Molotov n’est pas seul à vouloir endiguer le phénomène Netflix en lui apportant une offre concurrente de renom. Vivendi, par le biais du rachat de Mediaset Premium, la plateforme de TV payante italienne, vise la création d’un service de sVoD dédié au sud de l’Europe.

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Face à l’ascension de Netflix, dont le déploiement international est effectif – le service de sVoD est disponible un peu partout dans le monde depuis janvier dernier – les initiatives se multiplient. La dernière en date est celle de Vivendi, qui vient d’acheter Mediaset Premium, le bouquet de télévision payante italien détenu par Silvio Berlusconi. La firme française, dirigée par Vincent Bolloré, acquiert à cette occasion une plateforme à la peine, et qui a essuyé 115 millions d’euros de perte d’exploitation en 2015. Mais qu’importe, puisque Vivendi affiche des ambitions sérieuses pour justifier ce rachat.

Car ce rachat est avant tout l’occasion de mettre en place une plateforme de streaming vidéo à la demande, « pan-européen », et dédié à la France, à l’Italie et à l’Espagne. Car via son acquisition, mais aussi un rapprochement avec l’opérateur espagnol Telefonica et en s’appuyant sur la force de frappe – en déclin toutefois – de CanalPlay en France et Watchever en Allemagne, Vivendi compte mettre en commun les forces de leurs services de sVoD afin de créer un poids lourd du streaming vidéo, quand bien même leur nombre d’abonnés total reste encore maigre. Elles auraient déjà commencé à discuter avec certains studios américains, à l’image de Fox et Warner, deux grands noms des contenus vidéo, et viseraient une diffusion OTT (over the top), c’est-à-dire sur les box Internet des opérateurs.

Un lancement dès la rentrée prochaine ?

Le Netflix européen, ou plutôt latin, ne se contenterait pas de s’appuyer sur des contenus de majors américaines, puisque Vivendi, via ses récents investissements dans des sociétés de production, ambitionnerait de produire une dizaine de séries originales par an d’ici 2020, comme le rappelle Le Figaro. Des contenus qui, en outre, permettraient à Vivendi de donner un second souffle à ses offres de télévision payante, mêlant Canal+, Mediaset Premium et leur homologue espagnol, le Movistar+ de Telefonica, qui regroupent au total près de 12 millions d’abonnés. Des transformations attendues pour la rentrée de septembre 2016.