C’est bel et bien la fin pour Grooveshark. Le service de streaming musical, lancé à la fin des années 2000, vient d’annoncer sa fermeture immédiate et définitive. Il choisit ainsi de s’éviter de coûteux procès.

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Cela fait des années que Grooveshark s’attire les foudres des maisons de disques. Le service américain, disponible depuis 2007, proposait aux internautes sur ordinateurs ou via ses applications Android et iOS, d’écouter de la musique en streaming gratuit. Controversé, assorti de nombreux clients offrant des fonctionnalités de partage de musique entre mobinautes, il avait d’ailleurs été banni du Play Store et de l’App Store d’Apple en 2012, avant d’y être réintégré quelques mois plus tard.

Escape Media Group, le propriétaire de Grooveshark, avait déjà été attaqué par Universal, EMI ou encore Sony Music. Depuis six ans, c’est dans des affaires de paiement des royalties aux majors détenant les doits des titres diffusés par ses services que Grooveshark est emmêlé. Il fait aujourd’hui son mea culpa, depuis son site, dont le contenu est désormais inaccessible.

« Nous avons échoué à nous assurer l’autorisation des ayants droit pour la grande quantité de musique présente sur notre service. C’était mal. Nous présentons nos excuses. Sans réserve. »

 

Plus de 700 millions de dollars d’indemnités

L’affaire précise qui a poussé Grooveshark à clore son service a démarré en 2014. Neuf maisons de disques ont attaqué Escape Media Group pour violation de copyright, l’accusant d’avoir mis en ligne plus de 5000 chansons, sans en détenir les droits, en passant pas de faux comptes créés par ses employés. La justice a eu vent de cette pratique allant beaucoup plus loin que la mise à disposition d’une plateforme sur laquelle les internautes uploadaient chacun de la musique, son fonds de commerce initial. Chacune des majors a donc réclamé d’importants dommages et intérêts, donc certains atteignaient les 150 millions de dollars. C’était environ 736 millions de dollars d’indemnités à verser que s’exposait Grooveshark, devant les tribunaux depuis le début de la semaine pour mieux fixer le montant des dommages.

Grooveshark

Grooveshark a choisi la voie de la négociation avec Universal Music Group, Sony Music et Warner Music Group, plutôt que de s’acquitter d’indemnités dont le montant aurait excédé ses moyens. Le service met aujourd’hui sa parole en jeu et, en cas de violation de son accord, s’expose à une amende de 75 millions de dollars par maison de disque. Il va d’ailleurs jusqu’à renvoyer ses utilisateurs vers des services payants, à l’image de Spotify, Google Play Music ou Deezer. La mort dans l’âme, on l’imagine.