune et le Ronin va effectuer des mouvements et « lire » la puissance qu’il doit injecter dans les moteurs de la nacelle pour corriger les déséquilibres. Ceci s’appelle l’apprentissage des gains. Une fois cette étape effectuée, vous voilà avec votre nacelle ajustée à votre boîtier. Si le rendu ne vous plait pas — ce que je doute, car il répond dans 99 % des usages –, vous pouvez continuer à affiner ceux-ci à la main via tous les paramètres éditables dans l’application.

Le Ronin-S via l’application offre des modes de prise de vue que voici :

  • Panoramas à 360° : le stabilisateur prend automatiquement un certain nombre de photos sous différents angles.
  • Time Lapse : ce mode capture les éléments fixes d’une scène. Vous choisissez le temps de pose et le temps final de la vidéo.
  • Time Lapse en mouvement : la caméra effectue un mouvement tout en capturant les éléments fixes d’une scène et en accélérant les éléments en mouvement.
  • Sport : pour filmer des scènes dynamiques instantanément.
  • SmoothTrack : agit sur les 3 axes, il permet de passer du mode vertical au mode renversé en un mouvement naturel qui ne gêne pas la nacelle.

Ce sont des modes que l’on retrouve déjà dans la version de l’Osmo Mobile ou celle de l’Osmo+, on ne va pas s’étendre là-dessus, on va se concentrer sur l’usage gimbal en mode dynamic.

Une différence avec les autres applications pour les Osmo Mobile ou Osmo+ : ici pas de stitching pour le panorama. Forcément puisqu’il n’y a pas d’interaction autre que le déclenchement du boîtier. Tout ce que vous pourrez faire, c’est régler les zones de « couverture » pour après être sûr de bien réussir votre rendu sur votre ordinateur.

Le mode timelapse est vraiment bien fait, avec tous ces points éditables, vous avez la possibilité de construire de beaux mouvements de caméra avec différentes pauses, tout a été pensé pour être au service de votre créativité.

Comme nous n’avions pas le Ronin-S pour une grande durée, on a volontairement fait l’impasse sur l’usage de cet appareil en mode studio. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’à la vue de l’appareil, il est évident que le job serait fait haut la main. Il n’y a pas plus confortable pour ce genre de gimbal qu’un test au calme, à plat, avec très peu de mouvement. Dans ce type d’environnement, toutes les gimbals de DJI font un travail parfait, que ce soit l’Osmo Mobile ou le Osmo+, alors il était évident que le Ronin-S allait lui aussi faire du beau boulot. Ce qui nous intéressait était de le sortir de sa zone de confort.

Pour le test l’appareil photo qui sera utilisé est un GH4 de 560 g avec un objectif de 14-140, on est donc à un poids de caméra avoisinant les 700 grammes.

Première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on prend le Ronin-S :  « c’est lourd ! ». Oui c’est lourd, et c’est nécessaire d’être lourd, cela va aider à « asseoir » le dispositif. Plus le système est léger, plus il est sujet aux petites vibrations. Avec ses 1,85 kg à vide, le Ronin-S peut embarquer des caméras pouvant peser jusqu’à 3,6 kg. Avec notre GH4 on est donc à 2,5 kg.

Tout cela tenu à bout de bras, sur du plat au calme, ça passe, mais dans le feu de l’action, c’est un vrai exercice auquel il faudra vous exercer et vous habituer. Mais vous verrez, ce Ronin-S est tellement agréable que l’apprentissage sera une vraie partie de plaisir !

Avec une seule poignée, le poids est centré sur une seule main grâce à une ergonomie de la poignée très bien adaptée le grip est solide et la tenue excellente. Après une période de découverte, on commence à s’habituer et très vite ces premiers ressentis disparaissent et on se concentre sur les plans à filmer. C’est au pas de course que l’on a commencé le test, le but était de courir en montée et en descente, sur un terrain escarpé et difficile où courir sans caméra est déjà un exercice à part entière.

La prise en main est bien équilibrée, saine, et l’usage devient vite intuitif. Malgré une surface d’évolution chaotique, courir avec le Ronin-S n’est pas plus compliqué qu’avec une gimbal classique lorsque l’on a su s’affranchir du poids. Le bon réglage de la position de la caméra sur la nacelle y est certainement pour beaucoup, c’est pourquoi j insiste encore, et je vous invite à bien prendre le temps d’effectuer cette opération, vos prises de vue n’en seront qu’améliorées.

Et le rendu, qu’est-ce que ça donne ?

Le Ronin-S assure son boulot à la perfection. Une fois bien réglée, la stabilisation assurée par la nacelle répond parfaitement aux besoins sur le terrain. Compte tenu du profil du sol, de la course, de la dynamique et du poids de la caméra embarquée, le Ronin-S nous a bluffé. Le travail de compensation est vraiment brillant et vous voilà avec un outil qui vous permettra de tirer le meilleur de votre caméra dans pratiquement toutes les circonstances.

La vidéo ci-dessous est un exercice de gros plan en montée sur un sentier en mode course et, comme vous pouvez le voir, le rendu est à la hauteur de ce que l’on attend d’une gimbal professionnelle, et là vous l’avez avec du matériel à un prix très accessible !

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Pour la suite du test, nous allons quitter le sol, pour vous emmener en bateau suivre une session d’entraînement de wakesurf.

Pourquoi le bateau ? Tout simplement parce qu’un bateau est toujours en mouvement, et ce sur tous les axes. Même avec un lac d’Annecy calme, rien n’est posé alors on s’était dit que ça serait un bon exercice de fond pour le Ronin-S.

Ici aussi, pas de surprises : le Ronin-S effectue son travail à la perfection. Nous voilà dans un cadre de tournage beaucoup moins hostile que le trail et on peut profiter pleinement de tout le potentiel du Ronin-S. Le joystick de contrôle de caméra est vraiment agréable et intuitif.

Son lissage de mouvement permet d’effectuer toutes sortes de mouvements de caméra en gardant une stabilisation impeccable. Si vous avez besoin de plus de dynamisme, vous pouvez passer en mode sport pour accélérer les taux de rotations de la nacelle.

Voilà un petit rendu à bord du bateau :

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Ce test en trail est assez ultime au regard des usages classiques que vous en ferez, mais comme on dit, « qui peut le plus, peut le moins », et grâce à cette nacelle, avec votre boîtier, vous allez faire plus et beaucoup mieux que sans ! Alors oui c’est plus encombrant que les petites nacelles pour smartphones, mais là on n’est pas du tout dans la même catégorie.

À qui s’adresse le Ronin-S ?

Le Ronin-S est l’assistant idéal pour ceux qui attachent de l’importance à de la vidéo soignée, en quête d’un travail abouti, que ce soit pour du vlog, du professionnel, ou autre.
Que vous filmiez du documentaire, du mariage, du log, ou que vous soyez sédentaire ou voyageur, si vous utilisez votre boîtier pour filmer des vidéos, alors le Ronin-S est LE compagnon qu’il vous faut et, avec lui, vous aurez la garantie d’un travail réussi dans vos prises de vues.

Prix et date de disponibilité

Le DJI Ronin-S est d’ores et déjà disponible à l’achat au prix de 749 euros, que ce soit sur la boutique officielle de la marque ou chez des revendeurs comme Darty.

Note finale du test 9/10
Le Ronin-S est un produit très abouti. DJI a voulu apporter la même expérience utilisateur que l'on retrouve avec une nacelle classique aux possesseurs de reflex, et a pleinement réussi cette mission.

La mise en route est simple, tout comme les réglages d'équilibrage, cette nacelle est ce qui se fait de mieux à ce prix là. Le Ronin-S est la 3e évolution de leur gamme Ronin, après le Ronin classique et le Ronin-M.
Le Ronin-S est d'ailleurs la seule nacelle à garder l'horizon stabilisé dans les accélérations.

Vous pouvez utiliser une large gamme de boîtiers avec les objectifs que vous souhaitez et les filtres que vous désirez tant que vous restez dans la zone de poids embarqué. L'éventail des possibilités est donc si grand, qu'il est impossible que vous ne puissiez trouver la combinaison dont vous avez besoin pour vos projets.

Cependant, notez que le bouton d'enregistrement et la molette de mise au point ne sont pas encore compatibles avec des appareils autres que le GH5, mais DJI y travaille, donc on peut attendre une mise à jour très prochainement de l'application pour combler ce manque.
Points positifs
  • Le prix
  • L'autonomie (12h)
  • La qualité de stabilisation
  • La robustesse
Points négatifs
  • Poids (obligatoire)
  • Pas de harnais fourni
  • Déclenchement et molette pas compatibles avec tous les boîtiers