La semaine dernière, des rumeurs annonçaient l’arrivée prochaine d’Android M, une version du système d’exploitation dédiée aux voitures, en allant plus loin qu’Android Auto. Il n’aura pas fallu longtemps avant que les constructeurs et le gouvernement allemand ne montent au créneau pour tenter de limiter la mainmise de Google sur ce marché.

Android auto phonearena

Et si les constructeurs allemands empêchaient Google de rentrer sur le marché de l’automobile connectée ? C’est en effet ce qui semblerait se passer en Allemagne si l’on en croit les informations récupérées par le site Bloomberg et mises en ligne le lendemain de la rumeur sur Android M. Pour rappel, les rumeurs l’annoncent comme le système d’exploitation qui devrait régir totalement les voitures : de la partie multimédia au GPS en passant par les données moteurs. Ainsi, plus besoin de connecter un smartphone sous Android contrairement à Android Auto qui fera son arrivée dès l’an prochain dans les voitures.

Les constructeurs et le gouvernement main dans la main

En effet, les constructeurs allemands ne sont pas prêts à laisser le capot ouvert de leurs voitures à Google. Rupert Stadler, PDG d’Audi, a ainsi annoncé « les données que nous collectons sont nos données et non celles de Google« . Martin Winterkorn, PDG de Volkswagen et Dieter Zetsche, PDG de Daimler, ont eux aussi fait part de leurs craintes face à l’arrivée de Google : « On ne touche pas à notre système d’exploitation« . Mais la crainte va au-delà de l’industrie et s’étend au gouvernement, redoutant une perte de revenus si les constructeurs automobiles sont dépossédés à l’avenir par Google. Ainsi, Joachim Pfeiffer, porte-parole sur la politique économique et énergétique d’Angela Merkel, s’est fait entendre : « Nous ne devons, en aucun cas, laisser notre développement devenir dépendant de sociétés comme Google« . Ambiance !

Les données et les règles, sujets de discorde

En fait, les craintes sont doubles : ne pas laisser Google accéder à toute les données des constructeurs ni à prendre la main sur le marché en imposant ses propres règles, comme la société sait si bien le faire dans de nombreux domaines comme les moteurs de recherche ou encore Android. Le ministre allemand de l’économie et de l’énergie a ainsi annoncé la volonté de l’Union Européenne de bâtir une architecture de données permettant de se passer de Google pour le développement économique des Etats.

Mais tout n’est pas si morose puisque de nombreux constructeurs allemands ont rejoint l’Open Automotive Alliance créée par Google en janvier dernier. Il manque toutefois Mercedes et BMW alors que Volkswagen et Audi ont rejoint l’alliance tout en annonçant qu’ils souhaitaient réduire l’accès des données de leurs véhicules à Google. Mais Daimler (la maison mère de Mercedes) devrait rejoindre l’OAA après avoir délimité les termes de l’accord avec Google.

Une solution en vue ?

La solution pourrait donc passer par une plateforme commune entre Google et les constructeurs allemands. Ces derniers pourraient ainsi décider des données à partager avec Google. On imagine mal les Allemands se couper des futures technologies embarquées de Google puisque celles-ci vont devenir des véritables arguments lors de l’achat. La suite au prochain épisode !

Crédit photo : Phonearena