Ce matin, Tag Heuer a présenté officiellement la Connected Modular 45. La seconde montre sous Android Wear du fabricant suisse, toujours en collaboration avec Intel et Google. Cette fois-ci, le trio a misé sur la personnalisation. Nous avons pu prendre en main la montre et discuter avec les équipes en charge de son développement.

Connected Modular 45

Difficile de dire que la Connected Watch dévoilée en 2015 est une réussite commerciale. Elle est moins rentable que les montres mécaniques, Jean-Claude Biver (Tag Heuer, le grand patron) ne le cache pas. Rentable ? Oui, selon lui. Pourtant, on ne peut pas dire que la première montre connectée Android Wear suisse ait été une réussite commerciale. 

Le label « Swiss made »

Tag Heuer retente cependant l’expérience avec, cette fois-ci, une montre « Swiss made ». C’est un label qui a son importance : la montre est conçue en Suisse, plus de 10 millions d’euros d’investissement, d’ailleurs l’usine de La Chaux-de-Fonds a été certifiée pour assembler les microprocesseurs Intel Atom.

Module de la Connected Modular 45 : du verre saphir 2.5 et un boîtier durable en titane

En réalité, la Connected Modular 45 n’est pas entièrement fabriquée en Suisse comme les montres mécaniques, mais le label suisse a été adapté pour les montres connectées. Pour respecter ce label, le développement technique doit englober « au moins la construction mécanique et le prototypage de la montre dans son ensemble ainsi que la conception du ou des circuits imprimés, de l’affichage et du logiciel ». Mais tout ça reste assez flou pour le moment, surtout pour tout ce qui concerne la partie logicielle.

Module mécanique et module électronique, vous voyez la différence ?

 

Tag Heuer veut concilier l’industrie du 20e siècle et l’industrie du 21e siècle

Tag Heuer mise sur la personnalisation, nous avons ainsi pu mettre la main sur plusieurs modèles et échanger avec les équipes. La Connected Modular 45 a été conçue autour d’un module interchangeable, qui peut être soit électronique, soit mécanique. Le « module », comme le nomme Tag Heuer, est l’élément principal de la montre. D’ailleurs plusieurs modules mécaniques ont été dévoilés dont le fameux tourbillon, à plus de 17 000 euros. Il s’agit d’un des mécanismes les plus avancés qui contrebalance les perturbations de l’isochronisme du balancier dues à la gravité terrestre. Je m’égare, nous restons un média dédié aux nouvelles technologies, intéressons-nous à la personnalisation promise par la marque suisse.

La montre reste épaisse

La Connected Modular 45 peut être personnalisée physiquement : le module, comme évoqué plus haut, mais aussi les cornes, le bracelet avec fermoir ainsi que la boucle.

Tous ces éléments peuvent être modifiés à tout moment, Tag Heuer veut ainsi proposer aux utilisateurs de changer leur montre en fonction de leur humeur.

Les modules disponibles

On se croirait presque face à Google Ara, avec une montre Android Wear qui affiche une impressionnante conception. La lunette, le cadre qui entoure l’écran, est également personnalisable lors de l’achat. Uniquement lors de l’achat, car l’utilisateur ne doit pas pouvoir modifier ce composant pour éviter des problèmes d’alignement avec les capteurs. La précision suisse reste primordiale, même lorsque l’on parle des capteurs électroniques. 

Personnalisation du module

Au final, cette personnalisation permet aux utilisateurs de choisir parmi 56 versions différentes de la montre — 11 modèles standards en magasin, et 45 sur demande. Au final, le système est plutôt ingénieux : vous n’aurez accès qu’aux modules Tag Heuer, mais le changement des modules prend moins de 20 secondes au total, la montre se démonte rapidement.

Connected Modular 45

Du côté du logiciel, Tag Heuer a développé un système qui permet de créer des cadrans à partir de 5 étapes : vous choisissez la couleur des aiguilles ainsi que de nombreux autres paramètres comme la couleur du métal ou le nombre d’aiguilles. Enfin, Android Wear 2.0 est nativement embarqué : Tag Heuer n’a pas hésité à mettre en avant à de nombreuses reprises les nouveautés logicielles de cette version, dont l’arrivée du Play Store. Les utilisateurs d’iPhone pourront ainsi télécharger les apps dédiées, ce qui n’était pas le cas sur la première version de l’OS.

Intel a mis en avant son Intel Atom Z34, un minuscule SoC gravé en 22 nm et qui fonctionne avec 4 Go de mémoire RAM. L’interface est fluide et réactive. L’écran AMOLED de 1,39 pouce est également de meilleure qualité que le premier modèle, il affiche plus de pixels et donc une meilleure densité de pixels : 287 ppi. Notez également que la montre est résistante à l’eau : on parle là de la possibilité de plonger jusqu’à 50 mètres. Pour le reste, elle reste une référence des montres sous Android Wear, il ne lui manque qu’un modem 4G. 

Enfin, elle reste également épaisse et lourde et son autonomie ne dépassera pas deux jours. Les deux premières critiques sont assez subjectifs, dans le sens où je suis habitué à des montres plus légères, mais de moins bonne qualité, par contre l’autonomie reste un défaut de ces montres connectées.

Des montres onéreuses

Mais toute cette qualité de conception suisse a un coût : 1 600 euros, c’est le prix de base. En fonction des finitions sélectionnées, des matériaux et des options : vous pourrez payer plus de 20 000 euros. D’ailleurs, si vous choisissez le module électronique et le module mécanique de base, vous allez vous en sortir pour un peu plus de 3 200 euros. C’est plutôt intéressant quand on compare ce tarif avec le prix d’une montre mécanique Tag Heuer : à partir de 2 500 euros environ.

Dessous de la montre

Tag Heuer compte séduire aussi bien les amateurs de technologie que la clientèle plus traditionnelle puisque cette montre présente un module interchangeable qui peut être soit connecté, soit mécanique. Je ne peux que saluer l’initiative, même si je reste sceptique sur le succès de ce produit. Une montre Tag Heuer est conçue pour durer 100 ans, le module électronique n’a évidemment pas la même durée de vie.