SFR s’est montré très intéressé par les tarifs élevés pratiqués sur les triples play aux États-Unis. Des offres qui pourraient voir leurs tarifs augmenter dans les mois ou années à venir en France.

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Samedi 22 octobre, Michel Combes a assisté à l’édition annuelle des Rencontres cinématographiques de Dijon. Le numéro un de SFR n’a pas hésité à exprimer son admiration pour les triples play aux États-Unis. Il faut dire qu’à 150 dollars l’abonnement mensuel, il y a de quoi faire loucher le directeur général de l’opérateur français.

SFR veut financer la création

D’après Michel Combes, il y aurait en France un certain « consumérisme fou » qui pénaliserait les opérateurs. Pire encore, cette pratique des prix bas serait dangereuse pour la création, non payée à sa juste valeur. Mais heureusement, Michel Combes a la solution : augmenter les tarifs du triple play de SFR à leur juste valeur pour financer les créateurs. Des prix plus honnêtes pour un contenu de qualité…

Il ne faut pas se leurrer, ces belles paroles sont avant tout alimentées par la volonté d’augmenter les prix des abonnements. La création devient un prétexte pour se rapprocher du modèle américain. Les déclarations-chocs du directeur général de l’opérateur se sont enchaînées : « Aux États-Unis, on augmente la valeur de l’abonnement. Personne ne se plaint ». Seulement il existe en outre-Atlantique d’autres acteurs tentent de casser les prix comme Google Fiber.

Les nouvelles ambitions de SFR

Malgré le contexte de guerre des prix avec des offres toujours plus alléchantes chez les différents opérateurs concurrents, SFR voit ses prix rapidement augmenter depuis 2014 sur le fixe et le mobile. Son objectif, c’est l’optimisation fiscale du groupe SFR pour ensuite partir vers les États-Unis, une terre de conquête qui l’attire depuis déjà bon nombre d’années puisqu’il est « compliqué de faire du business en France » comme l’a signalé Patrick Drahi, arrivé au capital de la société SFR suite au rachat de cette dernière par Numericable en 2014.

Depuis, SFR a connu des hauts avec un bénéfice de 682 millions d’euros en 2015, mais aussi des bas suite aux résultats de son chiffre d’affaires de ce second trimestre. Ses restructurations et la politique de « cost killer » de son principal investisseur ne sont pas sans conséquence pour l’avenir de la société et de ses salariés, dont les licenciements – volontaires ou non – sont aujourd’hui imminents.

Il y a donc de fortes chances pour que d’ici quelques années voire mois, que l’opérateur tente d’imposer des prix du même ordre. On imagine toutefois qu’un abonnement triple play à 150 euros par mois ait du mal à passer en France.