Introduction

Le Razer Phone premier du nom fut le téléphone qui a relancé la mode des smartphones gamers sur le marché. Les concurrents se sont vite alignés, souvent avec des propositions très intéressantes, mais la marque américaine ne va pas se laisser faire. Voici sa seconde cuvée, le Razer Phone 2, qui vient corriger tous les défauts de la première. Est-ce cependant suffisant ? Voyons cela dans notre test.

Fiche technique

Modèle Razer Phone 2
Version de l'OS Android 8.1
Interface constructeur Android Stock
Taille d'écran 5.72 pouces
Définition 2560 x 1440 pixels
Densité de pixels 513 ppp
Technologie LCD
SoC Snapdragon 845
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 630
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 12 Mpx
Capteur 2 : 12 Mpx
Appareil photo (frontal) 8 Mpx
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
NFC Oui
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Batterie 4000 mAh
Dimensions 78.99 x 158.5 x 8.5mm
Couleurs Noir
Prix 449€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone prêté par la marque.

Design

De loin, confondre un Razer Phone de première génération avec cette seconde génération ne sera pas bien compliqué. Et pour cause : au niveau du format, ils sont presque parfaitement identiques. On se retrouve une nouvelle fois avec un grand rectangle aux tranches marquées, que Sony n’aurait pas renié aux débuts de la gamme Z.

L’arrière change beaucoup cependant. Fini le métal, et place à une grande plaque de verre Gorilla Glass. Plus encore, le logo gris du premier modèle est ici enfin remplacé par un logo supportant Chroma, l’illumination à 16,4 millions de couleurs propulsée par Razer depuis de nombreuses années sur ses produits PC.

Notons également que l’orientation du capteur photo arrière a changé de même. Ici, il se place pile au centre de l’appareil, et prend tout de même bien plus de place que sur le précédent modèle. Il est également bien plus protubérant, mais n’empêche pas le Razer Phone 2 de rester stable posé à plat sur une table puisqu’il devient presque un petit pied. De quoi fournir de meilleures performances ? Nous verrons ça dans la partie Photo de ce test bien sûr.

Ce sont les seuls points d’intérêts sur ce dos, et c’est normal : toujours comme le premier modèle, le lecteur d’empreintes se place sur la tranche droite du téléphone, et fait également office de bouton de verrouillage. C’est la seule chose notable sur cette tranche métallique, qui est autrement très sobre.

En haut, il n’y a rien. En bas, on retrouve l’unique port de ce smartphone : l’USB type C. Toujours pas de prise jack. Sur la tranche gauche, on retrouve les boutons de volume, qui sont ronds et au centre même de l’espace. Pas forcément idéal en mode portrait, il prend plus de sens dès lors que nous sommes en mode paysage, qui semble être l’orientation favorite du Razer Phone 2.

Cela paraît en tout cas évident en voyant la face avant, qui est encore une fois plus que similaire au premier modèle. C’est une bonne chose ici, puisqu’on retrouve le plus le plus singulier de celui-ci : ses grands haut-parleurs frontaux, les plus puissants et développant le meilleur son de toute l’industrie.

Avec une nouveauté toutefois : alors que ces haut-parleurs étaient l’excuse pour ne pas être résistant à l’eau sur le premier modèle, ils ne posent plus aucun souci ici. Nous avons donc bien droit à une certification IP67 pour le Razer Phone 2, qui s’en retrouve toujours plus résistant.

L’écran garde toujours son ratio 16:9, Razer argumentant que ce ratio d’affichage est meilleur pour les joueurs, et toujours ces bordures noires très marquées sur son contour. Il est décevant de les retrouver ici, d’autant qu’elles ne se font pas oublier si vite : c’est une habitude à prendre que de les ignorer.

Pas de grandes nouveautés donc, si ce n’est le logo RGB et le dos en verre. On sent que la marque a choisi de gommer les défauts du précédent modèle, sans pour autant faire évoluer sa formule. Si l’esthétique sera affaire de goût, on notera tout de même que les finitions du Razer Phone 2 sont exemplaires et inattaquables. Attention par contre : comme le précédent modèle, c’est un téléphone massif qu’il est presque impossible à prendre à une main.

Écran

Il est un point sur lequel le Razer Phone premier du nom avait innové, et ce deuxième effort ne l’a bien sûr pas abandonné : il s’agit toujours du seul écran à supporter un taux de rafraîchissement à 120 Hz sur smartphone. C’est ce qui explique d’ailleurs que cette grande dalle 5,72 pouces en définition Quad HD soit une IGZO LCD : l’OLED ne supporte pas (encore) le 120 Hz.

La dalle dite « UltraMotion » utilise une technologie similaire au Gsync de Nvidia sur PC : le taux de rafraîchissement s’adapte dynamiquement en pleine partie, pour que votre action corresponde toujours au plus proche à ce que vous voyez. Notez également qu’elle est la seule du marché smartphone à être pleinement compatible avec le HDR sur Netflix. Évidemment, le Razer Phone 2 dispose du Widevine L1, pour débloquer les contenus en HD.

À l’œil, il m’est bien impossible de discerner le moindre problème avec cette dalle. Pour une fois, je ne ressens pas une température de couleurs un peu trop bleue, alors que le contraste et la luminosité m’apparaissent excellents. La dalle est un plaisir à regarder.

Sous notre sonde, ces premières impressions sont confirmées. Le contraste est mesuré à 1127:1, soit très bon, tandis que la température de couleurs moyenne est à… 6200K ! Un fait très rare : la dalle n’est pas bleue, mais en manque un tout petit peu au contraire pour atteindre la perfection à 6500K.

C’est bien la première fois que j’observe ça sur un smartphone, et c’est une excellente chose pour les amoureux des couleurs véritables. La luminosité maximale, mesurée à 507 cd/m² dans nos tests, est également excellente. En bref : le Razer Phone 2 a sans l’ombre d’un doute le meilleur écran LCD disponible actuellement.

Notez que les options du smartphone vous permettent de sélectionner trois modes différents : Couleurs vives (par défaut), Contrasté ou Naturel. Il est également possible de changer le taux de rafraîchissement (90Hz par défaut, 60 ou 120 Hz) et la définition de l’affichage (FHD ou QHD) pour sauvegarder votre batterie.

Logiciel

Au sortir de sa boîte, le Razer Phone 2 est directement équipé d’Android 8.1 Oreo avec le correctif de sécurité du 5 octobre 2018. Si le patch de sécurité est excellent, il est quelque peu décevant de voir Oreo ici alors que Pie est directement disponible sur d’autres téléphones sortant au même moment. De plus, c’est difficilement justifiable du fait que l’interface Razer est peu ou prou l’interface de base d’Android avec quelques ajouts. On nous a promis une mise à jour rapide, mais ce n’est pas suffisant.

Le plus notable reste le lanceur d’applications utilisé par défaut, qui n’est autre que le très célèbre Nova Launcher. Vous aurez donc accès à des tonnes et des tonnes de personnalisations directement pour faire de votre smartphone un objet unique en son genre. Les possibilités sont presque infinies, et ce launcher est l’un des plus suivis et mis à jour du marché : un excellent choix, donc. Razer y ajoute un magasin de thème qui lui est propre, et qui est donc plutôt orienté gaming.

Les options incluses par Razer ont évidemment à voir avec… le jeu et la LED au dos, bien sûr. Commençons par la LED. Uniquement placée sur le logo au dos, vous pouvez la configurer en une couleur statique parmi 16,8 millions de couleurs. Trois modes sont disponibles : Low, qui ne l’allume qu’en cas de notification reçue. Medium, qui ne l’allume que lorsque l’écran l’est aussi. Et enfin High, qui la lance constamment allumée.

De plus, vous pouvez configurer 3 « Chroma Effects », définissant le comportement de la LED. Il est possible de la faire « respirer », faisant qu’elle s’éteint et s’allume au rythme d’une respiration. « Statique » vous permet simplement de définir une couleur et vous y tenir. Et enfin, le « Spectre » va automatiquement faire le tour des millions de couleurs disponibles automatiquement.

Pour le jeu, nous avons le droit à Razer Cortex. L’application vous permet de gérer les performances du téléphone aussi bien au global que titre par titre, en configurant précisément la vitesse du processeur, la résolution au lancement et la fréquence d’images. Il est également possible d’activer un anticrénelage, et un mode ne pas déranger. Sur cette même application, vous retrouverez également un volet « Notre sélection » vous permettant de retrouver rapidement des applications tirant profit de l’écran 120 Hz du Razer Phone 2.

Voilà l’essentiel de l’offre Razer ; le reste est tout simplement Android pur. Ainsi, l’expérience logicielle est excellente puisqu’elle offre énormément d’options que les joueurs PC ont l’habitude de retrouver… sur leur PC, en vérité. À côté de cela, les fans d’Android seront sûrs d’apprécier l’expérience mobile. Son seul défaut est finalement une déception : l’absence d’Android 9.0 Pie est bien dommage.

Également, comparativement au Xiaomi Black Shark ou à l’Asus ROG, on observe que le Razer Phone 2 ne cherche pas à « ajouter » des éléments au jeu mobile. Il s’attache à en garder les spécificités et l’optimiser au maximum, sans tenter de révolutionner la plateforme du même temps à grands coups d’accessoires.

Performances

Le Razer Phone 2 s’équipe naturellement du Snapdragon 845, le dernier SoC premium de Qualcomm. Il y ajoute 8 Go de RAM LPDDR4X, comme l’année dernière sur le premier modèle. Notons que le téléphone profite également d’un système de refroidissement amélioré, avec une très large chambre à vapeur.

À l’utilisation, le Razer Phone 2 est évidemment parfaitement fluide. L’impression de rapidité est d’autant plus réelle grâce au taux de rafraîchissement à 120 Hz, qui vient rendre le tout incroyablement rapide et réactif.

  Razer Phone 2 Xiaomi Black Shark Nubia Red Magic Huawei Mate 20 Pro (perf ON)
SoC Snapdragon 845 Snapdragon 845 Snapdragon 835 Kirin 980
AnTuTu 7.X 277 944 288 661 213 281 300 614
PCMark 2.0 9 105 7 776 8 262 9 337
3DMark Slingshot Extreme 4 415 4 553 3 765 4 220
3DMark Slingshot Extreme Graphics 5 121 5 205 3 993 4 252
3DMark Slingshot Extreme Physics 2 979 3 165 3 137 4 113
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen) 22 / 35 FPS 33 / 35 FPS 24 / 26 FPS 27 / 32 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen) 55 / 82 FPS 59 / 84 FPS 53 / 60 FPS 59 / 78 FPS
Lecture / écriture séquentielle 713 / 193 Mo/s 747 / 205 Mo/s 752 / 227 Mo/s 866 / 195 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire 32k / 6k IOPS 33k / 34k IOPS 37,5k / 32k IOPS 39,6k / 40k IOPS

Sur Fortnite en qualité épique et à 30 FPS, soit les réglages maximum proposés par le titre sur mobile,  le jeu souffre de chutes très rares de framerate, mais est parfaitement jouable. Ceux qui cherchent une fluidité parfaite peuvent alors se tourner vers la qualité « haute », qui suffit à faire disparaître ces petits soucis. Fortnite est en tout cas magnifique et tourne parfaitement bien.

Sur PUBG Mobile, le titre nous permet d’accéder aux graphismes HDR, à la fréquence d’images Ultra et activer l’anti-aliasing sans aucun problème. En jeu, le gameplay est très fluide malgré toutes ces options, bien que l’on repère quelques chutes de framerate en s’amusant à faire des figures à pleine vitesse en véhicule.

Sachez qu’aucun de ces jeux ne supporte l’écran UltraMotion. Les titres le supportant ne sont pas assez gourmands pour les besoins de nos tests : vous pouvez en retrouver la liste complète par ici.

Sur toute cette expérience, le Razer Phone 2 a chauffé assez rapidement… mais cette chaleur est très vite dispersée sur l’intégralité de la surface du téléphone, faisant qu’elle n’atteint jamais une température excessive gênant la prise en main. On retiendra que le point le plus chaud est situé sous le double capteur photo arrière.

Appareil photo

Après un Razer Phone très décevant sur la partie photo, le constructeur a décidé de parfaire sa copie sur ce nouveau modèle. La philosophie reste la même, mais le nombre d’options augmente et les capteurs ont un meilleur potentiel.

Capteur photo arrière

Le double capteur dorsal du Razer Phone 2 allie un capteur principal, grand-angle de 12 mégapixels ouvrant en f/1.75 et disposant de l’OIS, avec un second capteur de 12 mégapixels téléobjectif ouvrant en f/2.6. La configuration reste donc sensiblement la même que l’année dernière.

En extérieur, le résultat est plutôt… bon, mais aléatoire. Lorsque le Razer Phone 2 réussit sa prise de vue, il offre des couleurs bien respectées et précises, et une netteté vraiment appréciable. Les clichés sont très bons de ce fait. Le problème est qu’il a du mal à reconnaître les larges plages dynamiques, faisant qu’il ne va pas nécessairement activer le HDR quand nécessaire. Si tel est le cas, le cliché final est raté et inutilisable. Ça n’arrive pas souvent, mais assez pour le remarquer.

C’est peut-être en intérieur que l’on voit la plus grande amélioration pour ce Razer Phone 2. Les photos sont bien plus précises que le précédent modèle, et les couleurs plutôt bien respectées. On peut voir apparaître un peu de bruit lorsque les conditions lumineuses viennent à baisser, mais le résultat est tout à fait exploitable et la netteté reste très convaincante. Ce n’est pas le photophone du siècle dans ces conditions, loin de là, mais il n’a pas non plus à se sentir honteux.

De nuit, les performances ne sont pas forcément au top et peuvent être aléatoires. Si les couleurs sont plutôt bonnes, bien qu’un peu retouchées, la netteté n’est pas forcément conservée et la balance des blancs peut être capricieuse. Ceci étant, les clichés restent tout à fait exploitables.

Le véritable point faible du double capteur photo n’est autre que… son téléobjectif. Les bons résultats du capteur principal sont souvent ternis par une précision amoindrie et, surtout, des couleurs bien plus ternes qu’au réel. On sent que celui-ci n’a pas bénéficié de la même attention au niveau logiciel, faisant que l’on n’est jamais motivé à l’utiliser dans les faits.

Capteur photo avant

À l’avant, on retrouve un unique capteur de 8 mégapixels à objectif ouvrant en f/2.0. Là encore, la configuration est similaire au modèle de l’année dernière.

Et ses performances… ne sont pas exceptionnelles. En plein soleil, le résultat est évidemment très bon avec un excellent piqué. Si les couleurs sont un peu chaudes par rapport à la réalité, le cliché final est parfaitement utilisable. En intérieur, le piqué général en prend un coup, mais les couleurs sont bien plus respectées d’ordre général. En basse luminosité, le bruit est par contre omniprésent et détruit l’image, alors même que le temps d’obturation s’allonge et devient très irritant.

Notez qu’une des fonctionnalités mises en avant par Razer sur ce téléphone est le mode beauté, très important pour les territoires asiatiques. Ici, c’est un slider allant de normal à ultra modifié. En voici le minimum et le maximum :

Il fonctionne aussi bien que tous les filtres beauté que j’ai pu voir sur les téléphones Xiaomi ou Huawei. Quant à son utilité… je vous laisse seul juge (je n’aime pas, au cas où ce n’était pas évident).

Mode portrait

Le Razer Phone 2 dispose également — c’est une nouveauté pour la marque — d’un mode portrait disponible aussi bien à l’avant qu’à l’arrière.

Victor, champion DBFZ de la team FrAndroid

Là encore, ses performances sont très aléatoires. Il m’est arrivé par exemple, sur le capteur avant, que mon t-shirt soit flouté, mais pas mon visage.

Les contours à l’avant comme à l’arrière ne sont pas forcément très bien définis, et le rendu laisse quelque peu à désirer dans le paysage actuel des smartphones haut de gamme.

Son

En premier lieu, sachez que le Razer Phone 2 n’a pas de prise jack. Comme sur le premier modèle, la marque fournit un adaptateur jack vers USB type C dans sa boîte. Le DAC 24 bits est une nouvelle fois intégré à celui-ci.

Les stars du show restent ces deux haut-parleurs stéréo frontaux faisant office de front et menton du smartphone, comme sur le premier modèle. Ceux-ci sont toujours certifiés Dolby Atmos, quand le téléphone est le seul certifié par Netflix pour profiter du Dolby Surround 5.1.

Enfin protégés contre l’eau, ils n’en sont pas pour autant moins puissants. Comme le premier modèle, le Razer Phone 2 développe une puissance de son tout simplement imbattable sur le marché. Les aigus sont clairs, les médiums sont bien définis, et les basses sont précises… mais manquent un brin de puissance bien sûr, format oblige. En somme, le son est excellent, et on aurait presque envie qu’il ait son petit caisson de basse à rajouter.

Une chose est sûre : sur ce terrain précis, le Razer Phone 2 est tout simplement imbattable. Vous n’aurez même pas besoin d’une enceinte Bluetooth portative en addition de ce smartphone. De plus, avec sa nouvelle certification IP67, il pourra être posé dans votre salle de bain sans crainte.

Autonomie

Pour assurer sur de longues sessions de jeu, le Razer Phone 2 s’équipe d’une grande batterie de 4 000 mAh, comme son prédécesseur. Par contre, la grande nouveauté de ce modèle est qu’il est désormais compatible avec la recharge sans fil Qi à 10W.

Notre test Viser a rencontré des problèmes sur ce téléphone : les envois de SMS et MMS prévus par notre protocole n’ont pas fonctionné. Si je vous le précise par souci de transparence, les 8 heures et 2 minutes enregistrées sur celui-ci sont cohérentes avec mon utilisation. Laissez-moi vous l’expliquer.

Test d'autonomie Viser
  • Razer Phone 2 : 483
  • Black Shark : 680
  • Red Magic : 766
  • Xperia XZ3 : 443

On observe très vite en l’utilisant que c’est bien l’écran qui consomme énormément sur ce téléphone. Réglé à 120 Hz, il perd 14% de batterie sur une vidéo d’une heure avec l’écran réglé à 200 cd/m², ce qui est énorme sur le marché. Sur une simple partie de 6 minutes (je suis mauvais) de Fortnite, il perd déjà 4% de batterie. Bref : pour s’assurer une longévité supérieure, il faudra forcément passer en 60 Hz et faire attention à sa luminosité, sans quoi elle fondra comme neige au soleil.

Aussi, on ne comptera certainement pas le Razer Phone 2 comme un smartphone à haute endurance. Sa plus grande qualité est aussi son plus grand défaut : ce superbe écran.

La recharge rapide rattrape au moins un petit peu ce tableau grisâtre. Fait amusant, il n’existe que trois smartphones compatibles avec la recharge rapide QuickCharge 4.0+ : le Xiaomi Mi 8, le Razer Phone, et le Razer Phone 2. Dans nos tests, cette technologie nous a permis de passer de 4 à 52% de batterie en 30 minutes. C’est absolument excellent, même si nous avons pu voir encore meilleure fin 2018 auprès d’Oppo et de Huawei.

Il ne m’a, hélas, pas été possible de tester la recharge sans fil Qi, mon modèle de test n’y ayant pas encore accès. Ceci étant, si bonne puisse-elle être, elle ne changerait rien à cette conclusion.

Galerie photo

Prix et date de sortie

Le Razer Phone 2 est disponible aujourd’hui en France au prix de 849 euros. Pour le moment, seul le dos en verre est disponible, mais un revêtement satiné est prévu par la suite.

Test Razer Phone 2 Le verdict

design
8
Si vous appréciez les grands rectangles de verre, le Razer Phone 2 sera parfait pour vous. Le logo est enfin éclairé à la sauce Chroma, et les finitions sont toujours au top. Dommage que les bordures autour de l'écran soient toujours très visibles.
écran
10
Razer fournit ici la meilleure dalle LCD disponible sur le marché, toujours en 16:9. Sa température de couleur est parfaite, sa luminosité excellente, et c'est toujours la seule dalle sur mobile à proposer un taux de rafraîchissement à 120 Hz. Du pur bonheur.
logiciel
8
Razer fait confiance à Android pur et au lanceur d'applications Nova Launcher pour la majorité de son expérience, et c'est réussi. Ses ajouts de réglages sont très bons pour les joueurs. Dommage qu'Android Pie ne soit pas présent à cette période de l'année.
performances
8
Le Snapdragon 845 fonctionne toujours aussi bien, et sa chauffe est bien gérée par le téléphone. Les performances sont également très bonnes, mais pas au dessus de ce que propose n'importe quel autre smartphone avec le même SoC. On aurait aimé plus d'optimisation.
caméra
6
Bien que meilleur que la génération précédente, le double capteur photo du Razer Phone 2 est toujours capricieux et peine à fournir l'expérience solide que l'on attend d'un haut de gamme. Son capteur photo avant est en prime très lent en basse luminosité.
autonomie
7
La batterie du Razer Phone 2 fond vite dès lors qu'on l'utilise en 120 Hz, ce qui est son principal argument. La QuickCharge 4.0+ est excellente, mais ça ne suffit pas à contrebalancer ses lacunes sur ce point.
Note finale du test 7/10
Le Razer Phone 2 est un monstre pour consommer des contenus multimédias sur le net, c'est indéniable. Son très grand écran LCD profite d'une dalle sublime, excellemment calibrée et incroyablement rapide, qui est plus qu'agréable à voir. Ajoutez à cela des haut-parleurs absolument invaincus sur ce marché, et vous avez vraiment un petit cinéma de poche plus qu'efficace.

Et puis... tout s'arrête. Pour toutes ces qualités, l'autonomie est loin de suivre et son excellente recharge rapide n'endigue pas le phénomène. Le design est toujours réussi, et il est bon de retrouver enfin la patte Razer (Chroma) telle qu'elle se doit d'être, mais on ne comprend toujours pas ce que viennent faire là ces grosses bordures noires autour de l'écran.

Enfin, le Snapdragon 845 et ses 8 Go de RAM tournent toujours très bien, aidés qui plus est d'un système de refroidissement très efficace... mais pas assez pour convaincre que le « flagship gaming » est indispensable pour les joueurs. Le côté « flagship » est d'ailleurs terni par un appareil photo toujours largement en dessous des concurrents.

Razer avance pour parfaire son produit. Le Phone 2 donne envie d'être aimé pour ce qu'il a de singulier, mais ne parvient pas à véritablement convaincre à cause de défauts trop marqués. On y est presque... mais ce n'est pas encore ça.
Points positifs
  • Le meilleur écran LCD sur mobile
  • Système de refroidissement efficace
  • Ses haut-parleurs sont merveilleux
  • Un vrai monstre multimédia
Points négatifs
  • Autonomie vraiment décevante
  • Appareil photo en retard
  • Android Oreo en sortie de boîte