Lors du Mobile World Congress, nous avons eu l’occasion de discuter avec Adrienne Hayes, Directrice Marketing de Motorola, ainsi que Rick Osterloh, son président et COO. Si nous avons principalement évoqué le futur de la firme au sein de Lenovo, Adrienne Hayes est également revenue sur le partenariat avec Google pour la conception du Nexus 6. Avec rétrospective, le bilan semble mitigé.

Nexus 6 3

Sorti en 2014, le Nexus 6 était un téléphone de qualité, qui a été boudé par une partie du public en raison de son écran jugé trop grand par certains, ainsi que son prix, bien plus élevé que celui des Nexus 4 et 5 à leur sortie. Motorola a beaucoup appris de cette expérience, tant en ce qui concerne les points positifs du téléphone que les critiques qui lui ont été adressées.

Google laisse beaucoup de libertés

La conception d’un Nexus est un long processus, qui implique non seulement Google, mais aussi un constructeur partenaire qui sera en charge de fabriquer le mobile. En effet, si l’on se doute que la firme de Mountain View chapeaute le projet de loin, Adrienne Hayes nous apprend que « Google laisse son partenaire industriel choisir le design sans trop de contraintes ». Le géant de la recherche obtient néanmoins toujours le dernier mot et peut demander par exemple de revoir l’emplacement des boutons si ceux-ci ne conviennent pas.

Dans le cas précis du Nexus 6, Google a néanmoins imposé une condition supplémentaire dans le cahier des charges. Il fallait que ce soit une phablette. « Avec l’écran le plus grand possible ». Et ainsi naquit le Nexus 6.

« 6 pouces, c’est énorme »

Mais la vérité est que le Nexus 6 est arrivé à un moment charnière du développement du marché mobile. En 2014, les tailles d’écrans visent toujours plus haut, et comme le dit si bien Adrienne Hayes, « quand on a goûté aux smartphones de 5,5 ou 5,7 pouces, il est très difficile de revenir en arrière ». Il y a toutefois une limite, certainement davantage dictée par la taille du téléphone lui-même que de son écran, mais les dimensions du Nexus 6 n’étaient pas parmi les plus petites.

Fin 2014, lorsque le Nexus 6 est sorti, certains se demandaient si l’augmentation de la taille des écrans allait encore continuer, jusqu’à réduire à néant la frontière avec les tablettes. « Malheureusement [le Nexus 6] est l’un de ces produits qui ont répondu « non » à cette question », explique la responsable du Marketing. « Parfois, on ne sait pas ces choses tant qu’on ne les essaye pas », ajoute-t-elle.

lenovo Vibe Z2 Pro

Le Lenovo Vibe Z2 Pro et son écran de 6″

Désormais, la marque Moto est bien consciente que le marché des grandes phablettes intéresse davantage l’Asie que l’Occident. C’est en partie pourquoi le partenariat avec Lenovo prend tout son sens. « Il y a de la place pour les phablettes dans le portefeuille de Lenovo, mais pas dans notre catalogue principal ». Et de continuer, « on ne peut pas aller au-delà de 5,7 pouces ». Une indication qui nous permet de borner les limites des produits à venir de Lenovo Moto.

Toujours est-il que le Nexus 6 avait un certain nombre d’atouts, ce qui explique la note de 8 sur 10 qu’il a obtenu dans ces colonnes. Adrienne Hayes nous confirme d’ailleurs que Motorola comme Google ont aimé ce téléphone et en ont été très contents. Quant à savoir si les deux firmes travailleront de nouveau main dans la main pour la conception d’un nouveau Nexus, rien n’est encore dit pour le moment. Il faudra donc encore se montrer patient.