Le bon sens avait déjà statué sur le sujet. Une nouvelle étude vient toutefois d’y ajouter son grain de sable : les écrans nuisent au sommeil s’ils sont utilisés juste avant le coucher.

Livre

Une dernière partie avant de dormir ? Une très mauvaise idée, d’après l’étude publiée par le Brigham and Women’s Hospital, qui s’est attachée à comparer les effets sur le sommeil de la lecture sur une tablette (iPad) ou sur un livre imprimé juste avant le coucher. « Une précédente recherche a montré que la lumière bleue supprime la mélatonine, a un impact sur le rythme circadien et augmente la vigilance, mais on savait peu de chose sur les effets de cette technologie populaire sur le sommeil », indique le compte-rendu de l’étude. La mélatonine, également baptisée hormone du sommeil, permet notamment de régler l’horloge interne du dormeur.

L’étude a quant à elle mis à l’épreuve douze sujets pendant deux semaine. Ils ont lu quatre heures avant de se coucher sur un iPad cinq jours durant, puis sur un livre papier, dans un ordre ou l’autre. Les chercheurs ont alors constaté que les lecteurs sur iPad mettaient plus longtemps à s’endormir, étaient moins enclins à s’endormir dans la soirée et passaient moins de temps en période de sommeil paradoxal. Le rythme circadien a lui aussi été décalé d’une heure et, le lendemain, les lecteurs sur iPad se sont avérés moins performants.

Tous les écrans émettant une lumière bleue sont coupables

L’étude prend en compte d’autres « liseuses, ordinateurs, téléphones portables, moniteurs LED et appareils électroniques » émettant une lumière bleue. Les liseuses à écran e-Ink et autres Yotaphone ne sont donc pas concernés mais les smartphones, utilisés pour consulter de derniers emails ou pour une dernière partie de votre jeu du moment, peut donc contribuer à perturber le sommeil. L’étude se montre un peu plus alarmiste, rappelant que : « les chercheurs mettent en avant l’importance de ces découvertes, étant donné la preuve récente du lien chronique entre la suppression de la sécrétion de la mélatonine causée par exposition à une lumière nocturne avec l’accroissement du risque de cancer du sein, de cancer colorectal et de cancer de la prostate ». De quoi réhabiliter le traditionnel livre de chevet, dont les vertus soporifiques ne sont d’ailleurs plus à prouver.