Google Assistant, Siri, Amazon Alexa… Il existe une multitude d’assistants virtuels. Tous veulent répondre au mieux aux besoins des utilisateurs. Cependant, ils n’ont pas du tout la même philosophie. Quand Apple met beaucoup en avant la protection de la vie privée, ses concurrents misent plutôt sur la personnalisation des services.

Google Home

 

Le secteur des assistants intelligents est en pleine expansion. Tous les grands noms de la Tech se bousculent pour proposer leurs propres solutions. Dernier exemple en date : Apple a tout récemment dévoilé le HomePod, un assistant pour la maison qui empreinte l’esthétique d’une enceinte audio et qui propose à l’utilisateur d’interagir avec une version améliorée de Siri.

L’Apple HomePod vient ainsi se confronter à d’autres pontes de ce marché, tels que Google Home et Amazon Echo — respectivement animés par les voix des assistants intelligents Google Assistant et Amazon Alexa. Mais il est intéressant de voir que dans leur philosophie et leurs usages, ces deux derniers sont sensiblement différents du produit de la marque à la Pomme. Et ces divergences concernent essentiellement la protection de la vie privée et les usages qui en découlent.

Respect de la vie privée

Lors de la présentation du HomePod, Apple a tenu à souligner le fait que son produit ne se voulait pas intrusif pour respecter la vie privée. Toutes les requêtes restent ainsi anonymes.

Deux philosophies très distinctes, voire opposées. D’autant plus que chacune entraine des usages bien particuliers. Mais avant d’aller plus loin, il est bon de préciser la politique d’Apple en ce qui concerne la protection de la vie privée. Car si la firme de Cupertino est souvent désignée comme étant la meilleure en termes de protection des données des utilisateurs, cela ne l’empêche pas de récolter des informations. Néanmoins, dans ce processus, l’entreprise applique un concept statistique assez vieux mais finalement peu connu : la confidentialité différentielle.

La confidentialité différentielle

Dans un communiqué, Apple explique que cette technologie « aide à découvrir les comportements d’un large nombre d’utilisateurs sans compromettre leur vie privée individuelle ».

Vulgairement, la confidentialité différentielle anonymise les données pour que celles-ci permettent de détecter des habitudes d’usages auprès d’un groupe de personnes sans qu’il ne soit possible de savoir quelle personne en particulier a effectué telle requête, consulté tel site, etc. Grosso modo, on identifie des comportements et non des utilisateurs.

Apple n’est pas très bavard à ce sujet, mais il s’agit là de son plus gros argument en termes de confidentialité et ses travaux semblent très poussés. Notons toutefois que les méthodes de la Pomme tendent vers les 100 % de confidentialité, mais l’anonymat absolu reste — du moins pour l’instant — impossible.

Apple HomePod

À l’inverse, les concurrents d’Apple, Google en tête, ciblent intentionnellement les préférences de chacun de leurs utilisateurs et récoltent des informations sur leurs centres d’intérêt, leurs habitudes, leurs déplacements, etc. Par exemple, l’assistant de la firme de Mountain View mémorise un grand nombre d’informations en vous identifiant. Il consulte votre historique, lit vos emails et enregistre vos interactions vocales. Le but affiché est de fournir la réponse la plus adaptée à chaque requête.

Quel impact sur les usages ?

Par exemple, quand vous recevez vos billets d’avion sur Gmail, Google Assistant mémorise la date de la réservation pour vous la rappeler le moment venu. Siri de son côté attendra que vous lui demandiez de le noter dans l’agenda.

En théorie, Google vous connait très bien et sait, par conséquent ce qu’il doit vous proposer ou les résultats de recherche qu’il doit vous afficher en priorité. Néanmoins, dans la pratique, cela peut être différent. Julien, notre confrère de Numerama utilise Google Home depuis six mois. Il n’a encore jamais eu l’impression que l’assistant s’adaptait vraiment à lui et estime que « les tâches restent relativement basiques ». On peut donc se demander si l’énorme quantité de données collectées a un vrai intérêt pour l’utilisateur. Apple de son côté ne veut pas être trop intrusif afin de respecter votre vie privée, quitte parfois à être moins pertinent.

Face à ce choix, chacun doit bien savoir ce qu’il cherche et ce qu’il attend d’un assistant intelligent afin d’éviter les mauvaises surprises.