Introduction

Le Razer Phone est présenté comme un mobile pour les joueurs. S’il impressionne sur le papier avec sa fiche technique, dont le fameux écran avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz, que vaut vraiment ce premier téléphone de la célèbre marque, à qui s’adresse-t-il vraiment et que peut-il apporter de plus sur ce marché déjà bien encombré ?

Pour la conférence de lancement de son premier smartphone, Razer n’a pas fait les choses à moitié. Après avoir fait monter la sauce en revenant sur les produits qu’il vend déjà très bien comme les accessoires pour gamers, les logiciels et laptops, la société a montré qu’elle était prête pour se lancer dans un nouveau marché. Le Razer Phone a bénéficié d’un sacré coup marketing notamment grâce à ses performances et l’avantage qu’il présente à intégrer un écran 120 Hz — une denrée rare pour un smartphone et le mobile en général –, le tout en taclant sans demi-mesure ses principaux concurrents Samsung et Apple, déjà bien implantés dans le paysage du mobile depuis des années. Mais outre ses caractéristiques alléchantes sur le papier, que vaut vraiment ce smartphone pensé pour les gamers ? Peut-il vraiment apporter une expérience différente et optimisée pour les loisirs ?

Fiche technique 

Modèle Razer Phone
Version de l'OS Android 7.1 Nougat
Interface Android Stock
Taille d'écran 5,72 pouces
Définition 2560 x 1440 pixels
Densité de pixels 513 ppp
SoC Snapdragon 835 à 2,45GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 540
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go
MicroSD Oui
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz, 800 MHz, 1800 MHz, 2600 MHz, 700 MHz
SIM 2x nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 4000 mAh
Dimensions 158,5 x 77,7 x 8 mm
Poids 197 grammes
Couleurs Noir
Prix 749 euros
Fiche produit

Rasoir en apparence, pour un plus grand projet

Commençons par le commencement, ce qui frappe en premier lieu quand on reçoit un smartphone à la rédaction : son design. Je vous avais surtout parlé de son apparence dans la prise en main, donc je vais passer assez rapidement dessus pour me concentrer davantage sur l’ergonomie.

Vous l’avez vous-même souligné quand vous avez vu les premières photos du Razer Phone, s’il est impressionnant, il ne le doit uniquement qu’à sa taille et non pour ses choix de design. Certains se sont amusés à le comparer à la fameuse brique qu’on retrouve dans presque chaque Sony Xperia depuis ces dernières années, d’autant plus que le capteur d’empreintes est situé sur la tranche droite. Il fait aussi et surtout penser au Robin de Nextbit, entreprise rachetée en janvier 2017 par Razer. Il est vrai qu’il ne s’agit ni plus ni moins d’un grand, énorme même, rectangle aux bords droits et sans borderless. Un cadre noir assez large entoure par ailleurs l’écran. Bref, un style très éloigné de ce qu’on trouve actuellement en vogue chez les concurrents, même chinois, qui poussent de plus en plus vers le sans bordures.

Mais après tout, pourquoi pas ? Certains salueront le fait que Razer a refusé de copier les smartphones du moment et qu’il propose une autre vision, d’autres se moqueront allègrement en le classifiant de smartphone du début de cette décennie. N’exagérons pas non plus, il est en effet très imposant, pas des plus légers, mais il n’est pas aussi épais que nos plus vieux smartphones.

Il n’est pas facile de naviguer avec lui toute la journée, surtout avec de petites mains. Difficile d’atteindre la barre de notifications rapidement, il est nécessaire de faire appel à ses deux mains pour y arriver. Beaucoup trop grand, très large, avec des boutons placés de façon surprenante — je pense notamment aux boutons pour le volume situés à gauche –, il n’est pas agréable en main et il m’est impossible de l’utiliser avec une seule main avec ses 158,5 x 77,7 x 8 mm. En fait, c’est lorsqu’on le place à l’horizontale que nous comprenons un peu ces choix.

Le Razer Phone a été pensé pour être plus souvent utilisé à l’horizontale : les boutons pour le son placés pile au milieu de la tranche ce qui ne gêne pas lorsque vous le tenez ainsi en mains, tout comme les deux haut-parleurs au-dessus et en dessous de l’écran permettent de ne pas obstruer le son. Nous y reviendrons dans la section audio de ce test. Et en effet, l’affichage de l’écran bascule à l’horizontale très rapidement, quand vous tournez votre smartphone.

Le capteur d’empreintes, qui fait aussi figure de bouton physique d’accueil, est placé sur le côté droit, ce qui est assez pratique une fois le pli pris. Le petit souci, c’est qu’il faut rester appuyé un certain moment pour rallumer l’écran puis déverrouiller. Si vous passez juste votre doigt rapidement et que l’écran est éteint, il ne se passera rien. Il convient bien d’appuyer et de maintenir le bouton pour bien déverrouiller votre smartphone. Ou alors d’appuyer rapidement pour allumer l’écran, puis passer rapidement son doigt sur le lecteur.

Pas de prise jack malheureusement, mais Razer fourni un adaptateur dans le coffret. Il faut donc passer par le port USB Type-C, situé sur la tranche inférieure, pour écouter de la musique ou recharger sa batterie. À côté est placé le micro, au-dessus de l’écran le capteur frontal et son flash tandis qu’à l’arrière nous retrouvons le célèbre logo aux serpents métallisé — ou vert si vous avez pris l’édition limitée au lancement — ainsi que le double capteur photo.

 

Bref, un appareil tout à fait sobre, d’un gris foncé mat, doux au touché notamment du côté de la coque. C’est du Razer, même si on aurait pu s’attendre à quelques néons par ci ou par là. Quoi qu’il en soit, difficile d’apprécier son utilisation au quotidien à cause de son imposant format. Et même si à l’horizontale il devient intéressant, vous aurez plus de chances de l’utiliser à la verticale, je ne parierais pas sur le fait qu’il bouleverse totalement cette habitude-là.

Un bel Écran révolutionnaire

Pour son premier smartphone, Razer a souhaité proposer un très bel écran, très agréable pour les yeux au quotidien. Ce n’est certes pas un écran OLED, souvent les plus convaincants, mais un IGZO LCD (1440 x 2560) fabriqué par Sharp, pour une dalle de 5,7 pouces, d’un format de 16:9 et une définition QHD. Sur le papier, Razer met en avant l’emploi de la technologie wide color gamut qui est habituellement utilisé pour les écrans de téléviseurs ou d’ordinateur. Elle permet d’afficher généralement un très bon rendu des couleurs. Et en effet, les couleurs sont vraiment éclatantes et profondes. La température se place entre les 6 500 et 7 000 K, rappelons que l’idéal se situe autour de 6 800 K.

Le contraste est lui aussi bon pour un écran LCD, puisqu’il atteint les 1059:1. La luminosité est quant à elle de 310 cd/m². Au quotidien, c’est un véritable plaisir de naviguer avec cet écran, même en plein soleil la luminosité et le rendu restent agréables.

Mise à part la qualité de son écran, ce smartphone a aussi l’avantage de proposer la toute première dalle à proposer un taux de rafraîchissement de 120 Hz. C’est un très gros coup de communication pour la marque, car mis à part l’iPad Pro côté tablette et le Sharp Aquos R côté smartphone, c’est du jamais vu. Cela peut apporter une meilleure gestion de la fluidité et de la réactivité et il est vrai que les expériences rapportées sont bonnes. Quand un écran est capable d’afficher 120 images par secondes c’est bien, avec un appareil assez puissant pour faire tourner ça sans problème c’est encore mieux. C’est ce que nous verrons un peu plus tard, dans la partie dédiée aux performances et aux jeux.

Dernier point important à prendre en compte, c’est que l’écran intègre l’Ultra Motion, qui reprend la fonction Gsync lancée par Nvidia. Cette technologie permet au GPU et au taux de rafraîchissement de se synchroniser, afin donner le feu vert à l’écran quand il faut afficher une nouvelle image. Résultat : un défilement des images vraiment plus fluide.

Android stock et un personnalisation made by Razer 

Android stock ou rien. Razer est convaincu qu’il s’agit de la meilleure des options possibles pour une expérience optimale, notamment pour les gamers qui sont plus enclins à vouloir avoir tout 100 % pur — ce sont les propos de l’équipe qui a travaillé sur le Razer Phone. Nous profitons donc d’Android 7.1.1 Nougat, mais la marque a communiqué officiellement sur l’arrivée d’Android 8 Oreo au printemps 2018.

Cependant, même sans interface maison, il existe quelques petits paramètres à régler selon l’utilisation que l’on fait de l’appareil. Si vous vous rendez dans les raccourcis, vous pourrez atteindre Dolby Atmos et régler le son en fonction de vos loisirs : cinéma, jeu vidéo, musique, voix pour les discussions et même, des profils personnalisés. Vous pourrez ainsi adapter l’égaliseur par exemple. Il est aussi possible de choisir la fréquence d’images entre 60, 90 ou 120 Hz et la définition entre 720p, 1080p ou QHD.

L’autre point important pour la cible visée par Razer, c’est cette possibilité de paramétrer, pour chaque application, la fréquence d’image, la définition d’affichage ou encore la vitesse du processeur. En effet, avec le logiciel Booster de jeu, c’est à vous d’optimiser individuellement les jeux et applis, sans avoir à modifier globalement vos paramètres du téléphone. Idéal pour gérer au mieux la batterie ou faire profiter certains jeux gourmands des performances maximales de l’appareil. À votre convenance !

Comme launcher, Razer a réussi à obtenir un partenariat avec Nova, et ce dernier est donc préinstallé. Il s’agit pour être exact de la version premium et donc censée être payante. C’est un excellent point, je vous laisse le soin de consulter ici les spécificités du lanceur d’application. Vous retrouverez également Google Assistant et la page d’accueil de Google Now.

Enfin, vous pouvez customiser un peu le thème de votre smartphone grâce à la boutique officielle de la marque. De nouveaux thèmes viendront s’ajouter au fur et à mesure, vous pourrez ainsi changer de temps en temps votre arrière-plan, vos sonneries, les notifications, les logos, etc.

Un double capteur photo un peu décevant 

L’appareil photo nous paraissait plutôt bien parti lors de notre première rencontre avec le mobile de Razer. Cela dit, nous n’avions pas non plus eu le temps ni beaucoup de choix pour tester l’appareil photo. C’est maintenant chose faite, et c’est une déception.

Pas de surprise, Razer a opté pour un double capteur photo à l’arrière, de 12 mégapixels pour chacune des deux caméras. Le premier est réservé au grand-angle, avec une ouverture f/1,75 tandis que le second est un téléobjectif, donc dédié au zoom, avec une ouverture f/2,6. Ces deux objectifs bénéficient d’un autofocus à détection de phase. Et… la mise au point est un véritable calvaire, notamment quand la lumière commence à baisser, aux alentours de 16h30. Elle a dû mal à se faire et il est arrivé que les clichés soient totalement ratés, à moins que vous cherchiez à faire un effet artistique, mais… le souci, c’est que cela arrive sans votre consentement. Sinon, quand les photos sont prises en intérieur ou à l’extérieur en pleine lumière, le résultat n’est pas si mauvais même si je trouve que les couleurs manquent un peu d’éclats. Le HDR permet de corriger un peu — mais pas totalement — les soucis rencontrés à l’extérieur avec la lumière naturelle. Mais encore, ce n’est pas non plus flagrant.

Quand il y a du mouvement, l’appareil photo ne réussit pas non plus à proposer un résultat satisfaisant, rendant les clichés rapidement flous.

En basse luminosité, dans les tunnels du métro par exemple, les caméras peuvent aussi rencontrer de sérieux problèmes, avec des aberrations parfois vraiment incompréhensibles.

Pour ce qui est du zoom, les photos se retrouvent rapidement avec du grain.

Pour la macrophoto c’est cependant plutôt pas mal, même si l’effet bokeh apparaît parfois peu naturel.

Étonnamment, l’appareil photo frontal est plus satisfaisant. Avec ses 8 mégapixels et une ouverture de f/2.0. Même si les couleurs restent encore un peu fades, le niveau de détail et le rendu des textures est tout de même vraiment pas mal.

Enfin, la partie logicielle de l’appareil photo est vraiment, n’ayons pas peur des mots, fainéante. Vous pourrez rajouter un filtre et modifier un peu après coup, mais il y a très peu de possibilité et de réglages pour prendre une photo. Et… c’est ici et seulement ici que j’ai connu quelques petits bugs où l’écran refusait de répondre. C’est arrivé très rarement ceci étant.

Puissance et fluidité 

Le Razer Phone a une fiche technique vraiment costaude. Il inclut en effet toutes les dernières avancées technologiques disponibles sur le marché. Il a tout d’un flagship de 2017. Les résultats de nos tests de performance parlent d’eux même.

 Razer PhoneOnePlus 5Huawei Mate 10 ProSamsung Galaxy Note 8 (FHD+)
AnTuTu174 506 points179 243 points172 499 points174 296 points
PCMark 2.07 629 points6 622 points7 028 points5 159 points
3DMark Sling Shot Extreme3 725 points3 066 points2 818 points2 659 points
3D Mark SSE (Graphics)3 979 points3 717 points 2 874 points2 721 points
3D Mark SSE (Physics)3 046 points2 748 points2 638 points2 463 points
GFX Bench Car Chase (onscreen / offscreen)15 / 25 FPS24 / 24 FPS 20 / 21 FPS21 / 25 FPS
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)21 / 22 FPS24 / 24 FPS 51 / 54 FPS54 / 58 FPS
Lecture / écriture séquentielle712 / 198 Mo/s732 / 219 Mo/s800 / 230 Mo/s783 / 205 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire31k / 3,6k 37k / 6k IOPS 45,6k / 44,1k IOPS 32,2k / 3,8k IOPS

Pour commencer, relevons qu’il intègre un processeur Snapdragon 835, un GPU Adreno 540 et 64 Go de stockage extensible grâce à une carte microSD pouvant aller jusqu’à une capacité de 2 To. Une telle carte n’est toutefois pas encore disponible sur le marché, la plus grande capacité atteinte aujourd’hui est de 400 Go. L’appareil a aussi l’avantage, et pas des moindres, de proposer 8 Go de RAM. Ça peut sembler vraiment gonflé, là où la plupart tournent très bien avec 4 ou 6 Go, mais cela permet d’éviter le moindre souci de puissance pour assumer des applications lourdes, gourmandes, mais aussi simultanées. Et il est vrai que de ce côté je n’ai noté aucun problème, même avec plusieurs jeux et applications ouvertes, le Razer Phone fait preuve d’une grande fluidité.

Pour les gamers

Les résultats suite à nos tests avec le protocole SmartViser sont assez impressionnants. En effet, en basse et en moyenne qualité, l’appareil affiche 86 fps, en haute qualité 75 fps et enfin, en qualité optimale, 22 fps. C’est tout simplement d’excellents résultats. Petit bonus, il est possible dans les paramètres d’afficher directement à l’écran et en temps réel un compteur de la fréquence de rafraîchissement actuelle. En pleine partie on peut osciller entre 50, 80, 100 et même 120 Hz en une même session de jeu sans que cela vienne gâcher notre expérience, loin de là.

J’en vois déjà venir certains, méprisant le jeu et le joueur sur mobile. Les hardcore gamers, les vrais joueurs, ne jouent pas sur smartphone. Le marché du jeu mobile est réservé aux « casu », les joueurs occasionnels. Du coup, mettre un tel écran sur un smartphone, ça ne sert à rien pour du Candy Crush ou du Clash of Clan, cela ne va pas attirer davantage les joueurs. Certes. Sauf que le marché du jeu mobile a bien évolué, est de plus en plus pris au sérieux et certains tournois d’e-sport officiels ont fait leur entrée.

On retrouve tout type de jeux, et parfois de très belles perles et des jeux très gourmands qui demandent d’avoir une machine capable de suivre. En plus de proposer une expérience vraiment fluide et bien réactive, Razer a voulu dès le départ faire sensation et appâter les joueurs en proposant des exclusivités et des partenariats avec des éditeurs de jeux plus traditionnels, bien que déjà présents depuis un moment sur le marché du mobile. Ainsi, Razer a mis en avant Square Enix avec Final Fantasy XV version chibi et Tekken de Bandai Namco. Les jeux préinstallés sont Arena of Valor, Titanfall Assault, Gear.Club et World of Tank.

Bien entendu, tous les jeux ne vont pas tout de suite (ou jamais) s’aligner et prendre en charge le taux de rafraîchissement si élevé. Il restera à savoir si Razer va continuer à travailler main dans la main avec les développeurs et agrandir ses partenariats. Difficile d’imaginer que dans l’immédiat le 120 Hz va s’imposer et devenir le nouveau standard, mais, à terme, oui cela sera de plus en plus répandu.

L’importance du son

L’une des particularités du design nous l’avons vu, ce sont ces deux haut-parleurs stéréo flanqués de part et d’autre de l’écran, sur la face avant. Chacun possède son propre amplificateur dédié et fait appel à la même grille que celle présente sur les ordinateurs portables Razer.

Pas de prise jack certes, mais quand vous achetez un Razer Phone vous avez droit à un adaptateur audio USB Type-C.

Le Razer Phone se trouve être équipé de Dolby Atmos pour mobile, comme mentionné plus en amont. L’expérience est bonne. Comme je vous le disais dans la prise en main, j’ai été bluffée par la qualité audio de l’appareil. Même si cela reste des haut-parleurs de smartphone, l’expérience reste toujours bien au-dessus de ce qui existe sur le marché.

Bien entendu, ce n’est pas aujourd’hui ni peut-être demain que nous allons ranger notre casque pour profiter pleinement et le plus souvent des haut-parleurs. Généralement on écoute, on joue, on regarde sur notre smartphone avec un casque sur nos trajets ou pour ne pas gêner notre entourage. Et quand on veut en faire profiter notre environnement, on passe sur un tout autre type d’appareil. Peut-être que cela va changer nos habitudes avec de tels haut-parleurs ? Pas si convaincue dans l’usage, même si la technologie est, elle, plutôt impressionnante.

Une bonne endurance, même à pleine puissance

C’était l’un des points mis en avant lors de la présentation du Razer Phone, sa capacité de batterie 4 000 mAh, tout de même. Et il est vrai qu’avec une bonne utilisation, l’appareil peut tenir une longue journée avec un écran à 120 Hz. À noter qu’il bénéficie d’une optimisation logicielle. Vous pourrez ainsi gagner de nombreuses heures en baissant la fréquence d’images.

Il possède par ailleurs un caloduc interne qui permet de maintenir une basse température, même quand les performances de l’appareil sont sollicitées. La chaleur ne monte jamais trop haut il est vrai, et se trouve très localisée sur une petite zone de la coque. Le Razer Phone est compatible avec la charge rapide et c’est le premier à prendre en charge Qualcomm Quick Charge 4.0+.

Avec notre test Viser, basé sur les habitudes d’utilisation de nos lecteurs, le Razer Phone s’en sort plutôt bien puisqu’il a tenu 8 heures 29 minutes et 17 secondes. Le test a été effectué en ayant paramétré globalement l’écran à 120 Hz, parce que nous jugeons que c’est ainsi que les propriétaires du Razer Phone vont utiliser ce dernier. Si déjà à 120 Hz le résultat est bon, nous vous laissons imaginer à 90 ou 60 Hz. Si on regarde les autres flagships de cette année, qui composent avec à peu près des performances similaires, il se positionne pas trop mal, même s’il reste encore loin derrière l’imbattable OnePlus 5 et ses 11 heures et 28 minutes. Il fait cependant un peu mieux que le Huawei Mate 10 Pro et ses 8 heures et 23 minutes.

Réseaux et communication

Le smartphone de Razer est compatible Bluetooth 4.2, NFC et répond à la norme WiFi 802,11. Il prend en compte nos bandes françaises, dont la 20 (800 MHz) et la 28 (700 MHz). Les appels en Île de France et sous le réseau Orange est vraiment de bonne qualité, les conversations sont très audibles, même dans des conditions bruyantes.

Prix et disponibilité

Le Razer Phone sera disponible le 17 novembre en France au prix de 750 euros, tarif qui nous a été communiqué par la marque. Vous pouvez vous enregistrer sur le site officiel de Razer pour recevoir une notification quand il sera possible de la commander. Pour le moment, tout ce que nous savons c’est qu’il sera disponible à l’achat sur la boutique virtuelle de Razer. Nous verrons par la suite s’il sera possible ensuite de se le procurer vers les enseignes habituelles, qu’elles soient physiques ou non.

Galerie

Test Razer Phone Le verdict

design
7
Au premier regard, c'est un rectangle, basique, sans éclat. Trop grand, peu ergonomique... il prend cependant tout son sens une fois placé à l'horizontal. C'est un autre usage, mais peut-il s'imposer ?
écran
10
Un écran LCD parfait. Une dalle de 5,7 pouces, une définition QHD, une bonne luminosité, une excellente température des couleurs, un beau contraste, mais surtout, un taux de rafraîchissement de 120 Hz et donc une très belle fluidité.
logiciel
9
Android Stock, dans son plus bel appareil, avec Nougat qui sera bientôt remplacé à par Oreo dans quelques mois. Razer n'a pas d'interface maison, mais propose des éléments de personnalisation vraiment pertinents, avec par exemple un réglage au cas par cas pour chaque application de la fréquence de rafraîchissement ou de la définition d'écran. Vous aurez aussi le droit à quelques applis et jeux intégrés.
performances
9
Le Razer Phone intègre toutes les technologies de pointes, que ce soit du côté de l'écran, du processeur, de l'audio... Il est aussi très fluide dans sa navigation.
caméra
7
Ce n'est pas une catastrophe, mais on aurait aimé un peu plus pour un flagship. Les couleurs sont un peu fades, la mise en point capricieuse et la lumière parfois mal gérée donnant lieu à des aberrations. Les selfies sont en revanche plutôt réussis.
autonomie
9
Même avec un taux de rafraîchissement à 120 Hz, l'appareil peut tenir une longue journée sans soucis. Il bénéficie aussi de la charge rapide de Qualcomm.
Note finale du test 8/10
Le Robin de Nexbit avait un très bon argument de vente avec le cloud, nous avons donc été un peu déçus que Razer n'en reprenne pas l'idée. Cependant, le premier smartphone de la marque intrigue dans bien des domaines. Car derrière ce design et cette ergonomie un peu rustres, se cache un véritable monstre de puissance et quelques petites révolutions.

Razer entend mettre un grand coup de pied dans le codes actuels du marché du mobile. On a souvent tendance ces derniers temps à penser que les appareils stagnent un peu, qu'il y a de petites évolutions, mais plus de révolutions. En plus de proposer un téléphone pour les joueurs, le Razer Phone, espère aussi bousculer nos habitudes et usages. La vision du constructeur est la suivante : un smartphone devrait être tenu à l'horizontal de plus en plus, pour jouer et regarder des vidéos certes, mais sans doute aussi pour écrire des messages et naviguer. Clairement, ce téléphone a été pensé pour être utilisé à l'horizontal.

Sa bonne autonomie, la qualité de son écran, la fluidité qu'il apporte et sa qualité audio pourraient aussi nous donner plus souvent l'occasion de s'investir en tant que gamers et gameuses, sur mobile. Néanmoins, si son choix de design s'explique, c'est tout de même assez dommage de ne pas avoir un bel appareil photo, un aspect assez crucial pour certain d'entre nous. Le Razer Phone est performant et propose une formule intéressante et même ambitieuse qui pourrait apporter un véritable vent de fraîcheur sur un marché qui a tendance à se reposer un peu sur ses lauriers.
  • Points positifs
    • Un très bel écran
    • Le taux de rafraîchissement de 120 Hz
    • Les possibilités de paramétrer et personnaliser
    • Nova launcher premium et des jeux inclus
    • L'autonomie
    • La volonté de bousculer nos habitudes...
  • Points négatifs
    • Design et ergonomie difficile à apprécier à la verticale
    • L'appareil photo un peu décevant face à la concurrence
    • ... mais sommes-nous prêts ?