Après avoir inondé le marché avec des mini PC, les marques chinoises comme Acemagic ou Geekom passent à l’offensive sur le segment des PC portables.
J’ai passé quelques semaines avec l’Acemagic RX16, une machine qui promet du Ryzen 7 et du châssis métal pour le prix d’un mini PC. Sur le papier, avouez que c’est tentant.
| Caractéristiques | Acemagic RX16 |
| CPU | AMD Ryzen 7 7735HS (8 cœurs, 16 threads, jusqu’à 4,8 GHz) existe désormais en AMD Ryzen 7 H255 |
| GPU | AMD Radeon 680M (iGPU RDNA 2) ou AMD Radeon 780M (RDNA 3) sur le Ryzen 7 H255 |
| RAM | 16 Go DDR5 4800 MHz (Hoge Tech/Micron) |
| Stockage | 512 Go SSD NVMe PCIe |
| Écran | 16 pouces IPS, 1920 x 1200 (16:10), 60 Hz |
| Batterie | 51 Wh (4400 mAh) |
| Poids | 1,8 kg |
| Connectiques | USB-C (100W PD), HDMI, USB-A 3.2, Jack 3,5 mm, microSD |
En regardant la fiche technique, l’Acemagic RX16 propose une configuration que l’on paierait normalement 200 ou 300 euros de plus chez Asus ou HP.
Alors, quels points forts ?
On se retrouve face à un châssis en aluminium gris sidéral.
C’est sobre, c’est fin (18,5 mm), et l’assemblage ne craque pas sous la pression. On sent qu’Acemagic a voulu copier les codes du MacBook Air, mais en format XXL de 16 pouces.

Les charnières permettent une ouverture à presque 180 degrés, ce qui est pratique pour partager son écran en réunion, mais elles manquent un poil de rigidité. Si vous l’utilisez sur vos genoux dans le train, l’écran a tendance à danser la gigue à chaque secousse.

On apprécie la présence d’un bouton d’alimentation qui fait office de lecteur d’empreintes. C’est rapide, efficace et ça évite de taper son mot de passe devant tout le monde.
L’un des énormes avantages de ces marques moins connues, c’est qu’elles n’ont pas encore signé de contrats douteux avec des éditeurs d’antivirus inutiles. Ici, on a un Windows 11 Professionnel quasiment « stock », pas de logiciels inutiles installés.

L’APU Ryzen 7 7735HS fait un travail de titan. Avec ses 8 cœurs, il avale le multitâche sans broncher. Mes tests sur Geekbench 6 affichent un score de 1975 en single-core et 8324 en multi-core, ce qui le place au niveau de machines bien plus onéreuses.
| AMD Ryzen 7 7735HS | Score Single-Core | Score Multi-Core / Multi-Thread |
| Geekbench 6.5.0 | 1975 | 8324 |
| Cinebench 2024 | 90 pts | 663 pts |
| Cinebench 2026 | 447 pts (Single Core) / 365 pts (Single Thread) | 2640 pts |
Il profite d’un double ventilateur relié par deux caloducs. Pour un processeur de 35-45W, c’est plutôt sérieux. Par contre, le design des pales semble assez basique, ce qui explique le « woosh » constant de 45 dB dès qu’on sollicite la machine.

Notez qu’il y a un second emplacement M.2 disponible. C’est le gros point fort de ces châssis.
Et les points faibles
Mais ne vous y trompez pas : dès qu’on pose les mains sur le clavier, la réalité nous rattrape. On est sur du QWERTY. Oui, Acemagic fournit des stickers ou une membrane en silicone pour passer en AZERTY, mais c’est du bricolage. Si vous ne tapez pas à l’aveugle, l’aspect visuel en prend un coup et le ressenti sous les doigts devient un peu spongieux.

Le trackpad est large, ce qui est une bonne chose, mais le clic est un peu trop bruyant à mon goût. Pour autant, la glisse reste précise et les gestes Windows 11 sont parfaitement reconnus, ce qui évite de jeter la machine par la fenêtre après dix minutes.
L’écran, bien que spacieux, manque cruellement de peps. Avec environ 250 nits de luminosité, n’espérez pas travailler en plein soleil sur une terrasse. C’est suffisant pour un bureau bien éclairé, mais les couleurs sont un peu ternes (environ 45 % de l’espace sRGB). C’est le compromis le plus important.
Cependant, le suivi logiciel reste la grande inconnue. Est-ce qu’Acemagic proposera des mises à jour de BIOS ou de pilotes dans deux ans ? Probablement pas. Vous devrez compter sur les mises à jour automatiques de Windows Update et les pilotes génériques d’AMD, ce qui fonctionne 99 % du temps, mais c’est un point à garder en tête.

Et côté performance, Acemagic a fait une erreur stratégique : la RAM est en canal unique (single channel). Sur un iGPU comme la Radeon 680M, c’est embêtant. Cela bride les performances graphiques de près de 30 %. Si vous voulez vraiment jouer à League of Legends ou Counter-Strike de façon fluide, il faudra absolument rajouter une seconde barrette de RAM DDR5 dès l’achat.
Le refroidissement est assuré par un double ventilateur. En bureautique, le RX16 est une tombe, on ne l’entend pas. En revanche, dès qu’on lance un rendu vidéo ou un jeu, les ventilateurs montent dans les tours (environ 45 dB). Ce n’est pas un sifflement aigu désagréable, plutôt un gros « woosh » d’air, mais c’est bien présent.
Côté autonomie, c’est la douche froide. La batterie de 51 Wh est trop juste pour un écran de 16 pouces et un processeur de la série « HS » (performance). Comptez 5 heures en usage mixte (Web, Slack, Spotify).

Quand on ouvre le châssis, on voit une bonne quantité de rubans adhésifs noirs et de câbles (notamment ceux des haut-parleurs et de l’antenne Wi-Fi) qui se baladent un peu. On sent qu’on n’est pas chez Microsoft, Asus ou Razer : l’agencement interne est sommaire.

On en pense quoi à la fin des PC portables chinois ?
Vous l’aurez remarqué, ce n’est pas un test qu’on vous livre ici. Pas de note, pas de conclusion.
Acemagic utilise la formule qui a fait le succès des mini PC chinois. Des APU AMD qui donnent des machines très performantes en CPU/iGPU, pour un prix souvent 100 à 300 € sous les grandes marques à caractéristiques équivalentes.
En contrepartie, ces marques chinoises économisent parfois sur l’écran (luminosité/couleurs), le clavier (QWERTY US), les haut‑parleurs, et la qualité de validation avant sortie usine.
Construire un PC portable est bien différent d’un mini PC, principalement à cause des contraintes thermiques, d’intégration et de fiabilité en mobilité.
Les mini PC ont plus d’espace pour des ventilos larges, des caloducs efficaces et un meilleur flux d’air, ce qui permet des performances stables sans throttling sévère même en charge lourde.
Les PC portables, eux, sont ultra-fins (souvent moins de 2 cm d’épaisseur), avec des caloducs compacts et des ventilos petits/rapides qui s’encrassent vite, ce qui mène à une surchauffe et une perte de performance rapide. Ça demande des années d’optimisation, ce que les fabricants de mini PC maîtrisent moins bien quand ils pivotent vers les PC portables.
En plus, les PC portables subissent chocs, poussière, variations de température et humidité en voyage, ce qui accélère l’usure (batterie, charnières, poussière dans les ventilateurs).
C’est pourquoi les “nouveaux” PC portables d’Acemagic ou Minisforum ont souvent des retours mitigés : bon au départ, excellent rapport perf-prix, mais problèmes de SAV et fiabilité à moyen terme, contrairement aux grandes marques comme Asus et Lenovo qui ont les process rodés.
Il y a néanmoins de quoi rester optimiste pour certaines de ces marques de mini PC sur le marché des PC portables, surtout celles qui investissent dans la qualité et le support, même si le chemin reste long.
Pour nous, si vous voulez investir dans une machine comme celle-là, il faut privilégier des plateformes comme Amazon, Cdiscount, Fnac… et donc via un revendeur avec protection acheteur.
Pour aller plus loin
Notre top des meilleurs PC portables en 2026 : ultraportables, gaming et rapport qualité/prix
Prix et disponibilité
L’Acemagic RX16 se trouve régulièrement autour de 530 à 630 euros sur Amazon ou le site officiel. C’est un positionnement agressif qui vient chasser sur les terres des PC en plastique sous-équipés des grandes surfaces.
La disponibilité est bonne, mais je vous conseille vivement de passer par un revendeur comme Amazon pour bénéficier de leur garantie A à Z.






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