Le concept Phonebloks date d’il y a plus d’un an mais arrive aujourd’hui à un stade avancé via le Projet Ara de Google, dont il est partenaire. Il soutient également un second projet, une montre modulaire baptisée Blocks. L’appareil dévoile désormais les détails de son fonctionnement logiciel et son échéancier. Voici ce que l’on sait de Blocks.

Blocks

La montre Blocks a fait parler d’elle dès le début 2014. Cette montre modulaire s’appuie sur le même principe que le Projet Ara conçu avec Phonebloks, un smartphone modulaire composé d’un boîtier intégrant des éléments interchangeables, qu’il s’agisse de l’écran, de la mémoire, du processeur ou de la batterie. Certains peuvent être modifiés à chaud quand d’autres ne peuvent être ôtés qu’avec précaution (le processeur, par exemple). Le tout demande évidemment un immense travail de miniaturisation des modules, mais aussi de normalisation des éléments afin qu’ils soient compatibles entre eux. Le système d’exploitation (Android, pour le Projet Ara) devra aussi être révisé, puisqu’il lui faut supporter ces divers changements de composants. Si l’on doute qu’un tel appareil, prévu pour le premier semestre 2015, soit capable de battre des records de vente, la philosophie qui l’anime a de quoi intéresser : il ne s’agit plus de changer de téléphone tous les 18 mois mais bien d’en modifier les composants quand le besoin s’en fait ressentir. Bref, un contrepied à la notion d’obsolescence programmée qui fait florès de nos jours.

Module Blocks

Dans le domaine des montres, Bloks adopte la même posture. À quelques différences près toutefois, puisqu’il ne s’agit plus d’intégrer tous les éléments de l’appareil sous son écran, comme c’est le cas sur un smartphone, mais de les combiner pour former son bracelet. Comme on le constate dans le dernier teaser publié par l’équipe de Choose Blocks, chaque module est relié aux autres via une prise Jack, ce qui a le mérite de laisser entrevoir l’épaisseur de chacun. Ces éléments peuvent être personnalisés par l’ajout de « covers », soit des micro-coques colorées destinées à rendre la montre plus ou moins unique puisque, de fait, il ne sera pas possible de lui apporter une touche d’élégance par le biais d’un bracelet design. Il sera toutefois possible de choisir un format d’écran, rond ou rectangulaire (légèrement incurvé) selon les goûts de son porteur. Ce bloc-écran, de base e-ink, inclut un processeur, la puce Bluetooth et une batterie. Quant aux autres modules, ils peuvent inclure une batterie supplémentaire, des capteurs (température, altitude, baromètre…), un GPS ou encore une LED.

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On en sait désormais plus sur le système d’exploitation retenu par Blocks. Sur le blog de Phonebloks, l’équipe indique ainsi avoir retenu l’OS de Samsung et Intel, Tizen, à l’image de certains objets connectés du Coréen. Ce choix s’explique certainement par un élément : Blocks a remporté un prix lors d’un concours dédié aux wearables organisé par Intel, ce qui lui a permis de récolter 50 000 dollars pour le développement de son bracelet. Autant dire que cette aventure a dû donner quelques idées à Blocks. Quoi qu’il en soit, Tizen reste pour le moment l’objectif visé par Blocks, qui indique en outre compter sur une compatibilité avec Android, iOS et même Windows Phone.

Rendez-vous en 2015

Si nous évoquons aujourd’hui Blocks, ce n’est pas uniquement pour son aspect logiciel, mais aussi pour son calendrier. La firme vient en effet de lancer une campagne d’inscription de futurs utilisateurs dans un cercle très fermé de membres, en quelque sorte VIP. Ils ne pourront être que 1000 et, en déboursant 50 dollars, seront assurés de recevoir la montre dès sa sortie, avec des covers exclusives, et verront leur 50 dollars décomptés du prix final de la montre sur laquelle ils bénéficieront en outre de réductions. Blocks indique que 500 premières personnes se sont inscrites en moins d’une heure, mais force est de constater qu’une journée plus tard, plus de 200 titres de membres étaient encore disponibles. Les plus réticents doivent tout de même retenir qu’il leur sera possible par la suite d’annuler leur souscription et de se faire rembourser leurs 50 dollars.

Blocks

Quelles sont les prochaines étapes fixées par Blocks ? D’abord, un financement. Son équipe de quatre personnes s’est étoffée jusqu’à atteindre un effectif de 16 collaborateurs et, pour parvenir à lancer la production de l’appareil, il faudra tout de même réunir des fonds importants. Une campagne de crowdfunding, on l’imagine sur Kickstarter ou Indiegogo, sera ainsi lancée au printemps 2015, pour une livraison d’ici la fin de la même année. Les backers ne se verront proposer qu’un écran rectangulaire, et pourront opter pour les blocks qu’ils souhaitent parmi une batterie supplémentaire, un capteur de rythme cardiaque, un bloc avec port pour carte SIM, un block avec microphone, un autre avec GPS et un dernier avec une puce NFC. Côté prix, Blocks n’a rien indiqué de précis, mais les détails du « membership » constituent un indice en soi : « Par exemple, si vous achetez un écran tactile en couleurs avec cinq blocks supplémentaires pour 250 dollars, votre facture totale sera de 200 euros », peut-on lire dans les FAQ. Un prix finalement similaire à celui d’une montre connectée actuelle, en espérant que Blocks parvienne à en égaler la qualité d’affichage tout en en améliorant l’autonomie.