Dans une lettre signée par plus de 140 entreprises technologiques américaines et envoyée ce jour à la Maison-Blanche, Apple et Google demandent expressément à Barack Obama de ne pas céder aux sirènes des agences de sécurité. Pour rappel, le FBI et la NSA souhaitent que les systèmes informatiques ne soient pas totalement fermés afin qu’ils puissent surveiller paisiblement la population.

données privées

Le jeu du chat et de la souris entre le FBI et les principales firmes technologiques américaines suit son cours. Depuis plusieurs mois, Apple et Google – depuis le chiffrement sous Lollipop – ont fortement renforcé leurs infrastructures au niveau du chiffrement. Il est en effet possible de chiffrer son smartphone, qu’il soit sous Android ou iOS, et d’empêcher ainsi le FBI d’accéder à ses données personnelles. Mais le FBI voit d’un très mauvais oeil ce genre de pratique qui l’oblige à chercher de nouveaux moyens pour surveiller les éventuels crimes commis sur le territoire des États-Unis. D’ailleurs, au mois d’avril, la NSA a proposé de créer une clef spéciale, capable de déverrouiller les appareils chiffrés. Cette clef ne serait pas détenue par une seule agence et il faudrait l’accord de plusieurs agences et des entreprises concernées pour accéder aux fichiers personnels d’une personne.

Mais les principaux acteurs de la Silicon Valley ne sont pas d’accord avec ce genre de pratique. Pour eux, l’instauration d’une backdoor au sein des produits est très risquée, puisqu’un hacker ou une autre nation pourrait également y avoir accès. C’est l’avis de Ronald L. Rivest, l’un des créateurs de l’algorithme RSA. Ce genre de pratique réduit, selon lui, drastiquement la sécurité des infrastructures. Et une fois qu’un tel système est intégré, les autres nations demanderont aussi à y avoir accès.

C’est pour ces raisons qu’Apple et Google demandent à Barack Obama de refuser les demandes des agences gouvernementales qui souhaitent créer ces backdoors. Les firmes technologiques préfèrent protéger la sécurité des infrastructures et la vie privée au détriment de ce que le FBI appelle « la protection des personnes innocentes ». James Comey, directeur du FBI, ajoute même qu’il ne comprend pas pourquoi Apple et Google souhaitent permettre à ses clients de se soustraire à la loi. Mais les agences doivent se sentir bien seules puisque la lettre a également été signée par trois des cinq membres du groupe créé par Barack Obama pour le conseiller sur les matières technologiques suite à l’affaire Snowden.