Les premières précisions concernant le rachat de l’opérateur mobile SFR par la câblo-opérateur Numericable sont tombées ce matin dans un communiqué de presse. Il nous renseigne sur la future forme que prendra le groupe Numericable-SFR et sur la stratégie de ce dernier.

SFR numericable

Si les négociations exclusives entre SFR et Numericable aboutissent, le nouvel ensemble issu de la fusion souhaite rien de moins que « de créer le champion du Très Haut Débit fixe-mobile« . L’espoir du nouveau groupe repose sur les compétences de ses membres. Numericable, en tant que fournisseur d’accès Internet, revendique la compétence et l’expérience du câble : 8,5 millions de foyers français sont raccordés en Triple Play par Numericable. SFR, de son côté, amène son expertise en tant qu’opérateur mobile et ses clients (21 millions en 2013). Et dans la mesure où SFR est déjà propriétaire d’un réseau fibre, certes moins important que celui d’Orange, Numericable s’appuiera sur ses forces mais mettra en commun les ressources : dans les zones où le câble est disponible, le câblo-opérateur devrait mettre un terme au déploiement de la fibre optique. Et pour les clients de SFR, pas de changement particulier… du moins pour les 80 % qui ne migreront pas d’office sur le réseau Numericable.

Après une période de double marque (co-branding), Numericable pourrait alors disparaître au profit de SFR : « le nouvel ensemble s’appuiera sur la force de la marque SFR et sur un réseau de distribution multicanal comptant environ 850 boutiques. » Le futur groupe vise à moyen terme une croissance de son chiffre d’affaire de 2 à 5 % chaque année. Détail amusant, le communiqué de presse précise bien que le nouvel ensemble SFR-Numericable « demeurera domicilié en France et restera coté à la Bourse de Paris« . Le patron de Numericable, Patrick Drahi, est résident fiscal en Suisse, ce qui a provoqué une enquête du côté du ministère des Finances français. Numericable fait actuellement l’objet d’un contrôle fiscal : les impôts français réclameraient 36,3 millions d’euros concernant la TVA impayée entre 2006 et 2010.