Il semblerait que le premier accident entre un drone et un avion de ligne vienne de se produire en Angleterre. Dimanche, un drone en provenance de Genève et en phase de descente vers l’aéroport d’Heathrow à Londres aurait percuté un Airbus A320 de la compagnie British Airways. Plus de peur que de mal pour l’équipage, les passagers, mais aussi l’avion.

A320 drone Brotosh Airways

Au début du mois de mars, un Airbus A320 de la compagnie Air France était passé de justesse à quelques mètres d’un drone lors de la phase d’atterrissage à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Alors que le BEA enquête toujours sur le sujet, qualifié de « quasi-collision avec un drone en approche », c’est au tour de British Airways d’être victime d’un accident un peu plus grave. Cette fois-ci, le pilote a informé la police locale « qu’il pensait que son avion était entré en collision avec un drone ».

L’avion a toutefois réussi à atterrir sans encombre sur l’aéroport de Londres. L’aéronef a d’ailleurs pu repartir après une « inspection complète« , selon un porte-parole de la compagnie aérienne British Airways. Le drone, quant à lui, aurait été retrouvé au sol, d’après The Register.

 

Premier choc entre un avion et un drone

Si l’enquête confirme le choc entre l’Airbus A320 et un drone, ce serait le premier accident de ce type dans le ciel. Depuis quelques mois, les incidents se multiplient, avec des drones qui passent à quelques dizaines de mètres, voire parfois à quelques mètres des avions. L’agence de sécurité aérienne UK Airprox Board précise que « 23 collisions ont été évitées de justesse en l’espace de six mois, entre avril et octobre 2015, dans les aéroports britanniques ».

Mais certains experts pointent du doigt la surmédiatisation de ces incidents puisque les drones sont largement moins nombreux que les oiseaux dans le ciel, alors que ces derniers peuvent être très dangereux et mettre hors d’usage des moteurs, voire déclencher des incendies. D’ailleurs, une étude américaine s’était intéressée au sujet, concluant à la faible probabilité d’un accident entre un drone et un avion, avec de faibles dégâts en cas de choc.

 

Les gouvernements prêts à riposter

En France, le gouvernement réfléchit depuis quelques mois à des solutions pour détecter, identifier et neutraliser les drones qui réaliseraient des survols illégaux. Rappelons en effet que le survol des zones à proximité des aéroports est totalement interdit, en France comme au Royaume-Uni, et que dans tous les cas, il est interdit, en France, de dépasser les 150 mètres d’altitude.

Dans certains cas (à quelques kilomètres à la ronde d’un aéroport), cette limite est même plus stricte comme le rappelle le guide de la DGAC. Dans les phases d’atterrissage, les drones ne devraient pas se trouver sur le chemin de l’avion, à moins qu’il ne s’agisse de vols illégaux, pour capter de belles images, mais aussi d’une panne matérielle avec un drone devenu incontrôlable.