Introduction

Avec sa marque Republic of Gamers, Asus a déjà pour habitude de remplir le contrat voulu par les plus grands joueurs PC. Possible de faire pareil sur le mobile ? Le ROG Phone débarque et met en avant un univers d’accessoires pour gamers en prime de son appareil. À son détriment ? C’est ce que nous allons établir dans ce test.

Note : la gamme d’accessoires liée à l’Asus ROG Phone fera l’objet d’une prise en main séparée. Nous jugeons ici uniquement les capacités du téléphone en lui-même.

Fiche technique

Modèle Asus ROG Phone
Version de l'OS Android 8.1
Interface ROG Gaming
Taille d'écran 6 pouces
Définition 2160 x 1080 pixels
Densité de pixels 402 ppp
SoC Snapdragon 845 à 2,96GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 630
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Mémoire interne (flash) 128 Go
MicroSD Non
Appareil photo (dorsal) Capteur 1:12 Mégapixels, Capteur 2: 8 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 8 Mégapixels
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth 5.0 + ADP + aptX + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
SIM 2x nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 4000 mAh
Dimensions 158,5 x 76,2 x 8,6 mm
Poids 200 grammes
Couleurs Noir
Prix 899€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone prêté par la marque.

Design

Parmi tous les smartphones gamers que nous avons testés, du Black Shark au Razer Phone 2, il faut bien avouer que le design du ROG Phone est celui le plus marqué par ses intentions. Dès la face avant, les particularités sont nombreuses. Si sa dalle OLED au ratio 18:9 est évidemment la star du show, on note tout de suite les grilles de haut-parleurs en haut et en bas de la façade qui sont très larges et soulignées par une note bronze orangé.

Autrement, on remarquera que ses bordures sont assez fines, mais toujours présentes, ce qui marque que le téléphone n’est pas ici pour contenter ceux cherchant le design le plus borderless du marché. Le menton n’accueille que le haut-parleur, quand le front intègre également le capteur avant à droite et une LED de notification à gauche.

Parlons donc du dos en verre de l’Asus ROG Phone, sûrement l’élément le plus aisément remarquable de ce design étrange. Ici, nous retrouvons les lignes et formes géométriques qui ont rythmé les designs des PC de la gamme jeu vidéo d’Asus depuis quelques années maintenant. Le double capteur arrière, décalé sur la gauche, mais pas au coin, s’intègre dans un module extrêmement anguleux souligné par quelques lignes dorées.

Le capteur d’empreintes a le droit à l’exact même traitement, mais se décale quelque peu vers la droite cette fois-ci. Eh oui, c’est étonnant : scanner votre doigt ne se fait pas ni sur une surface rectangulaire ni sur une surface arrondie. Qui plus est, le lecteur est plus creusé que sur la plupart des smartphones. À l’utilisation, il faut avouer que celui-ci est aussi haut qu’il est déporté, faisant que l’on a du mal à l’atteindre naturellement. On finit souvent par retourner le téléphone pour le retrouver.

Au centre, nous retrouvons le logo ROG en forme d’œil agressif qui dispose naturellement d’une LED, sans quoi il ne s’agirait pas d’un appareil « gamer ». Et en bas du téléphone, on retrouve la mention « Republic of Gamers ». Ce n’est toutefois pas le point le plus remarquable…

C’est surtout la partie droite de ce dos qui se repère immédiatement. Le verre s’arrête pour laisser place à une encoche métallique dans laquelle on peut voir deux grosses grilles d’aération une nouvelle fois au coloris bronze. Cette surface a même droit à son petit sobriquet, noté en dessous : « ROG Aerodynamic System ». Comme sur PC donc, le ROG Phone a le droit à ses petites appellations stylées pour souligner ses différences.

Elles ne se limitent pourtant pas au dos. Si rien n’apparaît sur la tranche haute que le micro de réduction de bruit, la tranche basse accueille un port USB type C… déporté sur le côté gauche du téléphone, quand le côté droit accueille une prise jack. Sur la tranche droite, on retrouve les habituels boutons de verrouillage et de volume, placés de manière à tomber naturellement sous le pouce. Deux marquages permettent également de repérer des zones simulant des boutons ; nous en parlerons un peu plus bas et dans la partie logicielle.

Et enfin, sur la tranche gauche, on retrouve… deux autres ports USB type C, dont un coloré. Le port noir peut servir lui aussi pour la recharge, tandis que les deux ports ensemble permettent d’accueillir les accessoires prévus pour l’Asus ROG Phone. De base, vous aurez d’ailleurs droit au refroidissement « AeroActive », un petit objet à clipser sur ces ports et le dos du smartphone afin d’en améliorer la dissipation thermique. Nous y reviendrons dans la partie Performances.

Voilà donc un design bien particulier pour ce smartphone gamer, qui ne cherche ni à être discret comme le Razer Phone ni à simplement être « gamer » par ses lignes comme le Black Shark : il pousse le concept beaucoup plus loin, et cela se voit. Au point que sa préhension n’est pas forcément optimale, d’ailleurs.

Les lignes tranchées de son cadre ne sont pas forcément agréables une fois le smartphone en main, et ce petit bébé pèse tout de même son poids : vous le ressentirez en session de jeu longue. De plus, contrairement aux autres smartphones gamers que nous avons pu tester, ses finitions ne sont pas exemplaires et font la part belle à « l’écran collé directement sur le cadre » dont on avait l’habitude quelques années auparavant.

Ce n’est pas pour dire qu’il est laid, loin de là. Simplement, sur le tarif que demande Asus, on sent que le constructeur a privilégié l’innovation pragmatique au design, un fait souligné par ses nombreux ports. Un choix tout à fait justifiable pour un smartphone gamer, mais qui pourra en repousser certains. À l’image de ses PC ROG les plus abordables, Asus offre ici un bébé puissant, mais lourd et au design alambiqué.

Ventilateur AeroActive

Le ventilateur AeroActive fourni avec le ROG Phone s’attache très facilement : il suffit de l’ouvrir, et clipser le téléphone à l’intérieur avant de le refermer. Automatiquement reconnu par le système, il n’est vraiment pas compliqué à utiliser.

La préhension du smartphone, une fois celui-ci attaché, est par contre assez difficile. Il faudra bien sûr favoriser le mode paysage une fois cet outil installé, mais, même comme cela, la surface qu’il occupe et son épaisseur force à replier quelque peu ses doigts. La prise en main n’est pas mauvaise en soi, mais moins confortable qu’on l’avait espéré. Peut-être que les petites mains sauront mieux s’en sortir, mais mes mains « taille moyenne » ont eu du mal à s’y habituer.

S’il n’aide pas énormément le SoC en lui-même, le petit courant d’air qui nous traverse les mains à l’utilisation est assez agréable. Ce n’est pas l’utilité mise en avant pour celui-ci, mais c’en est une tout de même.

AirTriggers

Alors, ces AirTriggers censées offrir une expérience de jeu améliorée ? Mon constat est… mi-figue, mimolette. À l’usage, le plus grand intérêt de ces gâchettes à pression est qu’elles permettent de libérer l’écran des doigts pouvant être gênants pour améliorer sa précision. C’est également agréable de retrouver un geste habituel pour un joueur bercé à la manette. La solution répond d’ailleurs très bien, et n’enregistre jamais par erreur de touche.

Mais… ce n’est pas fondamentalement supérieur aux simples touches numériques sur l’écran. Les sensations sont les mêmes, vos réactions seront les mêmes. C’est simplement déporté sur une zone en dehors de l’écran, ce qui est un argument en soi… mais pas massif non plus.

Écran

L’Asus ROG Phone s’équipe d’une grande dalle AMOLED de 6 pouces en définition FullHD+ en ratio 18:9. Plus encore, il s’agit de l’une des rares dalles AMOLED à être compatible avec un taux de rafraîchissement à 90 Hz, le maximum atteint étant le 120 Hz de l’IGZO LCD des Razer Phone 1 et 2. Cependant, elle est réglée par défaut à 60 Hz.

À l’œil, on remarque vite que la dalle paraît extrêmement bleutée. Par contre, les contrastes sont vraiment excellents et la luminosité paraît très satisfaisante. Nous n’avons pas affaire à une petite dalle AMOLED, c’est une certitude.

La différence de fluidité se voit très clairement une fois le mode 90 Hz activé. Plus aucun accrochage ni effet de rémanence lorsque l’on se déplace rapidement dans une application. Le téléphone en paraît d’autant plus rapide.

Et effectivement, notre sonde nous indique un large espace de couleurs pulvérisant le sRGB avec aisance. La luminosité maximale est relevée à 512 cd/m², soit largement assez pour voir son téléphone en plein soleil sans le moindre problème. Les bleus sont, comme présumé, plus que présents dans l’image, la température de couleurs moyenne s’élevant à 7800 K.

Fort heureusement, ASUS prévoit le coup et offre de nombreux réglages pour personnaliser l’affichage à sa guise, avec notamment 2 modes de couleurs par défaut (gamme étendue ou standard) ainsi qu’un réglage personnalisé. La température de couleurs peut également être retouchée afin d’être plus chaude ou plus froide. C’est du tout bon.

Logiciel

L’Asus ROG Phone profite dès sa sortie de boîte d’Android 8.1 Oreo. Il est également équipé du patch de sécurité d’août 2018. Sur ces deux points donc, il est quelque peu en retard par rapport aux smartphones sortants à cette période de l’année. Le retard sur le patch de sécurité est un peu décevant.

L’interface ASUS ROG n’a pas grand-chose de novateur de prime abord. On retrouve la même organisation des éléments que les Asus classiques, avec un tiroir d’applications et le volet Google sur la gauche. La différence la plus marquante esthétiquement est l’intégration d’un thème ROG exclusif, qui change les icônes des applications de base du système pour un look un peu plus… agressif et anguleux. « Les amateurs apprécieront ».

Centre de jeux

Le Game Center est le centre névralgique de ce téléphone. Grâce à lui, vous pourrez surveiller précisément la température et la cadence de votre CPU et de votre GPU, et voir en un clin d’œil l’utilisation de votre mémoire et de votre stockage. C’est aussi lui qui va se charger de vous fournir tous les réglages possibles pour chacun des jeux installés, vous permettant de personnaliser la fréquence du CPU, le taux de rafraîchissement ou encore le nettoyage de la mémoire titre par titre.

C’est aussi dans ce centre que vous pourrez gérer le ventilateur offert avec le smartphone. Ici, vous pouvez le configurer afin d’adapter ses rotations par minute automatiquement, où le pousser à son minimum ou maximum à votre guise. Enfin, la LED d’éclairage se contrôle également ici, et peut être synchronisée avec d’autres appareils profitant du label Aura d’Asus.

Par le biais du Game Center, vous aurez la possibilité d’activer le « Mode X » configurable. C’est lui qui libérera la mémoire du téléphone et vous permettra de couper vos notifications pour vous concentrer sur votre partie.

Game Genie

Lorsque vous lancez un jeu, vous retrouvez dans les touches de navigation un nouveau choix en forme de manette : il s’agit du Game Genie. Ces outils supplémentaires vous permettent de vider rapidement la mémoire du téléphone, de couper vos notifications, ainsi que lancer l’enregistrement ou la diffusion de votre gameplay.

Notons que cette interface est compatible avec les plateformes YouTube et Twitch. Il vous est possible de définir la qualité de diffusion ainsi que le micro principal utilisé pour vos commentaires.

AirTriggers

Et voilà l’attraction principale : les AirTriggers. L’Asus ROG Phone profite en effet de 3 zones à pression : deux sur la tranche droite, et une en bas de la tranche gauche. En mode portrait, vous pouvez les utiliser pour serrer le téléphone et activer des raccourcis, mais ce n’est pas le principal intérêt.

Le principal intérêt est d’émuler des gâchettes de cette manière. Dans le centre de jeux, vous pouvez gérer la pression à laquelle ces touches s’activeront, et ainsi les retrouver en jeu par la suite. Pour configurer les zones de l’écran avec lesquelles elles interagissent, il vous suffit de passer par le Game Genie et repositionner deux pastilles de couleurs.

Performances

Le sempiternel couple Snapdragon 845 + 8 Go de RAM LPDDR4X ? Oui, c’est toujours le cas… avec une petite différence majeure tout de même. Ici, la dernière puce de Qualcomm n’est pas cadencée à 2,8 GHz comme habituellement, mais overclockée à 2,96 GHz pour ce smartphone uniquement. On comprend mieux l’utilité du petit dissipateur fourni d’office avec le téléphone.

Ces benchmarks ont été réalisés sans l’accessoire de refroidissement et sans le mode X activé, au plus proche des autres téléphones donc. Nous avons essayé de comparer un test AnTuTu avec l’accessoire attaché et sans mode X, avec l’accessoire et le mode X activé, mais aucune de ces solutions n’a offert de meilleurs résultats.

 Asus ROG PhoneRazer Phone 2Xiaomi Black SharkNubia Red MagicHuawei Mate 20 Pro (perf ON)
SoCSnapdragon 845 (OC)Snapdragon 845Snapdragon 845Snapdragon 835Kirin 980
AnTuTu 7.X294 658277 944288 661213 281300 614
PCMark 2.09 0309 1057 7768 2629 337
3DMark Slingshot Extreme4 5544 4154 5533 7654 220
3DMark Slingshot Extreme Graphics5 1875 1215 2053 9934 252
3DMark Slingshot Extreme Physics3 1902 9793 1653 1374 113
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen)33 / 35 FPS22 / 35 FPS33 / 35 FPS24 / 26 FPS27 / 32 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen)77 / 80 FPS55 / 82 FPS59 / 84 FPS53 / 60 FPS59 / 78 FPS
Lecture / écriture séquentielle706 / 241 Mo/s713 / 193 Mo/s747 / 205 Mo/s752 / 227 Mo/s866 / 195 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire33k / 35k IOPS32k / 6k IOPS33k / 34k IOPS37,5k / 32k IOPS39,6k / 40k IOPS

Sur PUBG Mobile, l’Asus ROG Phone est capable d’exécuter le jeu en HDR, avec fréquence d’image en ultra et l’antialiasing activé sans souffrir de graves ralentissements une fois en jeu. Les triggers sont bien pratiques dans ce cadre.

Sur Fortnite, vous pouvez une nouvelle fois attendre le meilleur de ce qu’a à offrir le jeu. Graphisme épique et 30 FPS sans trop d’instabilité, nous avons une nouvelle fois la meilleure expérience possible sur le titre multijoueur. Fait intéressant : contrairement au Black Shark, vous ne serez pas bannis des serveurs automatiquement si vous utilisez les gâchettes. Il est tout à fait possible de jouer.

La chauffe sur le smartphone est assez prononcée, et se situe au niveau du lecteur d’empreintes au dos. Le smartphone met également un peu plus de temps qu’en moyenne pour dissiper cette chaleur. Le ventilateur améliore très légèrement les choses, mais sert surtout à pallier la désagréable sensation de chauffe en prise en main : son principal rôle est, vraiment, de vous rafraîchir les doigts.

Appareil photo

Double capteur photo arrière

À l’arrière du téléphone, on retrouve une configuration classique pour Asus. Le capteur principal est un 12 mégapixels à objectif ouvrant en f/1,75 et pixels de 1,4 µm. Il est accompagné d’un second capteur de 8 mégapixels à objectif grand-angle 120° ouvrant en f/2,0. Cela vous dit quelque chose ? C’est normal : c’est la même configuration que les Zenfone 5 et 5Z de cette année.

En plein jour, il faut avouer que ce double capteur nous ravit toujours. L’intelligence artificielle semble plus calme sur l’Asus ROG Phone que sur ses amis plus classiques, faisant que les couleurs sont plus naturelles et plus plaisantes. Le piqué de l’image est excellent, tout comme la gestion des plages dynamiques.

En intérieur, les couleurs sont bien équilibrées, mais les plages dynamiques tendent à perdre un peu le capteur. C’est toutefois très léger. Le plus gros « problème » est le bruit, qui se fait tout de suite présent malgré les conditions relativement bonnes de prise de vue. Celui-ci ne vient toutefois pas ternir outre mesure l’image, qui reste tout à fait exploitable.

De nuit, le capteur s’affole. Si le bruit est relativement bien contenu et que les clichés finaux sont plutôt exploitables, les couleurs n’y sont pas. Le capteur a énormément de difficultés à reproduire avec fidélité le contexte lumineux, et les couleurs deviennent ainsi trop délavées ou au contraire trop marquée.

Enfin, on notera que le capteur grand-angle suit les mêmes règles dans les mêmes conditions. La distorsion des contours est tout de même nettement marquée, faisant que l’on a presque l’impression de se retrouver devant une photographie « fish eye », mais l’utilité de celui-ci rattrape bien ce point.

Capteur photo avant

À l’avant, on retrouve une nouvelle fois la même configuration que les Zenfone 5 et 5 Z : un unique capteur de 8 mégapixels à objectif ouvrant en f/2,0.

Ses performances sont très bonnes en pleine lumière, avec une bonne netteté et des couleurs très justes et proches du réel. En basse luminosité, le capteur a plus de mal à trouver le point d’intérêt et le piquet en prend un petit coup, mais c’est également plutôt bon. Enfin, de nuit, le bruit s’installe confortablement, même sur les zones les mieux éclairées, et les couleurs s’enfuient. Le cliché final n’est pas vraiment optimal.

Mode portrait

Téléphone de 2018 oblige, l’Asus ROG Phone a évidemment le droit à un mode portrait. Disponible à l’avant comme à l’arrière, il fonctionne plutôt bien et vous permet non seulement de voir le flou en temps réel, mais aussi en définir la force avant capture.

Son

Bonne nouvelle en premier lieu : l’Asus ROG Phone a bien le droit à une prise jack, faisant qu’il sera compatible avec les casques gamers vous permettant de commenter efficacement vos parties enregistrées ou diffusées en direct. De plus, il intègre le Bluetooth 5.0 et donc la connexion simultanée à deux appareils.

Enfin, il a également le droit à des haut-parleurs frontaux stéréo. Ne vous y méprenez pas malgré les apparences : il s’agit d’une configuration classique de smartphone, avec un haut-parleur d’écoute (celui du haut) beaucoup plus faible que le haut-parleur principal (celui du bas).

Qui plus est, Asus a fait le choix ici de pousser énormément la puissance des deux… au détriment de la qualité sonore. Ils crieront, il n’y a pas de problème… mais pour se tordre de douleurs. Les aigus sont criards, le treble manque énormément de précision et de rondeur, et les basses sont presque inexistantes. L’expérience audio à plein volume est une torture pour les oreilles, mais suffira une fois le volume baissé pour profiter de son jeu.

Autonomie

Pour s’assurer une bonne autonomie, l’Asus ROG Phone s’équipe d’une large batterie de 4 000 mAh. Vous l’aurez sûrement compris : tous les smartphones gamers dignes de ce nom semblent absolument vouloir intégrer une batterie de cette taille. Cependant, sur le Razer Phone 2, cela n’a pas suffi à endiguer le taux de rafraîchissement supérieur de l’écran.

Qu’en est-il pour cet Asus ROG Phone ? Eh bien… C’est à peu près la même chose. S’il réussit à garder une autonomie relativement intéressante en lecture de vidéo, elle fond comme neige au soleil dès que l’on joue au moindre jeu à 90 Hz avec le SoC poussé à fond. Sur notre test Viser, le téléphone a fait presque exactement le même score que le Razer Phone 2 dans les mêmes conditions (écran réglé à 90 Hz).

Test d'autonomie Viser
  • Asus ROG Phone : 479
  • Razer Phone 2 : 483
  • Black Shark : 680
  • Red Magic : 766

C’est bien simple : il tiendra déjà difficilement une journée sur une utilisation classique, sans parler de jouer quelque peu. Pour pouvoir améliorer son autonomie, il faudra faire des concessions sur le taux de rafraîchissement de l’écran… ce qui est un peu bête, considérant qu’il s’agit d’un de ses plus grands points forts.

À côté de cela, l’Asus ROG Phone profite de la recharge rapide QuickCharge 4.0, qui lui a permis dans nos tests de récupérer 50 % de batterie en 30 minutes (de 9 à 59 %). C’est à peu près les mêmes performances que sur le Razer Phone 2, soit excellent. Également, son port USB type C sur la tranche gauche est très pratique pour recharger le téléphone tout en jouant sans être gêné par le câble ; c’est au moins ça.

Galerie photo

Prix et date de sortie

L’Asus ROG Phone est en précommande dès maintenant, et sortira officiellement le 8 novembre prochain. La seule version disponible à 8 Go de RAM et 128 Go de stockage, avec l’unique coloris que nous avons en test, est vendue 899 euros. Les 200 premiers acheteurs de l’Asus ROG Phone auront le droit au casque ROG Delta en cadeau.

Test Asus ROG Phone Le verdict

design
8
L'Asus ROG Phone a vraiment quelque chose d'unique dans son design. Ses nombreux ports et ses simili-gâchettes seront sûres de plaire aux joueurs, mais sa lourdeur et son côté tranchant le rendent peu agréable en main sur une utilisation plus classique.
écran
8
Une dalle AMOLED avec une fréquence de rafraîchissement à 90Hz est assez rare pour être souligné. Très lumineuse et agréable à l’œil, elle tire tout de même beaucoup vers le bleu : pensez à re-régler tout cela.
logiciel
8
L'Asus ROG Phone est un peu en retard sur les mises à jour, mais offre énormément d'options précises pour les joueurs et des tonnes de fonctionnalités pour les satisfaire. Le style est un peu kitsch, mais le côté pratique est définitivement présent.
performances
8
Un Snapdragon 845 overclocké avec 8 Go de RAM, la meilleure configuration possible ? En théorie, oui. En pratique, l'overclock n'apporte pas grand-chose à l'expérience et le ventilateur est plus qu'accessoire. Le téléphone chauffe vite et fort.
caméra
7
La photo n'est pas au niveau des haut de gamme de cette année, loin de là, mais « suffit » en considérant les usages des gamers. Dommage que le capteur soit perdu de nuit, et peine sur les plages dynamiques.
autonomie
6
L'Asus ROG Phone ne tiendra jamais la journée avec son écran 90 Hz si vous jouez en mobilité. Il a déjà du mal à le faire sur un usage classique. Sa recharge rapide fonctionne très bien, et son design rend pratique de jouer et charger en même temps, mais c'est insuffisant.
Note finale du test 7/10
En tout et pour tout, en considérant son prix et en lui enlevant ses joujoux, l'Asus ROG Phone est un smartphone... moyen. Sa dalle est très bonne, mais fait que son autonomie est loin d'être convenable sur son segment tarifaire.

C'est tout de même un smartphone qui a de l'idée. Déporter quelques touches grâce aux simili-gâchettes est une plutôt bonne idée qui est très bien intégrée, mais qui n'est pas révolutionnaire pour autant et ne change pas grand-chose au gameplay. Le ventilateur additionné est amusant, mais ne change rien aux performances. Le Snapdragon 845 est toujours puissant, mais son overclocking sert surtout à dire qu'on a -- pardonnez l'expression -- « la plus grosse » sans réelle valeur ajoutée.

En considérant tous les smartphones gamers testés jusqu'à présent, c'est peut-être le mieux équilibré de tous et celui avec le plus de potentiel. Cela étant, il n'est pas dit que ses accessoires -- dépendant de l'adoption des développeurs -- changent la donne. Si vous aimez les looks agressifs et prévoyez déjà de jouer plus en intérieur qu'en extérieur, l'Asus ROG Phone pourrait parfaitement vous convenir. Mais face à une concurrence haut de gamme plus polyvalente, ses arguments ne plairont qu'à une petite niche d'utilisateurs.
  • Points positifs
    • Très bonne dalle AMOLED 90 Hz
    • Gâchettes astucieusement émulées
    • Des tonnes de réglages logiciels en jeu
    • Haut-parleurs frontaux puissants...
    • (prise jack)
  • Points négatifs
    • Autonomie vraiment en berne
    • Overclocking « pour se la péter »
    • Ventilateur quasi-inutile
    • ... mais à la qualité douteuse