Pendant que nos journaux nationaux se déchainent sur l’affaire Bettencourt, nous avons aussi des sujets bouillants dans la sphère high-tech. Vous n’imaginez pas tout ce que l’on peut entendre comme démagogie et désinformation cet été. L’affaire de l’iPhone 4 est sûrement la série la plus suivie et la plus captivante de l’été. Avez-vous eu écho de l’intervention de Steve Jobs lors d’une keynote spécialement organisée vendredi dernier pour répondre à la presse et rassurer les consommateurs ?

Nous savons que les médias ont besoin constamment de viandes fraîches pour se nourrir. Quand il n’y a rien de nouveau et juteux, ils gardent les os restants pour les ronger. Mais sont-ils les seuls fautifs dans cette affaire ? Pour moi, pas du tout.

Bien que le geste soit compréhensible, la forme et l’explication de la marque à la pomme ne conviennent pas à tout le monde et surtout aux concurrents. On le sait, les smartphones sont  tous porteurs de ce gêne malfaisant selon Apple. Mais voilà que Apple veut se la jouer ARN interférent au passage en testant les téléphones des concurrents et en investissant près de 100 millions de dollars dans un salle de test. Selon moi, Apple a pris une très mauvaise décision avec cette keynote où Steve Jobs a sorti l’excuse de « tout le monde le fait, donc je suppose que c’est ok si je le fais aussi. ».

Avec cette histoire, on assiste à un lourd défilé de dissonance cognitive rarement autant repris. Théoriquement, ce terme signifie que des individus en présence de connaissances incompatibles entre elles, éprouvent une « tension » qui les poussent à mettre en place des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif. En pratique, c’est comme lorsque vous lisez « la clope tue », si vous êtes un fumeur vous allez donc soit éviter le message, soit l’interpréter pour diminuer la portée du message, jusqu’à remettre en cause sa crédibilité (j’en entends déjà dire : « Il faut bien mourir de quelque chose… » ). Bref, il se passe la même chose actuellement.

Il faut savoir que deux choses sont importantes dans le leadership, la responsabilité et la responsabilisation. Malheureusement, cela signifie qu’Apple aurait du assumer la responsabilité de la mauvaise conception de l’iPhone 4, et ne pas chercher à blâmer quelqu’un d’autre (les clients et les concurrents). On comprend donc que HTC, Nokia, RIM, ou encore Samsung ont rapidement répliqué. Apple n’a malheureusement pas précisé le problème mais a tenté tout simplement de le masquer. Ils ont carrément sous entendu que les autres constructeurs devraient eux aussi se pencher sur le problème. Prenez vos responsabilités, Toyota l’a fait.

Nous ne fustigerons pas les utilisateurs d’iPhone d’être utilisateurs iPhone. Nous savons que l’impartialité n’est pas quelque chose qui se vend. L’émotion, les injures et les cris… voilà les choses qui se vendent.

Bref, tout ça pour vous dire que c’est un non-problème et cette gue-guerre des chiffres me fait bien rigoler autant que les prises de parole. Passons.